États, groupes armés, marchés et circuits internationaux dans la reproduction des conflits

PAR JOSE M. BAKIMA

Article d’analyse géopolitique

L’une des difficultés majeures des conflits contemporains réside dans un paradoxe : des gouvernements signent des accords de paix, des médiateurs internationaux annoncent des progrès diplomatiques, des cessez-le-feu sont convenus, mais les violences peuvent se poursuivre et les populations demeurer exposées à l’insécurité.

Pourquoi ?

La réponse habituelle consiste à invoquer le manque de volonté politique des protagonistes, l’insuffisance des garanties ou les violations des engagements pris.

Ces explications peuvent être fondées. Mais elles ne suffisent pas toujours.

Dans de nombreux territoires en crise, le pouvoir effectif ne se trouve plus exclusivement entre les mains des autorités légalement reconnues. Il se répartit, selon des configurations variables, entre administrations publiques, organisations armées, autorités de fait, réseaux économiques, entreprises, intermédiaires financiers et puissances extérieures.

Certains de ces acteurs s’affrontent. D’autres coopèrent ponctuellement, parfois malgré leurs divergences politiques ou idéologiques.

Une économie peut ainsi continuer à fonctionner dans la guerre, et certains de ses circuits peuvent contribuer à prolonger celle-ci.

La question fondamentale n’est donc pas seulement de savoir qui revendique la souveraineté sur un territoire. Elle est de comprendre qui y exerce effectivement les fonctions de pouvoir, qui contrôle les ressources et qui dispose des moyens de perpétuer le conflit.

Cette interrogation concerne plusieurs régions du monde. Elle possède une importance particulière pour la République démocratique du Congo.

I. La souveraineté reconnue et le pouvoir réellement exercé

Le droit international reconnaît les États comme les principaux titulaires de la souveraineté territoriale.

Cette reconnaissance constitue un fondement essentiel de l’ordre international. Elle protège notamment l’indépendance politique et l’intégrité territoriale des États contre l’emploi illicite de la force.

Mais la souveraineté juridique ne garantit pas automatiquement la maîtrise effective de toutes les fonctions publiques.

Un gouvernement peut être reconnu internationalement sans exercer une autorité complète sur certaines parties de son territoire.

Inversement, une organisation armée peut contrôler des villes, des routes, des postes-frontières ou des zones de production sans disposer d’une reconnaissance juridique en tant que gouvernement légitime.

Il faut donc distinguer plusieurs réalités.

La souveraineté juridique désigne le titre reconnu à l’État.

Le contrôle territorial correspond à la capacité d’exercer une autorité sur un espace donné.

La capacité administrative suppose l’organisation effective des services, des procédures et des agents nécessaires au fonctionnement collectif.

Enfin, le pouvoir économique peut résulter de la maîtrise des ressources, des transactions, des infrastructures et des circuits financiers.

Ces dimensions peuvent se trouver réunies entre les mains d’une même autorité. Mais elles peuvent également être dissociées.

C’est cette dissociation qui rend certains conflits particulièrement difficiles à résoudre.

II. Les groupes armés ne vivent pas uniquement de leurs armes

Dans une représentation traditionnelle de la guerre, un groupe armé dépend principalement de ses combattants, de ses armes et du soutien politique ou militaire qu’il reçoit.

Ces facteurs demeurent importants.

Mais plusieurs conflits contemporains montrent que la capacité de poursuivre les hostilités dépend aussi de l’organisation de ressources économiques.

Une organisation armée peut obtenir des revenus en contrôlant certains passages, en imposant des prélèvements, en participant à des circuits commerciaux ou en bénéficiant d’approvisionnements extérieurs.

Ces revenus peuvent contribuer au financement de ses activités et à la reproduction de son organisation.

Le phénomène n’est pas nouveau.

Pendant la guerre froide, des puissances ont soutenu différentes forces irrégulières afin de poursuivre des objectifs stratégiques sans intervenir directement dans toutes les opérations.

