Honorable Jean-Claude Masangu MulongoHonorable Jean-Claude Masangu Mulongo

L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, estime que la République démocratique du Congo a déjà réuni tous les préalables pour le fonctionnement d’un marché boursier. Il a fait cette déclaration à la Conférence « Impératif Minier 2026 » organisée le 26 septembre à Likasi dans la province du Haut-Katanga, alors qu’il exposait sur la thématique « Le système financier congolais face aux défis de demain ».

Ainsi, il a énoncé les quatre préalables nécessaires au fonctionnement d’un marché boursier en RDC, à savoir :

  1. Le régime de change flottant où le taux est déterminé par le marché, ainsi seront déterminés les prix des actions ;
  2. Le Système National de Paiement et Règlement (SNPR) est opérationnel depuis 2008 et la future bourse pourra s’y greffer et y ajouter un dépôt centralisant les actions cotées ;
  3. Les transactions en ligne sont effectives et irréversibles une fois validées depuis 2008 ; les ventes et achats des actions suivront le même schéma ;
  4. Les titres de la BCC et du Trésor s’échangent depuis 2002 et 2021 sans problème ainsi que leurs marchés secondaires respectifs ; il en sera de même pour les actions.

Pour Jean-Claude Masangu, le marché boursier est le « puzzle encore manquant » dans l’architecture financière congolaise. Dès lors, le marché boursier est une nouvelle pierre à l’édifice des réformes structurelles engagées pour transformer durablement l’économie de la RDC.

Une avancée déterminante pour une croissance économique endogène

Promulguée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à l’issue d’un processus parlementaire, la loi n° 26/034 du 20 août 2026 relative aux marchés boursiers en RDC a été publiée le 2 septembre dans le Journal officiel de la République. Cette loi vient refonder le système financier de la RDC pour garantir le financement à moyen et à long terme de l’économie nationale.

Avec la « Kinshasa Stock Exchange », c’est le label du marché boursier congolais, qui arrive, les grandes, moyennes et petites entreprises ainsi que les startups auront accès au financement de leurs projets.

« L’épargne nationale sera valorisée et les Congolais deviendront actionnaires dans les entreprises nationales et multinationales de tous les secteurs de notre économie », écrivait le ministre des Finances Doudou Fwamba sur son compte X au lendemain de la publication officielle de cette loi.

Portée par le Ministère des Finances, la réforme du système financier, par la mise en place des marchés boursiers, dont celui de la Bourse des valeurs mobilières, est une avancée déterminante pour une croissance économique endogène et la création d’emplois en RDC.

Selon le ministère des Finances, les prochaines étapes seront la mise en place d’un Comité chargé d’opérationnaliser le marché boursier et validation de la feuille de route ; le Déploiement de l’Autorité de régulation des marchés financiers (ARMF) prévue par la loi ; l’élaboration du Règlement général par l’ARMF ; l’Agrément de la Kinshasa Stock Exchange ; la mise en place ou la détermination du Dépositaire central des titres et des banques de règlement ; le Développement des infrastructures digitales de cotation et de post-opérations compatibles avec le système national de paiement supervisé par la Banque Centrale du Congo ; la Mise en œuvre des mesures d’incitation fiscale prévues dans la loi, dont la réduction du taux de l’impôt sur les sociétés (IBP) pour toute entreprise qui sera cotée à la Kinshasa Stock Exchange.

Dans cette perspective, le lancement des activités de la Kinshasa Stock Exchange avec les premières opérations de cotation et de transaction est projeté dans la période comprise entre juin et décembre 2027.

Amédée Mwarabu

By amedee

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