« Le journalisme en RDC est devenu le refuge privilégié des esprits paresseux, un cirque où les animateurs bêlent, aboient et se donnent en spectacle pour quelques éclats de buzz et des miettes de survie. Plus grave encore, les membres des médias et leur public se renvoient mutuellement la responsabilité du ravage silencieux que cette indigence intellectuelle inflige à la société, alors qu’ils en alimentent ensemble le cycle ». Ce en ces termes que Jo Sekimonyo, Économiste Politique, décrit le paysage médiatique en RDC.
À l’origine de cette dérive, soutient-il, se trouve un business model médiatique d’un archaïsme désarmant, qui ouvre la porte à des propriétaires choisis moins pour leur vision que pour leurs connexions politiques ou leur proximité avec le régime en place.
Pour Jo Sekimonyo, ce modèle restreint la propriété médiatique à des individus qui n’en mesurent ni la portée ni la responsabilité, et dont les motivations, souvent enfantines, ne s’orientent ni vers l’exigence professionnelle ni vers la construction d’un véritable secteur économique.

Pire, se désole-t-il, ce business model ne contraint pas davantage les professionnels des médias à rechercher, comme ailleurs sous des cieux modernes, des sources de financement durables fondées sur la publicité, le sponsoring ou la qualité des programmes.
» Ainsi, faute d’un écosystème économique structuré de manière moderne, les travailleurs des médias sont réduits à des formes de mendicité professionnelle, ce qui dégrade inévitablement la qualité des invités, des débats et du contenu lui-même », conclut-il.
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