Visuel sur les banques en RDCVisuel sur les banques commerciales en RDC

Le rapport de la Banque mondial publié fin juillet 2025 décrit le système financier congolais comme étant est en croissance, mais reste de petite taille, concentré et faiblement inclusif. En août 2024, les actifs financiers représentaient seulement un quart du PIB et étaient majoritairement aux mains de banques détenues majoritairement par des intérêts étrangers. Les trois principales banques contrôlaient environ deux tiers des actifs et des crédits, ainsi que plus de la moitié des dépôts du secteur bancaire, estime la Banque mondiale dans son rapport.

En RDC, le marché financier non bancaire se développe lentement. Selon la base de données Global Findex de la Banque mondiale, 27 pour cent des adultes en RDC détenaient un compte bancaire en 2022, contre 55 pour cent en moyenne en Afrique subsaharienne. Le taux d’inclusion financière en RDC s’élève à environ 6 pour cent, un niveau nettement inférieur à la moyenne régionale de 25 pour cent.

« Malgré des vulnérabilités structurelles, le secteur bancaire a enregistré des progrès en 2024. Bien que le secteur bancaire congolais reste sous-capitalisé, il a renforcé de manière significative sa base de capital. À la suite de la décision de la BCC de relever le capital minimum exigé pour les banques en RDC à 50 millions USD d’ici juillet 2025, le capital agrégé est en hausse », souligne le document.

Cependant, le ratio d’adéquation des fonds propres (en pourcentage des actifs pondérés par les risques) est tombé sous la barre des 15 pour cent en décembre 2024. Les dépôts et les crédits sont presque entièrement dollarisés, les devises étrangères représentant respectivement 91,6 pour cent et 91,9 pour cent du total.  La qualité des actifs s’est améliorée, le taux de prêts non productifs étant tombé à 6,3 pour cent fin 2024.

Quant au crédit, il a augmenté, mais il reste « rare, coûteux et fortement concentré ». en effet, le secteur bancaire intervient de façon marginale dans le financement de l’économie congolaise : en 2024, le crédit au secteur privé représentait environ 12 pour cent du PIB, soit à peine la moitié de la moyenne d’Afrique subsaharienne, tandis que les dépôts atteignaient seulement 20 pour cent du PIB.

Selon les estimations, le crédit au secteur privé en RDC était principalement alloué au secteur extractif, représentant le tiers du total des crédits en 2024, suivi par le commerce et d’autres services.

Par ailleurs, le coût du crédit en RDC demeure l’un des plus élevés en Afrique. L’écart entre le taux de crédit et le taux de dépôt pour les prêts libellés en monnaie nationale dépassait en moyenne 20 pour cent en 2024, tandis que cet écart était supérieur à 8 pour cent pour les prêts en dollars américains.

Rappelons que la RDC détient 15 banques commerciales dont quatre nationales, neuf panafricaines et deux filiales de groupes bancaires internationaux.

Amédée Mwarabu

 

By amedee

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