De ma petite expérience, pour avoir conduit deux campagnes ayant abouti à l’élection de la République démocratique du Congo au niveau continental, une réalité s’impose : lorsqu’un pays ambitionne une fonction internationale, il travaille en amont, parfois plusieurs années avant l’échéance, afin de sécuriser une victoire bien avant le scrutin.
Une candidature sérieuse se construit à travers des alliances solides, des engagements clairs et des assurances fermes de la part des États membres. L’aval n’est qu’une formalité lorsque l’amont a été correctement maîtrisé.
La RDC pourrait légitimement commencer dès maintenant à se préparer pour le mandat suivant celui à venir, qui représenterait une opportunité stratégique majeure pour notre pays. En revanche, se présenter par défi, sans préparation suffisante, exposerait la RDC à un échec évitable, inutile et potentiellement préjudiciable sur la scène internationale.
Quelles que soient nos divergences internes, je ne soutiendrai jamais l’échec de la RDC dans son positionnement international. Une candidature internationale doit également être portée dans un climat de cohésion nationale, condition indispensable pour maximiser nos chances de succès, car la politique extérieure est toujours le reflet de la politique interne d’un pays.
J’ai toujours rêvé d’un positionnement fort de la RDC au sein des organisations internationales. Toutefois, à ce stade, force est de constater que notre pays ne semble pas s’être suffisamment préparé pour cette candidature précise. Le pays qui se positionne pour sa réélection s’est déjà assuré d’un soutien large et consolidé des États membres avant de se déclarer officiellement candidat. Sans de telles assurances, aucun État sérieux ne s’exposerait volontairement à une issue défavorable ni humiliation diplomatique.
Mon analyse n’a rien à voir avec une posture politique. Elle découle d’une lecture lucide et réaliste des dynamiques diplomatiques internationales, fondée sur l’expérience et l’observation. À moins que la RDC ne dispose d’assurances solides qui ne sont pas connues ce dont je doute fortement au regard de l’improvisation apparente.
Francine Muyumba,
Sénatrice honoraire

