Un Spécial Briefing Presse a été organisé le lundi 17 novembre au studio Maman Angebi de la RTNC autour du thème : « Enjeux de la tenue à Kinshasa du IXᵉ Sommet des Chefs d’État de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). »
L’occasion était ainsi donnée au Ministre de l’Intégration Régionale, Floribert ANZULUNI ISILOKETSHI, et son collègue de la Communication et Médias, Patrick MUYAYA KATEMBWE, d’éclairer la lanterne des journalistes sur ces dernières assises tenues à Kinshasa.
Rappelons que le samedi 15 novembre dernier, la capitale de la RDC Kinshasa a abrité le Neuvième Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Le dernier sommet ordinaire tenu remonte à 2020.
« L’enjeu de ce sommet consistait avant tout pour les Chefs d’Etat et de Gouvernement de se retrouver pour faire le point de la situation dans la région des Grands Lacs, et de donner de nouvelles orientations pour le fonctionnement de la CIRGL », a déclaré Floribert Anziluni, des l’entame de son speech devant les journalistes.
Avec la tenue de ces assises à Kinshasa, cinq ans après, le ministre de l’intégration régionale voit une « très grande avancée » vers une reconnaissance internationale de la réalité tragique dont sont victimes les populations congolaises.
« En effet, dans leur Déclaration finale, les Chefs d’Etat et de Gouvernement réunis en Sommet à Kinshasa ont appelé (je cite) « à exiger le retrait sans délai du territoire congolais des troupes du pays agresseur de la République démocratique du Congo conformément à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi qu’à condamner la poursuite des hostilités par le « Mouvement du 23 mars » et les « Allied Democratic Forces » (ADF) » (fin de citation).Cette Déclaration finale ne parle pas d’un pays agresseur mais plutôt « du pays agresseur ». C’est-à-dire dire que le pays dont il s’agit est connu, puisque déjà nommément cité dans la Résolution 2773″, a soutenu Floribert Anziluni, ajoutant qu’au point 4 de cette Résolution, le Conseil de sécurité « demande à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la République Démocratique du Congo, sans conditions préalables ».
Pour autant, estime Floribert Anzuluni, le fait, de prendre les commandes de la CIRGL « n’octroie pas à la RDC une clef magique pour mettre immédiatement fin à la crise sécuritaire dans l’Est du pays ».
Et d’ajouter : « La CIRGL est un cadre multilatéral. C’est l’ensemble des douze Etats qui la constituent. Il ne faudrait donc pas la confondre avec des considérations strictement bilatérales. A la tête de la CIRGL, l’objectif de la RDC n’est pas de régler ses comptes mais plutôt de promouvoir et d’impulser, avec le soutien des autres Etats, un élan s’alignant davantage sur le Pacte qui trace clairement la voie vers une paix durable requérant l’intégration économique régionale. Ce que veut la RDC, c’est de voir la CIRGL être plus dynamique pour jouer pleinement son rôle, et de constituer un cadre de solidarité plus forte ».
Signalons qu’au terme des assises de Kinshasa, un Pacte a été signé avec pour but de permettre la création des conditions favorables, d’une part, à la fin des cycles récurrents des conflits armés déstabilisant la Région, et, d’autre part, à l’intégration économique régionale, gage d’une paix durable. Ledit Pacte est assorti de dix Protocoles et de cinq Programmes d’actions. Les Protocoles répondent aux causes structurelles des conflits armés dans la Région, fixant les actions idoines pour prévenir et assurer une résolution durable des conflits armés.
La valeur ajoutée de la Déclaration finale du neuvième Sommet ordinaire de la CIRGL consiste, selon Floribert Anzuluni, en la précision que ce pays, le Rwanda pour être le plus clair possible, est OFFICIELLEMENT ET TRES EXPLICITEMENT reconnu comme « agresseur » de la RDC.
Dès lors, le Gouvernement de la RDC continue de se déployer sur plusieurs fronts, en vue de parvenir à la paix pour nos populations ainsi qu’à l’intégration économique au bénéfice de tous les Etats de la Région, a renchérit le ministre de l’intégration régionale.

La CIRGL comprend douze Etats membres, à savoir : la République d’Angola, la République du Burundi, la République du Kenya, la République d’Ouganda, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, la République Unie de Tanzanie, la République du Rwanda, la République du Soudan, la République du Soudan du Sud, et la République de Zambie.
La CIRGL comprend quatre organes principaux que sont : le Sommet, le Comité Interministériel Régional, le Secrétariat exécutif ainsi qu’un Mécanisme national de coordination dans chaque pays. Le Sommet est l’organe suprême. Il se tient en session ordinaire une fois tous les deux ans. Le Comité Interministériel Régional est l’organe exécutif de la CIRGL. Il se réunit en session ordinaire deux fois par an pour évaluer l’état des progrès dans la mise en œuvre des programmes d’action. Il a également la charge de préparer le Sommet.
Amédée Mwarabu
