Après le Ghana le 3 septembre, le Programme Digital Africa Summit de GSMA est à Kinshasa où il a organisé, ce jeudi 18 septembre 2025 à Fleuve Congo Hotel, un Sommet sur l’avenir du numérique en République Démocratique du Congo.

À l’étape de la RDC, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso (photo), a été invité à cogiter sur la thématique « Digitalisation : Moteur de l’inclusion financière et du développement en République Démocratique du Congo ».

De l’avis de l’actuel patron de la Banque centrale, la digitalisation constitue le moteur de l’inclusion financière et du développement de la RDC. Pour développer sa thèse, André Wameso a fait constater à l’assistance que la RDC c’est 41,7% de l’économie informelle, 20% de taux de l’électrification et seulement 10% du réseau routier asphalté.

Pour André Wameso, seule la digitalisation peut permettre au Congo Kinshasa de faire un bond substantiel pour lever ces défis structurels. D’autant plus que la RDC se retrouve aujourd’hui dans une phase de consolidation de sa jeune démocratie avec une croissance économique plus forte depuis quelque cinq ans.

Les piliers de la transformation numérique en RDC

En tant que gouverneur de l’institut d’émission, André Wameso prône une RDC connectée et inclusive. Ce qui implique une connectivité numérique accessible à tous, réduisant les fractures et favorisant l’égalité des chances. Dans cet ordre, il faut faire de la technologie et de l’innovation des leviers puissants pour une prospérité partagée au service de tous, a-t-il insisté devant l’assistance composée des décideurs politiques, des dirigeants du secteur privé et les principales parties prenantes du secteur du numérique.

Dès lors, quatre piliers sous-tendent la transformation numérique de la RDC : 1. Harmonisation des politiques pour unifier les stratégies nationales et régionales en vue d’une digitalisation cohérente favorisant l’innovation ; 2. Attractions des investissements par la séduction des investisseurs en valorisant notre potentiel de croissance et un marché numérique inexploré ; 3. Développement des compétences par l’accès à une éducation technologique de qualité pour doter la population des compétences numériques; 4. Inclusion financière digitale en encourageant la transmission vers les paiements numériques et en formalisant l’économie et en créant de nouvelles opportunités.

Dans cet univers de transformation numérique, la Banque centrale se pose comme un catalyseur favorisant la modernisation des systèmes de paiements; la numérisation des services financiers ; la promotion de la monnaie locale par des mesures visant à renforcer l’utilisation et la confiance dans le franc congolais; ainsi que la mise en œuvre des réformes bancaires sur la modernisation du cadre réglementaire et de supervision en vue de la stabilité du secteur.

RDC connectée ou hub stratégique en Afrique

Avant de conclure son propos sur cette thématique, André Wameso a lancé un appel à l’action pour la convergence de la digitalisation, de l’éducation pour tous et de l’inclusion financière dans l’ultime but de créer un élan de transformation sans précédent en RDC. Ceci passe, a-t-il souligné, par des investissements dans les infrastructures, la formation des talents ainsi que par le soutien aux innovateurs et entrepreneurs.

En définitive, André Wameso estime qu’une RDC connectée et prospère faciliterait l’accès aux services financiers et au commerce; permettrait une connectivité à haut débit; serait un écosystème Dynamique encourageant la pleine participation à l’économie numérique; et un carrefour d’opportunités ou un hub stratégique en Afrique.

Outre cette présentation du gouverneur de la Banque centrale, plusieurs interventions ont été enregistrées à ce sommet sur l’avenir du numérique en RDC notamment celle du ministre de l’économie du Numérique Augustin Kibassa, du ministre des Postes et télécommunications José Mpanda, du président de l’ARPTC Christian Katende, du représentant Pays de la Banque mondiale en RDC Albert Zeufack. Un des moments forts de cette rencontre de Kinshasa a été la présentation du rapport GSMA sur le numérique en RDC. Intitulé « Stimuler la croissance économique par la transformation numérique en RDC », le document met en avant le rôle stratégique que peut jouer le mobile dans des secteurs clés comme l’agriculture, les mines et les services publics, tout en renforçant l’inclusion numérique.

À noter que Cette série de sommets sur l’avenir du numérique en Afrique est née d’un engagement commun visant à réunir les décideurs politiques, les dirigeants du secteur privé et les principales parties prenantes afin de s’aligner sur les priorités qui façonneront l’avenir numérique de l’Afrique.

GSMA est une organisation internationale qui représente les opérateurs de téléphonie mobile et l’ensemble de l’écosystème mobile mondial, y compris les fabricants d’appareils et les entreprises Internet. L’organisation travaille à la normalisation et à l’interopérabilité des technologies mobiles, et est connue pour produire des événements majeurs comme le « Mobile World Congress ».

La GSMA a été créée en 1995, initialement sous le nom de « GSM MoU Association », en tant que lobby des opérateurs utilisant la norme GSM (Global System for Mobile Communications) pour la téléphonie mobile.

Amédée mwarabu

By amedee

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