Pour la énième fois, le président de la République met le gouvernement devant ses responsabilités par rapport à l’exigence de la rationalisation des dépenses publiques. Ce, à la suite de la création incontrôlée des Fonds, Cellules, Commissions et autres structures publiques faisant double emplois et occasionnant par ricochet une dilapidation pure et simple des deniers publics. A l’analyse, tout indique que le Chef de l’Etat est en train, jusqu’ici, de prêcher dans le désert. Puisqu’il y a dix mois, il réclamait un rapport complet sur la pertinence des 53 structures budgétivores créées au cours de son premier quinquennat en faisant fi de la capacité financière de l’Etat. A ce jour, la Primature n’a jamais finalisé ce travail pourtant nécessaire pour rationaliser les dépenses publiques. Preuve que l’actuel Gouvernement n’est pas en phase avec le président de la République sur cette question de rationalisation des dépenses publiques. Plus grave, le Gouvernement Suminwa n’a jamais réduit le train de vie ni des ministères encore moins des institutions de la République alors qu’une instruction ferme du président de la République avait été donnée depuis février 2025 en vue d’un effort de guerre. Et pourtant, le trésor public a été saigné à hauteur de 1,492 milliard USD dépensés juste pour couvrir uniquement les frais de fonctionnement des ministères et des institutions en 2025, en dépassement budgétaire de 22%, alors que le pays est en pleine crise sécuritaire. Autant dire que les tares de la Gouvernance Suminwa ont la peau dure notamment sur cette question de rationalisation des dépenses publiques que Félix Tshisekedi considère avec raison qu’il s’agit d’un « levier immédiat, crédible et indispensable pour préserver les équilibres macroéconomiques » de la RDC.
Au cours du Conseil des ministres du 13 mars, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a réaffirmé sa détermination à parvenir à la rationalisation des dépenses publiques qui constitue un levier immédiat, crédible et indispensable pour préserver les équilibres macroéconomiques de notre pays. Cette exigence implique une allocation plus efficiente des ressources publiques, fondée notamment sur l’élimination des dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées, ainsi que sur une meilleure discipline dans l’organisation de l’action publique.
« A cet égard, et rappelant la ligne tracée lors de la 74ème réunion du Conseil des Ministres, il Ndlr : le président de la République) a constaté, ces derniers temps, une tendance croissante à la création de Fonds, de Cellules, de Commissions et d’autres structures publiques souvent à l’initiative de différents Ministères. Si certaines de ces structures peuvent répondre à des besoins spécifiques de mise en œuvre des politiques publiques, il n’en demeure pas moins que leur multiplication non encadrée exerce un effet de pression et d’éviction des Ressources du Trésor public. En effet, chaque nouvelle entité entraîne inévitablement des charges supplémentaires liées aux frais de démarrage, d’installation, de fonctionnement ainsi qu’à la rémunération du personnel », note le compte rendu du Conseil des ministres.
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Pour Félix Tshisekedi, une telle dynamique apparaît « peu compatible avec l’impératif de rationalisation des dépenses publiques » auquel le Gouvernement est astreint. Afin d’y remédier et de garantir la cohérence de l’action de l’Etat, le Président de la République a instruit que la création de tout Fonds, Etablissement public, Cellule ou autre structure publique devra désormais être strictement encadrée afin de s’assurer de son « opportunité réelle, de sa pertinence stratégique et de sa soutenabilité financière ».
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Dès lors, tout projet de création devra préalablement être validé par la Première Ministre, qui en appréciera la nécessité, la valeur ajoutée institutionnelle et l’impact budgétaire, avant de le transmettre à la présidence de la République pour son arbitrage final.
Par ailleurs, la Première Ministre a été chargée de procéder à une évaluation globale des Fonds, Cellules, Commissions et autres structures publiques actuellement placés sous la tutelle des différents Ministères.
Cet exercice devra permettre d’identifier les structures dont l’utilité est avérée et qui contribuent efficacement à la mise en œuvre des politiques publiques, celles dont la pertinence est limitée ou dont les missions peuvent être assumées par des structures déjà existantes, ainsi que les cas de chevauchement de compétences ou de duplication institutionnelle.
C’est sur cette base que le Gouvernement devra envisager « la suppression, la fusion ou la rationalisation » des structures qui ne présentent pas une utilité avérée ou qui font double emploi.
Amédée Mwarabu

