Le monde que nous avons connu depuis la fin de la guerre froide est en train de s’effacer sous nos yeux.

Crise des démocraties, montée des élites technocratiques, tensions géopolitiques, perte de repères : autant de signes que quelque chose de plus profond est à l’œuvre.

Ce que nous vivons n’est pas une crise ordinaire.

C’est une transition.

Dans la tradition africaine Kongo, le temps n’est pas linéaire. Il est cyclique et structuré selon le Dikenga, un modèle qui décrit les phases de naissance, de croissance, de maturité et de déclin des sociétés.

Selon cette lecture, le monde actuel est entré dans sa phase de Luvemba : celle où les structures tiennent encore, mais où le sens commence à disparaître.

C’est pourquoi :

– les institutions deviennent rigides ;

– les élites se coupent des peuples ;

– les conflits se multiplient ;

– aucun nouvel ordre stable n’émerge.

Nous sommes dans une phase de transition, appelée Nkodia, une spirale de transformation.

Et comme toute spirale, elle débouche sur une renaissance : Musoni.

La vraie question est donc la suivante :

Qui construira le monde de demain ?

Trois scénarios sont possibles :

– un monde technocratique dominé par des élites

– un monde structuré autour de puissances asiatiques

– un monde où l’Afrique propose une nouvelle vision

Dans ce contexte, la République Démocratique du Congo occupe une position unique.

Par sa géographie, ses ressources et sa profondeur culturelle, elle peut rester un terrain d’affrontement… ou devenir un centre de structuration.

Mais cela suppose un choix : continuer à imiter des modèles extérieurs OU proposer une voie enracinée, adaptée à sa réalité.

Cela implique de réconcilier l’État et les communautés, de valoriser les savoirs africains, de sécuriser le territoire par l’économie réelle, de produire une pensée stratégique autonome.

Le monde de demain ne sera pas construit uniquement par la puissance.

Il sera construit par ceux qui auront une vision.

Et si, pour une fois, l’histoire ne se faisait pas sans nous ?

Prof. José Bakima

By amedee

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