La RDC est un pays stratégique à plus d’un titre. Pour assurer sa pleine souveraineté, la RDC a l’obligation de se doter d’une armée puissante, dissuasive et surtout intelligente. Une armée intelligente est celle qui est technologiquement avancée, agile, professionnelle, et stratégiquement proactive. Elle cherche à minimiser les coûts humains et matériels, tout en étant capable d’opérer dans des conflits asymétriques, hybrides ou numériques. Les Congolais seraient fiers que les FARDC non seulement elles liberent une contrée mais se mettent à reconstruire les infrastructures de base pour permettre aux habitants de vivre dans un meilleur cadre de vie. Ce texte est tiré de notre Tribune intitulée : » Les dix projets clés à réaliser pour sauver le mandat de Félix Tshisekedi « .
Commencer à poser les bases devant faire de l’armée l’institution la plus attrayante en RDC
Après trente années d’humiliations infligées au peuple congolais, entre guerres subies et pillages des ressources, il est temps d’affirmer une exigence fondamentale. La RDC a besoin d’une armée crédible, moderne, dissuasive, intelligente, capable de protéger chaque Congolais et l’intégralité des 2 345 410 km² du territoire. Mais la mission ne doit pas se limiter à la protection. Les forces armées doivent aussi bâtir. Elles doivent devenir des acteurs de reconstruction, de résilience et de développement local, déployées pour sécuriser les zones sensibles tout en participant à la construction d’infrastructures, de ponts, de routes rurales et de systèmes d’irrigation qui font défaut au pays.
Pour que cette ambition soit réelle, il faut transformer les camps militaires en véritables campus polyvalents. Chaque caserne doit offrir des logements décents, des hôpitaux performants et des centres d’apprentissage où se forment des métiers techniques et des compétences high tech. Ces pôles doivent inclure des écoles d’ingénierie, des laboratoires numériques, des formations en cybersécurité, en maintenance d’équipements et en énergie renouvelable, afin que les militaires et les jeunes volontaires sortent formés pour la défense et immédiatement mobilisables pour la production économique et la transformation technologique du pays.
La conception d’un service militaire modernisé exige des règles claires de gestion du capital humain. Les engagements doivent être limités dans le temps et contractuels, offrant des parcours professionnels structurés et la possibilité de reconversion. La motivation à s’engager passera par des perspectives concrètes à la fin du service. Mettre en place des aides financières non remboursables pour faciliter la réinsertion des militaires après leur service, telles que des bourses universitaires et des subventions au logement, transformera l’engagement en opportunité sociale et professionnelle. À la sortie, des dispositifs d’appui à la création d’entreprise, des crédits préférentiels et des passerelles vers l’enseignement supérieur permettront de convertir l’expérience militaire en capital humain précieux pour l’économie nationale.
Pour éviter les dérives et assurer l’efficacité sociale et économique de ce modèle, il est impératif d’instaurer une transparence budgétaire totale, un contrôle civil renforcé et des partenariats publics-privés responsables. En professionnalisant les forces et en les intégrant à un projet de développement national, la RDC ne se contentera plus de défendre son territoire, elle le relèvera, elle formera ses talents et elle mettra en mouvement un levier durable de croissance et de cohésion sociale.
Amédée Mwarabu