Cependant, la mondialisation des échanges, les moyens de communication, les circuits financiers transnationaux et la diffusion de technologies relativement accessibles ont diversifié les possibilités offertes à certains groupes.

L’étude publiée en octobre 2026 par John P. Ruehl sur les alliances entre acteurs non étatiques attire précisément l’attention sur cette transformation.

Elle décrit des coopérations ponctuelles entre organisations armées et réseaux économiques dont les objectifs politiques peuvent pourtant diverger.

Une organisation peut rechercher des ressources financières, une autre des voies de circulation, une troisième des équipements ou une protection territoriale.

Ces relations ne forment pas nécessairement une alliance idéologique stable.

Elles peuvent résulter d’une convergence temporaire d’intérêts matériels.

Cette observation oblige à se méfier des interprétations qui déduisent automatiquement les comportements réels des organisations à partir de leurs proclamations doctrinales.

Il faut examiner leurs pratiques, leurs ressources et leurs relations effectives.

III. La guerre peut devenir un système économique

Une guerre détruit des vies, des infrastructures, des organisations et des possibilités de développement.

Elle ne constitue donc pas, pour la société qui la subit, une activité productive comparable à l’économie de paix.

Mais certaines personnes ou organisations peuvent tirer des revenus de son prolongement.

Ce constat introduit une distinction fondamentale entre les intérêts de la population et ceux des acteurs qui bénéficient matériellement de la situation de conflit.

Lorsque le contrôle d’un territoire permet de percevoir des prélèvements, de monopoliser des échanges ou d’organiser des circuits clandestins, la cessation des hostilités peut menacer les avantages acquis par certains groupes.

La guerre possède alors des mécanismes possibles d’auto-entretien.

Le contrôle territorial facilite l’accès aux ressources.

L’accès aux ressources permet de financer des organisations et des activités.

Ces moyens peuvent contribuer au maintien du contrôle territorial.

Cependant, ce mécanisme n’est ni universel ni suffisant pour expliquer tous les conflits.

Les identités collectives, les revendications politiques, les préoccupations de sécurité, les interventions étrangères, les conflits fonciers, les violences passées et les injustices institutionnelles peuvent également jouer un rôle déterminant.

Une économie de guerre peut entretenir un conflit dont les causes initiales se situaient ailleurs.

Il faut donc éviter de confondre les origines historiques d’une guerre avec les mécanismes qui contribuent ensuite à sa prolongation.

IV. La RDC : une souveraineté contestée dans certaines parties du territoire

L’histoire des conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo ne peut être réduite à la seule question minière.

Les violences et les tensions régionales se sont développées à travers plusieurs séquences historiques : conflits liés à la citoyenneté et à la terre, déplacements de populations, génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, présence de groupes armés étrangers, guerres régionales, interventions extérieures et crises successives de l’autorité publique.

Ces événements ont produit des héritages politiques et sécuritaires complexes.

Les dynamiques contemporaines s’inscrivent dans cette histoire, sans en constituer une simple répétition.

Dans plusieurs territoires, le pouvoir de fait peut être partagé ou disputé entre des forces étatiques, des groupes armés, des autorités locales et des réseaux économiques.

Il importe ici de distinguer la présence d’une administration légalement constituée de sa capacité à exercer réellement ses fonctions.

Qui garantit la sécurité quotidienne des habitants ?

Qui contrôle les déplacements sur les routes ?

Qui prélève des taxes ou d’autres contributions ?

Qui autorise ou empêche l’accès aux marchés ?

Qui règle les différends ?

Qui administre effectivement les infrastructures ?

Les réponses à ces questions peuvent varier selon les localités et les périodes.

Elles sont essentielles pour comprendre la réalité du pouvoir.

Une autorité qui contrôle une route stratégique peut influencer la vie économique d’un territoire bien plus vaste que l’espace qu’elle occupe directement.

Une organisation qui maîtrise une activité lucrative peut conserver des moyens d’action même lorsque sa position militaire évolue.

