Jo SekimonyoJo Sekimonyo

Si ta priorité, c’est la RDC comme entité abstraite, l’État, le territoire, alors oui, on pourra toujours espérer quelques miettes. D’autant plus que les compagnies d’extraction sont déjà étrangères.

Si tu as honte que la RDC est désignée comme le pays ayant la plus forte concentration d’extrême pauvreté et que tu cherches surtout à comprendre comment « détrôner » ce classement, ce projet ne changera rien de fond. Il ne mettra pas une entaille réelle dans la situation.

Avec le US Project Vault, ce sont les projecteurs qui se braquent sur la RDC, pendant que les Congolais disparaissent du cadre. En bref, avec le US Project Vault, comme tant d’autres, on regarde la RDC. On ne regarde pas les Congolais.

Pour y remédier, ou du moins tenter de corriger une partie du déséquilibre, la Constitution corrigée que j’ai soumise depuis 2024 prévoit, en son article 16, de réorganiser les circuits de production et de commercialisation dans les secteurs extractifs. Les sociétés d’extraction ne pourraient plus exporter ni vendre directement leurs produits, mais seraient tenues de passer par des intermédiaires.

À tout le moins, cette disposition aurait le mérite de créer un nouveau segment financier intermédiaire accessible à des acteurs congolais, notamment des comptables, des négociants et d’autres opérateurs économiques locaux, là où jusqu’ici les chaînes de valeur étaient largement verrouillées. Elle pourrait également générer un afflux financier important au profit d’entités locales.

Le même article 16 pose par ailleurs une condition politique claire. L’État ne peut traiter ou conclure des contrats qu’avec des sociétés enregistrées en République Démocratique du Congo dans lesquelles des Congolais détiennent plus de 50 pour cent des actions, ou qui sont détenues par un citoyen congolais.

C’est un pas dans la bonne direction. Mais sans mécanismes rigoureux de contrôle, de transparence et de capitalisation nationale, le risque demeure que cette réforme réorganise les flux sans transformer réellement les rapports de pouvoir, laissant les Congolais en périphérie d’une richesse produite sur leur propre territoire.

Jo M. Sekimonyo

By amedee

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