Le marché congolais des télécommunications a démarré 2026 avec un visage familier mais le contraste est plus frappant. À première vue, la croissance est toujours là. Mais en y regardant de plus près, le secteur révèle une transformation profonde, accélérée par l’appétit croissant des Congolais pour les services numériques et par des effets saisonniers qui redessinent les courbes de consommation, selon l’Observatoire du marché de la téléphonie mobile dans son rapport sur le premier Trimestre 2026.

Les abonnements actifs se chiffrent à 74,9 millions, soit une croissance modérée de 1,41 % par rapport au quatrième trimestre 2025, selon le mêle document. Le marché de la téléphonie mobile a enregistré 632,2 millions USD de chiffre d’affaires, en baisse de 2,43 % par rapport au T4 2025, mais reste en progression par rapport au T1 2025, confirmant une trajectoire annuelle toujours orientée à la hausse.

Le trafic SMS chute de 15,84 % sur le trimestre, une baisse encore plus brutale que celle observée sur la voix et qui ne laisse plus aucun doute sur l’avenir du texto classique.

En ce qui concerne l’internet mobile, à contre‑courant de la voix et du SMS, l’Internet mobile continue d’avancer. Les souscriptions progressent de près de 3 % au premier trimestre 2026, soit 894 375 nouveaux abonnés. Une croissance solide, même si légèrement inférieure à celle du trimestre précédent. Quant au taux de pénétration de l’Internet mobile, il a atteint désormais 34,1 % au premier trimestre 2026, confirmant que la connectivité est devenue un élément central du quotidien numérique des Congolais.

Comparé au premier trimestre 2025, le T1 2026 confirme un basculement structurel : la data s’impose comme le moteur central du marché, tandis que la voix et les SMS poursuivent leur déclin, pris en étau entre les usages OTT et les nouvelles habitudes digitales. C’est réellement un trimestre marqué par un “effet fêtes” plus puissant qu’en 2025. Comme chaque année, les festivités de fin décembre laissent une empreinte visible sur les indicateurs du premier trimestre.

Mais au 1er trimestre 2026, cet effet saisonnier est plus prononcé. En effet, fin mars, 9 des 16 indicateurs clés sont en baisse, un recul qui pourrait inquiéter si l’on oubliait que les Congolais ont désormais un réflexe bien ancré : échanger vœux, photos et vidéos via les applications data, plutôt que par les canaux traditionnels. Résultat : (i) la consommation data reste élevée en janvier-février, (ii)les revenus voix et SMS plongent plus fortement qu’en 2025, (ii)…et les opérateurs doivent composer avec une saisonnalité qui s’intensifie d’année en année. Le marché n’est donc pas en perte de vitesse : il change de rythme.

C’est le mobile money qui devient le nouvel accélérateur de croissance porté par la bancarisation digitale, les transferts inter-opérateurs et l’essor des paiements marchands, le segment de service s’impose comme un levier de croissance incontournable, capable de compenser en partie l’érosion des services traditionnels. Nous avons un marché en croissance… mais plus complexe.

Si la croissance globale se maintient, elle est désormais tirée par des usages plus sophistiqués, plus volatils et plus sensibles aux cycles saisonniers. Les opérateurs évoluent dans un environnement : (i) plus concurrentiel, (ii) plus digitalisé et dépendant des usages data, (iii)…et moins prévisible en raison des variations saisonnières amplifiées.

Le premier trimestre 2026 confirme ainsi une réalité : la RDC est entrée dans l’ère du numérique de masse, et les opérateurs doivent réinventer leurs modèles pour suivre un consommateur qui, lui, a déjà changé.

Finances & Entreprises

By amedee

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