Mais l’exercice de telles fonctions ne lui confère pas automatiquement une légitimité politique ou juridique.

Le pouvoir exercé de fait doit être étudié comme une réalité à comprendre, non confondu avec un droit à gouverner.

V. Le coltan : du territoire congolais aux marchés internationaux

Le cas du coltan provenant de la région de Rubaya, dans le Nord-Kivu, constitue un exemple particulièrement instructif.

Le coltan est une matière première à partir de laquelle est notamment obtenu le tantale, utilisé dans différents équipements électroniques et industriels.

La valeur de cette ressource ne résulte donc pas exclusivement de son extraction. Elle dépend d’une chaîne internationale comprenant transport, négoce, transformation et fabrication.

Dans une enquête publiée en juin 2026, l’organisation Global Witness affirme avoir identifié des circuits de coltan provenant de zones contrôlées par le M23 et passant par le Rwanda avant d’atteindre des négociants et des transformateurs internationaux.

L’organisation soutient que les mécanismes de diligence raisonnable n’ont pas suffisamment empêché l’introduction de minerais provenant de zones de conflit dans certaines chaînes d’approvisionnement.

Les entreprises et les acteurs concernés doivent pouvoir répondre aux allégations formulées à leur encontre. Les conclusions d’une enquête indépendante ne remplacent pas des décisions judiciaires sur les responsabilités individuelles.

Néanmoins, les éléments présentés posent un problème majeur de gouvernance économique.

L’origine réelle d’une matière première peut être difficile à établir lorsqu’elle circule à travers plusieurs intermédiaires, plusieurs territoires et plusieurs juridictions.

Un minerai peut quitter clandestinement une zone de production, être commercialisé depuis un autre pays et être ensuite intégré à une chaîne industrielle mondiale.

La question n’est plus seulement celle de l’exploitation d’une ressource congolaise.

Elle concerne les responsabilités respectives des acteurs situés tout au long de la chaîne commerciale.

L’acheteur final peut être très éloigné du territoire où des violences ont été commises.

Cette distance ne supprime pas automatiquement les obligations de vigilance applicables aux entreprises.

Mais elle rend leur mise en œuvre plus difficile.

La traçabilité doit donc être examinée comme une fonction effective de contrôle, et non comme une simple certification administrative.

VI. Pourquoi les accords diplomatiques ne suffisent pas toujours

L’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda le 27 juin 2025, ainsi que les engagements ultérieurs de coopération régionale, constituent des éléments importants du processus diplomatique.

Ils abordent notamment les préoccupations sécuritaires, les groupes armés, les personnes déplacées et la nécessité d’empêcher que les activités économiques illicites alimentent la violence.

Ces engagements reconnaissent implicitement une difficulté majeure : les rapports entre deux États ne constituent qu’une partie du système de conflit.

Un accord entre gouvernements peut créer des obligations réciproques et des mécanismes de vérification.

Mais son efficacité dépend aussi de son application territoriale, de l’attitude des groupes armés concernés, de la disponibilité des moyens de contrôle et de la capacité à agir sur les circuits économiques.

Il ne suffit pas de convenir de la cessation des hostilités si certains acteurs conservent des possibilités matérielles et des incitations à poursuivre les violences.

Il ne suffit pas davantage de prévoir une coopération minière si les territoires de production demeurent disputés ou si la provenance des minerais ne peut être vérifiée.

La paix négociée et la paix effectivement construite constituent deux étapes différentes.

La première établit des engagements.

La seconde exige leur traduction dans des institutions, des pratiques, des garanties et des résultats vérifiables.

Cette distinction n’est pas une critique du principe de négociation.

Au contraire, elle montre pourquoi les accords diplomatiques doivent être suffisamment précis et accompagnés de mécanismes d’exécution crédibles.

VII. Le risque d’une reconfiguration politique sans transformation des mécanismes du conflit

La constitution récente du Front pour la Refondation de la Nation autour de l’ancien président Joseph Kabila, avec la participation de responsables de l’AFC/M23, introduit une nouvelle dimension dans la situation congolaise.

