Une Usine de la REGIDESOUne Usine de la REGIDESO

Dans son rapport annuel récemment publié, la REGIDESO présente ses états financiers de l’exercice 2025 avec un Résultat net positif de 56,3 milliards CDF contre 8,8 milliards de CDF de l’année 2024.

« Cela mérite d’être salué car c’est historique ! C’est un signal encourageant pour nos entreprises publiques. Il faut aussi reconnaître la contribution de la réforme ayant ouvert le recrutement des dirigeants à travers une procédure compétitive, ainsi que les efforts de l’équipe conduite par le DG David Tshilumba Mutombo. Le choix de la compétence doit être consolidé. Le redressement reste cependant à conforter : le bénéfice de 56,3 milliards de CDF  en 2025 repose largement sur des éléments exceptionnels et des ajustements comptables. L’activité courante demeure déficitaire », a commenté l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi sur son compte X.

Le rapport annuel 2025 de la REGIDESO note que le volume d’eau livré au réseau progresse de 2,9 %, passant de 336,3 à 346 millions de m³. Cependant, environ 40 % de cette eau n’est pas facturée, et près de la moitié des points de vente sont inactifs.

À Kinshasa, le document indique une desserte de 58 %, en recul de 8,2 points. Ailleurs, les infrastructures réhabilitées ne peuvent fonctionner en continu faute d’énergie suffisante. La guerre, les érosions et les coupures électriques pèsent lourdement sur ces résultats.

Il sied de relever également dans ce rapport que la ligne budgétaire consacrée à la réhabilitation du réseau affiche seulement 88 272 USD réalisés sur 27,6 millions USD prévus, soit un taux d’exécution d’à peine 0,3 %.

« L’État doit également assumer ses responsabilités : ses impayés dépassent 1 289 milliards de francs congolais, soit 88 % des créances nettes. Parallèlement, la REGIDESO accumule 920,1 milliards CDF de dettes fiscales et sociales et doit 197,6 milliards CDF à la SNEL. Ces chiffres montrent combien les difficultés financières des organismes publics se répercutent les unes sur les autres », estime Nicolas Kazadi pour qui le blocage du prix de l’eau ne protège pas automatiquement les plus pauvres. « Lorsqu’il empêche de financer un service fiable, il contribue à entretenir la pénurie. Les ménages privés d’eau au robinet doivent alors s’approvisionner auprès de revendeurs, souvent à un prix bien supérieur au tarif officiel. Les expériences documentées montrent qu’un tarif bas profite surtout à ceux qui ont effectivement accès au réseau. Il faut donc une tarification viable, accompagnée d’aides ciblées et de branchements sociaux », propose-t-il.

Au regard de ce rapport annuel, l’ancien argentier national propose deux priorités urgentes à la REGIDESO : 1. Installer des compteurs prépayés dans tous les bâtiments publics, et généraliser ensuite cette pratique à l’ensemble de la clientèle ; 2. Accélérer les investissements, dans la production grâce notamment aux appuis extérieurs, et dans le réseau grâce aux ressources internes et à de nouveaux partenariats.

Finances & Entreprises

By amedee

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