Même si la Banque centrale du Congo (BCC) se limitait à l’achat d’or artisanal pour constituer ses réserves, l’idée, en apparence séduisante, reste problématique dans le contexte actuel.
L’exploitation artisanale est marquée par :
• le travail des enfants,
• des risques humains majeurs (éboulements, insécurité),
• une économie de survie génératrice de pauvreté structurelle,
• des circuits opaques parfois liés à l’économie informelle et aux groupes armés.
Sans structuration préalable, sans formalisation, sans modernisation du secteur, un programme de rachat d’or artisanal par la Banque centrale risquerait de cautionner indirectement ce que l’on pourrait qualifier d’« or du sang ».
L’État et la BCC devraient d’abord contribuer à :
• organiser,
• encadrer,
• sécuriser,
• formaliser ce segment avant d’en devenir acquéreurs institutionnels.
Sinon, cela reviendrait à transformer la misère rurale en instrument de politique monétaire. L’expérience menée au Katanga à travers une filiale de la Gécamines pour racheter les minerais des creuseurs artisanaux illustre bien les limites d’une approche mal structurée.
4. Ma proposition
Ma proposition n’était pas d’encourager davantage l’extraction artisanale ni de renforcer le paradigme extractiviste.
Je me réserve, pour l’instant, de dévoiler l’intégralité de cette proposition, qui fera l’objet d’un ouvrage que je m’apprête à publier dans les prochains jours. Je vous invite cependant à vous y préparer.
Ce livre académique de plus de 200 pages, à la rigueur analytique comparable à celle d’une thèse doctorale, proposera pour la première fois aux chercheurs en économie du développement, aux banques centrales africaines, aux institutions internationales (FMI, Banque mondiale), aux décideurs publics ainsi qu’aux universités africaines et européennes, une contribution scientifique originale.
Il introduira une nouvelle théorie économique intitulée « l’ancrage réel de la monnaie », conçue comme :
• une formalisation macroéconomique adaptée aux économies structurellement dollarisées,
• un cadre analytique intégrant ressources stratégiques et stabilité monétaire,
• et une doctrine économique africaine endogène fondée sur la souveraineté productive.
Cet ouvrage ambitionne ainsi d’ouvrir un nouveau champ de réflexion dans le débat international sur la transformation des économies riches en ressources naturelles.
Texte tiré de la Tribune de Luc Alouma intitulé : » Réserves en or et souveraineté monétaire : entre illusion extractive et stratégie productive »
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