Cette évolution appelle une analyse politique distincte de l’étude des circuits économiques et militaires.

Elle illustre néanmoins un problème général : la transformation de la représentation politique d’une organisation armée ne signifie pas automatiquement la transformation de ses moyens d’action, de ses structures territoriales ou de ses engagements économiques.

Un changement de nom, de direction ou de discours peut modifier la manière dont un mouvement présente ses objectifs.

Il ne démontre pas, à lui seul, une modification de son fonctionnement effectif.

Il convient également de distinguer les revendications politiques des responsabilités éventuelles dans les violences, lesquelles doivent être établies conformément aux règles de preuve et aux procédures compétentes.

Toute évolution politique devrait donc être examinée à travers des faits observables : cessation des violences, protection des civils, respect des engagements, transformation des structures de commandement et rétablissement de fonctions publiques légitimes.

Ces critères ne préjugent pas de l’issue des négociations.

Ils permettent simplement de distinguer une recomposition de la scène politique d’une transformation effective de la situation des populations.

VIII. Les puissances extérieures : influence réelle et limites du contrôle

Les grandes puissances peuvent exercer une influence considérable sur des conflits locaux.

Elles disposent de ressources diplomatiques, financières, économiques et militaires dont les États ou groupes concernés peuvent dépendre.

Mais cette influence ne doit pas être confondue avec une maîtrise complète.

Un partenaire extérieur peut soutenir une autorité, financer une opération, faciliter un accord ou exercer des pressions.

Il ne peut pas nécessairement déterminer le comportement de tous les acteurs locaux.

Les relations entre groupes armés, réseaux économiques et partenaires extérieurs peuvent évoluer selon des intérêts qui ne coïncident pas toujours.

C’est l’une des leçons de l’étude de John P. Ruehl.

Elle doit toutefois être appliquée avec prudence.

Il serait erroné de supposer que toute organisation armée agit exclusivement pour le compte d’une puissance étrangère.

Il serait également erroné de considérer qu’un groupe qui dispose d’une autonomie relative serait nécessairement dépourvu de soutiens extérieurs.

Les deux dimensions doivent être examinées séparément.

La RDC a donc besoin d’une analyse qui identifie les responsabilités étrangères lorsque les preuves le permettent, sans effacer les mécanismes locaux de reproduction des conflits.

Une telle démarche permettrait aussi de mieux apprécier la portée réelle des initiatives diplomatiques internationales.

IX. La population : l’acteur trop souvent absent des analyses du pouvoir

L’étude des rapports de force présente un danger : celui de réduire les populations à des espaces à contrôler, des communautés à administrer ou des ressources à mobiliser.

Or les habitants des territoires en guerre ne constituent pas seulement l’environnement dans lequel agissent les organisations armées.

Ils sont les premiers concernés par la sécurité, l’accès aux terres, les déplacements, l’éducation, la santé, l’activité économique et la justice.

Un territoire peut être considéré comme stabilisé du point de vue d’une force militaire tout en demeurant profondément insécurisé pour ses habitants.

Une route peut être ouverte au commerce sans être librement accessible aux populations.

Une activité minière peut reprendre alors que les conditions de travail, les droits fonciers et la sécurité des communautés demeurent insuffisamment protégés.

La paix ne doit donc pas être évaluée exclusivement à partir de la diminution des affrontements.

Elle doit également être appréciée à partir du rétablissement de conditions de vie dignes et de fonctions publiques accessibles.

La protection des civils n’est pas une conséquence secondaire de la stabilisation.

Elle en constitue une exigence fondamentale.

X. Ce que devrait examiner une politique cohérente de sortie des conflits

L’analyse précédente conduit à reconnaître que les réponses doivent agir sur plusieurs dimensions complémentaires.

La dimension sécuritaire concerne la protection des populations, la cessation des violences et le respect des engagements.

La dimension institutionnelle concerne le fonctionnement de la justice, de l’administration et des autorités légalement responsables.

