Alors que la monnaie nationale s’est appréciée à la suite des ajustements des instruments de politique monétaire par la Banque centrale du Congo, il revient maintenant à l’équipe de Suminwa d’engager des actions sur le plan structurel pour pérenniser la stabilité du franc congolais et préserver le pouvoir d’achat des populations. Ceci demande forcément un appui massif et conséquent dans la stimulation et la promotion de la production locale, voire la diversification des secteurs productifs. Un terrain sur lequel les actions du gouvernement sont à peine perceptibles. Refléter l’appréciation du franc congolais dans le panier de la ménagère c’est avant tout faire en sorte que les prix des produits de consommation courante (maïs, riz, huile, vivres frais, lait, sucre, etc.) baissent proportionnellement à l’appréciation enregistrée du franc congolais, dans une économie fragmentée, fortement dollarisée et baignant dans l’informel. Dans un tel contexte, comment déployer avec efficacité les mesures de surveillance et de traçabilité dont a demandées le président de la République. Au Gouvernement Suminwa de mouiller le maillot.
Rappelant sa communication faite lors de la 61ème réunion du Conseil des Ministres, relative à l’appréciation du Franc Congolais face au dollar américain, le Président de la République, Félix Tshiseledi, tient à ce que les effets positifs de cette dernière, déjà perceptibles à travers la légère baisse des prix de certains produits, se traduisent rapidement et de manière tangible dans le panier de la ménagère. La vérité et la transparence des prix sur le marché doivent être scrupuleusement garanties, afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages, de consolider la stabilité économique et de prévenir toute dérive spéculative susceptible d’alimenter l’inflation.
De ce fait, a insisté le chef de l’Etat lors du Conseil des ministres du 17 octobre, les pratiques opportunistes, les ententes illicites et les manipulations spéculatives observées auprès de certains opérateurs économiques constituent une atteinte grave à la transparence du marché et sapent la confiance du peuple dans les institutions publiques.
Pour renforcer la confiance des citoyens dans la monnaie nationale, le Président de la République affirme que la stabilité monétaire conquise doit se refléter dans la vie quotidienne. « La valorisation du Franc Congolais doit être vue à la fois comme un indicateur de stabilité macroéconomique et comme un moyen d’améliorer le bien-être des populations », a déclaré Félix Tshisekedi.
A cet effet, il a instruit le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Economie nationale, ainsi que l’ensemble des Ministres intervenant dans le secteur économique, de renforcer la surveillance, la traçabilité et la transparence dans les circuits d’approvisionnement et de distribution. Il s’agit de garantir une stricte adéquation entre les coûts réels de production, de transport et de commercialisation, et les prix effectivement appliqués sur le marché intérieur. Une attention particulière devra être accordée aux produits de première nécessité, dont les variations incontrôlées affectent directement le pouvoir d’achat des ménages.
Quant aux opérateurs économiques qui se rendraient coupables de pratiques spéculatives ou abusives, ils devront être sanctionnés avec la rigueur requise, conformément à la Loi, rapporte le compte rendu du Conseil des ministres.
Parallèlement, la communication économique nationale devra être intensifiée afin d’informer régulièrement la population sur les prix de référence actualisés des principaux produits de consommation.
« Tout compatriote est encouragé à signaler toute variation injustifiée, dans une dynamique de responsabilité partagée. De son côté, la Banque Centrale du Congo est appelée à redoubler d’efforts pour consolider la régulation et la stabilité du marché de change. Elle devra veiller, en particulier, à la stricte application du taux de change officiel sur l’ensemble du territoire national, à travers un renforcement de ses mécanismes de contrôle, de supervision et de communication. Ces actions conjuguées assureront la discipline monétaire indispensable à la stabilité macroéconomique et au bien-être du peuple Congolais », lit-on dans le compte rendu du Conseil des ministres.
Amédée Mwarabu
