Les doctrines du FMI et de la Banque mondiale ont transformé des pays comme la RDC en vastes étals économiques. Ces institutions ont encouragé la vente de mines, de terres, de forêts, de concessions pétrolières et de toute ressource pouvant attirer un investisseur étranger. La richesse nationale a été réduite à ce qui pouvait être cédé au plus offrant. Dans leur logique, un pays paraît prospère lorsqu’il liquide ses actifs, jamais lorsqu’il cherche à créer de la valeur sur son propre territoire.

Pendant longtemps, les fauves de la finance mondiale se contentaient de nous guetter. Aujourd’hui, ils semblent avoir décidé de nous dévorer. Pendant tout ce temps, aucune stratégie sérieuse n’a été transmise pour développer une capacité économique interne. La RDC n’a reçu aucun soutien pour transformer ses propres richesses, aucun accompagnement pour bâtir des chaînes de valeur solides, aucun outil permettant d’atteindre une souveraineté technologique ou financière. On nous a appris à survivre plutôt qu’à progresser. Les plans imposés par ces institutions ont renforcé la dépendance. Ils n’ont jamais posé les bases d’une économie capable d’avancer vers l’innovation, la productivité et la puissance.

Cependant, la responsabilité ultime revient aux Congolais. Une nation qui refuse la démocratie et le véritable marché des idées, et qui préfère préserver l’ethnocratie au détriment du bien commun, se met en danger pour protéger les intérêts de petites cliques d’entrepreneurs politiques tribaux. Un pays qui refuse d’investir dans son propre potentiel humain finit par livrer sa population aux appétits extérieurs. Cette dynamique nous réduit à une main-d’œuvre sous-payée et à des ressources brutes destinées à enrichir d’autres économies.

Cette absence de vision a engendré un paradoxe cruel. La RDC possède une abondance de richesses, en particulier une force démographique exceptionnelle, mais reste institutionnellement appauvrie. Tant que cette énergie humaine circule sans cadre capable de permettre aux talents de créer de la valeur à travers des produits et des services, la pauvreté continuera de régner malgré l’abondance. Une population laissée à l’état brut subit la prédation au lieu de participer à la transformation. Et tant que les institutions internationales fonctionneront comme des dispositifs qui enchaînent nos choix économiques plutôt que comme de véritables partenaires de développement, la RDC demeurera piégée dans un système pensé pour la fragiliser. Un système qui encourage les prédateurs et étouffe ceux qui tentent de reconstruire.

Au bout du compte, la seule issue passe par une rupture mentale avant toute rupture institutionnelle. Il faut briser les chaînes invisibles qui nous maintiennent dans un rôle de spectateurs, incapables d’imaginer une trajectoire économique différente. La sortie du piège exige de reconnaître la nature exacte de la mécanique financière qui propulse les économies avancées, de comprendre les outils qu’elles utilisent pour multiplier leur valeur, pour transformer leurs idées en puissance, pour convertir des choix collectifs en capital productif. La liberté économique commence par un changement d’imaginaire, un refus d’accepter que notre destin soit écrit ailleurs, et une volonté ferme d’apprendre la magie financière que d’autres maîtrisent depuis longtemps.

Texte tiré de l’article de Jo M. Sekimonyo « FMI-Banque mondiale : deux blanchisseurs des crimes économiques congolais»

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By amedee

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