L’année 2025 touche à sa fin. Et la fin d’une année impose de faire le bilan des actions réussies et celles non atteintes. Le PDL 145 Territoires, programme phare du Gouvernement, vient d’essuyer un autre revers cette année 2025 après celui de 2024. Plus d’une fois en Conseil des ministres, le président de la République, initiateur de ce projet, a donné des instructions claires pour accélérer sa mise en œuvre et assurer la livraison de la première phase à fin décembre 2025. Mais, rien n’y fait. La première phase du PDL 145 T ne sera pas achevée cette année 2025. L’équipe Suminwa, voulue un Gouvernement d’actions et des résultats, a tout simplement raté cet objectif.
« Tous les ouvrages prévus dans la première phase du Programme de développement local de 145 territoires doivent être livrés au 31 décembre 2025. Cette échéance avait été clairement réaffirmée parmi les résolutions de la douzième conférence de gouverneurs de provinces (Ndlr : en 2024) où il avait été pris comme décision de mettre fin à la première phase du programme à la date précitée », avait instruit le président de la République Félix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 27 juin 2025.
Pour Félix Tshisekedi, « le succès de cette première phase est capital pour la crédibilité du programme, mais surtout pour la confiance de nos concitoyens en la capacité de l’État à transformer concrètement leur quotidien. Il est donc impératif que la parole donnée devienne un acte accompli ».
A ce Conseil des ministres, le président de la République avait engagé la Première ministre à mobiliser les ministres concernés, en particulier le vice-premier ministre d’alors en charge du Plan, afin de mettre toutes les batteries en marche pour que « les ouvrages soient complètement achevés et livrés dans le délai imparti ». Dans le même registre, chaque gouverneur, sous l’encadrement du vice-Premier ministre de l’intérieur, a été enjoint à s’impliquer aux côtés des agences d’exécution pour accélérer les travaux restants et lever tous les goulots d’étranglement.
Six mois après, cette instruction du président de la République n’a pas produit d’effet. D’un coût initial de 1,66 milliard USD, ce projet peine à non seulement à être financé correctement mais aussi est victime d’une nonchalance inexpliquée du Gouvernement à le parachever dans le timing fixé.
La dernière actualisation du PDL 145 T date de fin octobre 2025 alors que le ministre du Plan, Guylain NYEMBO MBWIZYA, était interpellé au Sénat pour faire le point de ce projet. Devant les sénateurs il a déclaré que jusqu’au mois d’octobre 2025, le PDL-145T comptait 1.011 ouvrages achevés, sur les 2.130 prévus dans sa première phase. Ce qui représente 47,4% des réalisations pour l’ensemble des agences d’exécution : Le PNUD, le BCECO et la CFEF. Ces ouvrages sont repartis comme suit : 601 écoles sur une prévision de 1.198, représentant un taux d’achèvement de 50 % ; 340 centres de santé sur 787 prévus, soit 43 % de taux d’achèvement et 70 bâtiments administratifs sur 145 prévus sont achevés, soit 48 %.
Le PDL-145 T n’est pas un simple projet d’infrastructures, mais un levier stratégique de transformation et de justice territoriale, destiné à rapprocher l’État des citoyens et à garantir un développement durable et inclusif dans chaque territoire de la République démocratique du Congo.
Adopté en Conseil des ministres en décembre 2021, le PDL 145 T a commencé réellement en 2023. Voulu comme l’un des instruments majeurs de la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ce programme vise à promouvoir le développement équilibré du territoire national et à renforcer la cohésion sociale à partir de la base.
Certes la guerre à Est de la RDC a freiné les travaux pour les territoires de ces provinces, rien n’explique cependant que le taux d’achèvement soit quasiment de moitié sur l’ensemble du pays.
La première phase de ce programme concerne la construction des écoles, des centres de santé et bâtiments administratifs sur l’ensemble du territoire national. Le programme se concentre sur quatre composantes principales : l’amélioration de l’accès aux infrastructures et aux services de base dans les zones rurales, la promotion du développement des économies locales, le renforcement des capacités de gestion du développement local et la mise en place d’un système de suivi géoréférencé pour évaluer en temps réel les progrès du programme.
Supervisé par trois Agences d’Exécution, en l’occurrence le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Bureau Central de Coordination (BCeCo) et la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États Fragiles (CFEF), le PDL-145T devrait être principalement financé par le Gouvernement congolais, notamment avec une partie des allocations des Droits de Tirage Spéciaux du Fonds Monétaire International.
Sous le Premier ministre Sama Lukonde, une première tranche de 511 millions USD avait été décaissée en 2023. Sous la Première ministre Suminwa, à peine 59 millions USD avaient été décaissés en octobre 2024 par le ministre des Finances. Pour 2025, le budget prévoyait un décaissement total de l’ordre de 288 millions USD. Une opacité entoure ces opérations de décaissement cette année.
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