À la Gécamines, la cérémonie de remise et reprise proprement dite, avec le nouveau management, est prévue le vendredi 6 mars à Lubumbashi. En attendant cet évènement, une réunion d’entérinement a été tenue ce mercredi 4 mars à Kinshasa au siège de cette entreprise du portefeuille de l’État, en présence des mandataires entrants et sortants ainsi que des administrateurs membres du Conseil d’administration. Il s’agit d’une procédure de mise en conformité dictée par le droit OHADA.
Une réunion du Conseil d’administration suivie d’une assemblée générale de la Gécamines a entériné, ce mercredi 4 mars 2026 à Kinshasa, le nouveau management de cette entreprise du Portefeuille de l’État. A cette réunion, il y avait les mandataires sortants de la Gécamines, les mandataires entrants, les administrateurs membres du Conseil d’administration de l’entreprise mais aussi des représentants de la Primature, du Portefeuille, du ministère des Mines ainsi que des syndicats.
« C’était une réunion d’entérinement des ordonnances du président de la République. Suivant la procédure OHADA, le président de la République nomme, mais, en interne, il y a un processus de mise en conformité. Ce qui est fait. Donc, on a entériné les mandataires, le nouveau management. C’était aussi une réunion de prise de contacts. Désormais, tous les administrateurs vont regarder dans la même direction pour que nous puissions faire de la Gécamines une véritable société minière étatique. C’est ça notre principal objectif », a déclaré en substance le nouveau président du Conseil d’Administration de la Gécamines, Déogratias Ngele Masudi, s’exprimant à la fin de cette séance de travail.
Interrogé sur son état d’esprit alors qu’il trône à présent au Conseil d’administration de la Gécamines, Déogratias Ngele Masudi s’est juste contenté de dire : « La Gécamines c’est le bras minier de l’État. Donc, les engagements de l’État seront exécutés fidèlement par son entreprise phare, la Gécamines ».
Curieux de savoir ce que sera l’apport du nouveau staff dirigeant de la Générale des carrières et des mines, Me Ngele Masudi a lâché avec assurance : « Vous le remarquerez au fil du temps. On ne va pas beaucoup parler. Nous allons nous mettre au travail et nous vous présenterons les résultats ». En tant que PCA, il a la lourde mission d’orienter la vision globale de l’entreprise, de superviser la gouvernance et de veiller à la mise en œuvre des grandes orientations fixées par l’État actionnaire unique.

Par une Ordonnance présidentielle lue le 23 février à la RTNC, la télévision publique, le président de la République, Félix Tshisekedi, a nommé Déogratias Ngele Masudi au poste de Président du Conseil d’Administration; Baraka Kabemba comme Directeur général ; Ludovic Monga comme Directeur général adjoint en charge des Opérations minières et patrimoine géologique ; Jack Masangu Amwanza reconduit au poste Directeur général adjoint en charge des Finances et des participations.
Ces nominations interviennent au lendemain d’un Partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025 entre la RDC et les Etats-Unis d’Amérique portant sur des minerais stratégiques. La Gécamines reste l’entreprise publique détentrice de plusieurs gisements miniers riches en métaux critiques qui intéressent notamment les firmes américaines, à l’ère de la transition énergétique.

Au regard des profils de nouveaux arrivants au management de la Gécamines, l’on aperçoit une volonté du président de la République de miser sur l’expertise en vue de renforcer la stabilité financière et la compétitivité de l’entreprise sur le marché mondial des métaux. Le DG Baraka Kabemba occupait des fonctions de haute responsabilité au sein d’un cabinet spécialisé dans la gestion des fonds de roulement pour le secteur minier. Quant au PCA Ngele Masudi, il connait la boite Gécamines. Il fut Secrétaire général de l’entremise jusqu’à 2021. Il est aussi un rodé aux affaires de l’Etat, car il a été ministre de la Justice et garde des Sceaux en RDC.
La Gécamines, pilier de l’Etat dans le secteur des mines, est appelée à jouer un rôle crucial en ce moment où s’observe de plus en plus une forte demande mondiale en minerais stratégiques, en l’occurrence le cobalt et le cuivre nécessaires à la transition énergétique.

Amédée Mwarabu

