Alors qu’André Wameso prenait ses fonctions de Gouverneur de la Banque centrale du Congo le 4 août 2025, les réserves internationales de la Républiques démocratiques du Congo étaient évaluées à 7 milliards 700,16 millions USD représentant, 2,94 mois d’importation des biens et services sur ressources propres du pays.
Presque sept mois après, ces réserves de change de la RDC ne sont plus que de l’ordre de 7 milliards 128,23 millions USD à la date du 24 février 2026, représentant 2,72 mois d’importations de biens et services, selon les chiffres de la Banque centrale du Congo.
Il s’observe donc que les réserves internationales de la RDC ont chuté, ces sept derniers mois, d’environ 572 millions USD.
Ce que l’on sait c’est qu’une partie de ces réserves de change du pays a été utilisée pour soutenir la stabilité du franc congolais sur le marché de change, ces six derniers mois. Pour ce faire, depuis l’avènement de l’actuel gouverneur de la BCC, plus de 200 millions USD ont été utilisés à cette fin.

Les réserves internationales d’un pays remplissent plusieurs fonctions cruciales pour sa stabilité économique et financière. Elles servent principalement à maintenir la stabilité du taux de change, à faire face à des déséquilibres de la balance des paiements, à gérer les crises financières, et à soutenir les politiques monétaires. En d’autres termes, elles agissent comme un coussin de sécurité pour le pays face aux chocs économiques externes et internes.
Cependant, les réserves de changes devraient, pour un pays comme la RDC, selon certains experts, aussi être utilisées pour financer des projets de développement ou dans des interventions économiques spécifiques susceptibles de créer de la croissance dont le pays a tant besoin. Ce que l’actuel management de l’Institut d’émission n’a pas encore fait.
Sous l’ancien Gouverneur Déogratias Mutombo (2013-2021), des lignes de crédit à taux d’intérêt réduit étaient disponibilisés (via les banques commerciales) par la Banque centrale du Congo pour soutenir notamment les opérateurs économiques du secteur agricole en vue d’accroitre la production locale des produits alimentaire de base comme le maïs afin non seulement de réduire la dépense du pays aux importations amis surtout de stimuler l’offre nationale des denrées de grande consommation.
Ainsi par exemple pour Jo Sekimonyo : « La modernité monétaire ne se limite plus à la stabilité des prix. Elle inclut l’orientation stratégique des flux financiers, la protection des chaînes de valeur et la maîtrise des infrastructures critiques ».
Luc Alouma est aussi d’avis que les réserves de change ne devraient pas seulement servir d’amortisseur pour la stabilité du franc congolais. « La stabilité monétaire n’est pas un événement, c’est un processus institutionnel et productif inscrit à moyen et long termes. En l’absence de transformation de l’économie réelle, l’appréciation devient un artefact, non une conquête. La monnaie ne se stabilise pas par elle-même, ce sont les conditions de l’économie qui permet sa stabilité à travers les politiques macroéconomiques qui ont une portée plus globale que les politiques sectorielles », soutient-il.
A (RE° LIre : BCC : Voici les 5 grands chantiers qui attendent André Wameso
Amédée Mwarabu

