Malgré le laps de temps passé au ministère de l’Industrie et PME, Louis Watum Kabamba y a laissé son empreinte. Ici, il a impulsé la relance d’unités industrielles, renforcé les Zones économiques spéciales et porté des réformes sur le contenu local et la sous-traitance.
Ingénieur et dirigeant reconnu dans le secteur minier où il culmine plus de trois décennies d’expérience en Afrique et en RDC, Louis Watum est donc dans sa sphère de prédilection en tant que nouveau ministre des Mines.
En confiant les manettes d’un secteur aussi stratégique que les Mines à Louis Watum, le président Félix-Antoine Tshisekedi s’attend certainement à ce que la République démocratique du Congo s’affirme sur l’échiquier mondial comme une vraie puissance minière mais surtout que les Congolais puissent désormais tirer leur bénéfice des ressources minières dont regorge la RDC.
Diplômé en chimie industrielle de l’Université de Lubumbashi, Louis Watum Kabamba entame sa carrière en 1991 comme ingénieur de production en pyrométallurgie aux usines de Shituru, à Likasi. Son expertise technique l’amène rapidement en Afrique du Sud, au sein du géant minier Anglo-American, où il se spécialise dans les charbonnages avant de rejoindre le département de recherche et développement. Là, il conçoit et fait breveter deux procédés métallurgiques innovants.
De 2001 à 2005, il dirige les opérations de la mine d’or de Yatela, au Mali, pour AngloGold Ashanti. Il revient ensuite en RDC pour piloter le projet Moto Gold Mines (2006-2009) dans le Haut-Uélé, puis prend en charge la mise en service du projet Kibali pour Randgold (2010-2014), l’une des plus importantes mines d’or d’Afrique.
L’artisan de la renaissance de KICO
En décembre 2014, il est nommé Directeur Général des opérations de Ivanhoe Mines en RDC. Dès l’année suivante, il devient Managing Director de Kamoa Copper SA, supervisant à la fois le développement du gisement de cuivre de Kamoa et la relance de la mine de Kipushi (cuivre, zinc, argent).
Sous sa direction, la Kipushi Corporation (KICO), laissée à l’arrêt pendant plusieurs années, connaît une véritable renaissance. Ce gisement, autrefois parmi les plus riches en zinc au monde, est réhabilité et modernisé selon des standards internationaux en matière de sécurité, de technologie et de respect de l’environnement. Cette relance redonne espoir aux populations locales et replace Kipushi sur la carte mondiale de la production minière.
Une vision industrielle affirmée
En février 2020, Louis Watum est élu Président de la Chambre des Mines de la RDC. À ce poste, il milite pour un dialogue constructif et inclusif entre l’État, les investisseurs et les communautés. Il plaide pour une transformation locale des minerais, afin de « créer des chaînes de valeur nationales » et stimuler un développement industriel durable.
L’homme à la croisée des mondes minier, industriel et institutionnel
En mai 2024, il rejoint le gouvernement Suminwa en tant que Ministre de l’Industrie et du Développement des PME/PMI. Fort de son expérience dans le secteur extractif, il s’attelle à la mise en place et au renforcement de Zones Économiques Spéciales (ZES) à Kinshasa, Musompo, Kiswishi et dans d’autres provinces. Il relance également d’anciennes unités industrielles et porte des réformes législatives majeures sur le contenu local et la sous-traitance, avec pour ambition de dynamiser l’économie nationale.
Louis Watum Kabamba incarne ainsi un parcours rare, à la croisée des mondes minier, industriel et institutionnel, avec une constante : la volonté de bâtir et de transformer la RDC par la valorisation de ses richesses et le développement de son tissu industriel.
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