Au cours d’un Briefing Presse co-animé, le mardi 29 décembre au studio Maman Angebi de la RTNC, avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le vice-premier ministre en charge de l’Economie, Daniel Mukoko Samba, s’est prêté à l’exercice d’explication du contenu, de présentation des enjeux de l’Accord de Partenariat Stratégique RDC-Etats-Unis signé le 4 décembre 2025.
D’entrée de jeu, le VPM en charge de l’Economie a voulu contextualiser les choses et donner la vraie valeur de cet acte de coopération signé au plus haut niveau par les présidents Donald Trump et Félix Tshisekedi à Washington, en présence des pairs africains. « Les États-Unis reconnaissent la RDC comme un partenaire stratégique des États-Unis d’Amérique, ce qui témoigne de la profondeur et de l’importance de la relation bilatérale et de l’engagement commun à promouvoir la paix, la stabilité et le développement économique ». Dixit le premier alinéa de l’article 3 de l’Accord de Partenariats stratégique entre les Etats-Unis et la RDC lu par le VPM Daniel Mukoko pour montrer l’importance de ce texte de coopération.
« Notre pays la République démocratique du Congo a donc rejoint le club très restreint des pays africains à qui le gouvernement américain a reconnu uns statut de partenaire stratégique. Les autres pays c’est le Kenya, le Maroc, l’Egypte. Dans ce cadre, les deux Etats ont convenu d’explorer des domaines de collaboration : dans le domaine économique et commercial ; dans le domaine de la sécurité et de la défense ; dans le domaine de la coopération scientifique, technologique et éducative ; ainsi que de la coopération institutionnelle et en matière de gouvernance. Le texte qui a été signé n’est pas un deal, il n’est pas un contrat. Le texte ne dit pas que A va céder à B ceci. C’est un texte qui pose le cadre d’une coopération renforcé », a indiqué Daniel Mukoko Samba.
A l’en croire, cet accord RDC-USA vise à concilier les intérêts de deux pays. Les États-Unis recherchent un accès sécurisé aux minerais critiques, tandis que la RDC ambitionne l’industrialisation et la transformation locale de ses ressources. Il couvre également l’énergie, les infrastructures, la logistique, les routes et les ports, a précisé le VPM en charge de l’Économie.

Selon lui, trois catégories de projets sont prévues : les projets stratégiques désignés par la RDC (comme Inga et le corridor de Lobito), les projets miniers sur des concessions entièrement étatiques, et ceux sur des concessions où l’État n’est pas majoritaire mais peut accueillir de nouveaux investisseurs.
En ce qui concerne le mécanisme de gestion de cet accord, Daniel Mukoko a indiqué : « L’accord prévoit un forum bilatéral tous les deux ans pour examiner les questions de coopération dans les contextes national, régional et mondial, ainsi qu’une revue triennale pour actualiser et renforcer le partenariat. En cas de retrait, un préavis écrit de cinq ans est exigé, garantissant la durabilité des engagements. »
Tout aussi, un Comité Directeur Conjoint (composé de 10 membres dont 5 par partie), avec des représentants congolais et américains, supervisera et validera les projets par consensus. La première réunion de ce Comité directeur conjoint est prévue dans les 90 jours suivant l’entrée en vigueur de l’accord le 4 décembre 2025.
Sur la question de ratification de cet accord RDC-USA par le parlement congolais, le VPM Mukoko a donné des assurances que cela se fera « en temps utile ». « Le Gouvernement prévoit de soumettre cet accord de partenariat stratégique à la prochaine session parlementaire, dans un souci de transparence totale. Le texte de l’accord a été publié le jour même de sa signature et est accessible sur le site du Département d’État américain ainsi que sur les plateformes officielles congolaises. »

Quant au porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, il a exhorté l’opinion publique à la vigilance face aux discours de manipulation. « Chaque Congolais doit faire preuve de discernement pour ne pas céder au venin de la désinformation », a-t-il déclaré, appelant à une appropriation collective des efforts de paix engagés sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, et portés par le gouvernement Suminwa.
Amédée Mwarabu
