La situation socioéconomique est on ne peut plus préoccupante en République démocratique du Congo. Du chômage des jeunes à l’érosion du pouvoir d’achat des populations en passant par le retard dans la paie des fonctionnaires et agents de l’État ou encore l’accès limité aux services sociaux de base, les Congolais ne savent plus à quel saint se vouer. Tant, le Gouvernement Suminwa éprouve visiblement des difficultés à concrétiser les six objectifs du Programme du président de la République pour ce deuxième quinquennat. A la rentrée parlementaire pour la session de mars, le président du Sénat n’y est pas allé par le dos de la cuillère pour étaler la souffrance des Congolais par ce temps qui court, en présence de la cheffe du Gouvernement.
La session parlementaire de mars 2026 au Sénat de la République démocratique du Congo, a ouvert ses portes lundi 16 mars. C’était au cours d’une cérémonie solennelle, présidée par le Président de la Chambre haute du Parlement, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. En présence de plusieurs personnalités politiques du pays dont la Première ministre Judith Suminwa, le président de l’Assemblée nationale Aimé Boji, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, le président de la Cour constitutionnelle et de quelques représentants diplomatiques en poste en RDC, le numéro 1 du Sénat a rendu hommage aux forces armées de la République démocratique du Congo pour les efforts déployés sur le terrain des opérations dans l’Est du pays. Il a rendu aussi hommage aux nombreuses victimes de la guerre d’agression et des atrocités commis dans le Nord, Sud-Kivu et dans l’Ituri.
Dans son allocution solennelle, Sama Lukonde s’est exprimé notamment sur la situation socioéconomique du pays qui connait une régression au regard des difficultés que les Congolais rencontrent dans leur quotidien.
« Sur le plan socio-économique, en dépit des efforts consentis par le Gouvernement, notamment en matière de stabilisation du cadre macroéconomique, de consolidation des réserves de change et de régulation du marché des devises, la situation de notre pays demeure préoccupante. Le chômage des jeunes, l’érosion du pouvoir d’achat, le retard dans la paie des fonctionnaires et agents de l’État ainsi que l’accès limité aux services sociaux de base qui traduisent les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés nos concitoyens, appellent des réponses structurelles, durables et inclusives », a souligné Jean-Michel Sama Lukonde.
Il a ainsi proposé quelques pistes de solution pour endiguer la situation socioéconomique difficile. « Le Sénat estime indispensable de consolider une dynamique de croissance soutenue, fondée à la fois sur la valorisation des opportunités offertes par la demande mondiale en ressources minières stratégiques, sur la diversification effective de notre économie, et sur le développement des secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de l’industrie locale. Les impératifs sécuritaires, dont la légitimité ne saurait être remise en cause, exercent une pression significative sur les équilibres budgétaires. Le Sénat rappelle avec insistance que chaque franc mobilisé au titre des ressources publiques doit être affecté avec rigueur, responsabilité et discernement, en veillant à un juste équilibre entre les dépenses de sécurité et les investissements à fort impact social et économique, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé… », a-t-il proposé.
Pour la Chambre haute du Parlement, la loi de finances rectificative apparaît non seulement comme un instrument d’ajustement technique, mais également comme un outil stratégique permettant de répondre aux chocs exogènes et de garantir la soutenabilité des finances publiques dans un environnement international instable lié par la guerre actuelle au Moyen Orient.
Sur le plan politique, le président du Sénat a dit clairement s’inscrire dans la voie du dialogue national inclusif sous le format voulu par le Chef de l’État. « Le Sénat accorde une attention particulière à l’appel au dialogue entre congolais dans le format annoncé par le Président de la République. Nous réaffirmons notre disponibilité à contribuer à cette initiative, dans le strict respect du cadre institutionnel et dans l’intérêt supérieur de la Nation. Face aux agressions et aux tentatives de déstabilisation dont notre pays est victime, le dialogue doit demeurer un instrument de consolidation de la paix, de renforcement de l’autorité de l’État et de préservation de la solidité des institutions », a dit Sama Lukonde.
A noter que cette session parlementaire de mars 2026 au Sénat se focalisera également sur l’examen des projets de Loi liés à la ratification de l’accord de Paix de Washington signé entre la République démocratique du Congo le Rwanda et l’accord de partenariat stratégique entre la RDC et les USA.
Amédée Mwarabu