La dimension économique concerne la transparence des échanges, les prélèvements illégaux, les circuits commerciaux et les possibilités de financement des groupes armés.

La dimension diplomatique concerne les relations entre États, les obligations internationales et les mécanismes régionaux de coopération.

Enfin, la dimension sociale et territoriale concerne les droits des communautés, les déplacements, les conflits fonciers et les conditions de reconstruction de la confiance.

Aucune de ces dimensions ne devrait être considérée comme un substitut général aux autres.

Le contrôle d’un marché illicite peut contribuer à réduire certaines ressources d’un groupe armé sans résoudre les revendications politiques qui ont accompagné sa formation.

Un accord politique peut traiter certaines revendications sans supprimer les incitations économiques à la violence.

Une opération de sécurité peut protéger un espace sans assurer durablement l’administration et les services nécessaires à sa stabilisation.

La cohérence de l’action publique dépend donc de la capacité à relier ces interventions, à en vérifier les effets et à corriger les conséquences imprévues.

XI. Comprendre les réseaux pour restaurer la primauté des institutions

L’émergence d’acteurs non étatiques puissants ne signifie pas que les États seraient devenus inutiles.

Elle révèle plutôt les difficultés rencontrées par certaines autorités publiques pour exercer effectivement leurs fonctions dans des espaces traversés par des flux économiques, politiques et sécuritaires transnationaux.

Les États restent indispensables pour établir et faire appliquer le droit, protéger les personnes, administrer les territoires et organiser la coopération internationale.

Mais ils doivent comprendre les systèmes dans lesquels ils interviennent.

La multiplication des contrôles administratifs n’est pas nécessairement efficace lorsqu’elle ignore les circuits réels.

De même, une politique exclusivement répressive peut déplacer certaines activités sans supprimer les conditions qui les rendent lucratives.

L’objectif doit être de renforcer l’effectivité des institutions légitimes, leur capacité de connaissance, leur coordination et leur responsabilité devant les populations.

La souveraineté ne se rétablit pas uniquement par une déclaration d’autorité.

Elle se manifeste lorsque la République peut effectivement protéger les personnes, garantir leurs droits, connaître les activités économiques et assurer les fonctions essentielles du territoire.

Conclusion — La paix commence lorsque les mécanismes de la guerre cessent de se reproduire

Les conflits contemporains obligent à dépasser une vision des relations internationales exclusivement centrée sur les gouvernements.

Les États restent les principaux sujets de l’ordre juridique international. Mais ils ne sont pas les seuls acteurs capables de contrôler des ressources, d’organiser des échanges, d’exercer une contrainte ou de poursuivre des objectifs politiques.

La coexistence de groupes armés, d’autorités de fait, de réseaux économiques et de soutiens extérieurs peut produire des systèmes dont la continuité ne dépend pas entièrement des négociations entre gouvernements.

Pour la République démocratique du Congo, cette réalité exige une connaissance rigoureuse des territoires, des circuits économiques et des responsabilités.

La paix ne peut se réduire à la signature d’un accord.

Elle suppose le rétablissement de la sécurité, la protection des populations, la mise en œuvre du droit, la maîtrise des flux illicites et la reconstruction de fonctions publiques capables de durer.

Elle suppose aussi de reconnaître que les causes historiques des conflits et les mécanismes qui assurent leur prolongation ne sont pas toujours identiques.

Cette distinction est essentielle pour éviter les réponses incomplètes.

On ne met pas durablement fin à une guerre en obtenant seulement l’accord de ses dirigeants. Il faut également transformer les conditions politiques, territoriales, institutionnelles et économiques qui permettent à la violence de se reproduire.

La question fondamentale devient alors celle-ci :

Qui exerce réellement le pouvoir dans les territoires en crise, de quels moyens dispose-t-il et quelles transformations permettraient de restituer aux populations la sécurité, les droits et les institutions dont dépend leur avenir ?

C’est à partir de cette connaissance que la paix peut cesser d’être une déclaration pour devenir une réalité durable.

 

By amedee

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *