La Première ministre Judith SuminwaLa Première ministre Judith Suminwa

C’est un premier trimestre très difficile que le Gouvernement est en train de réaliser au début de cet exercice budgétaire 2026. Les chiffres officiels de la Banque centrale du Congo révèlent que sur des prévisions des recettes publiques de 5.730,2 milliards de CDF, à la date du 13 mars 2026, le Gouvernement Suminwa n’a pu collecter que 4.078,4 milliards CDF, soit un taux de réalisation de 71% par rapport à la cible. Cette baisse des recettes de 1.651,8 milliards de CDF (742 millions USD) a contraint l’Exécutif national à baisser également ses dépenses publiques pendant la même période. Sur les 5.953,7 milliards de CDF des dépenses programmées à la date du 13 mars, seulement 3.103,3 de CDF ont été décaissés, soit un taux d’exécution d’à peine 52%. Cette situation de faibles dépenses dictées par la baisse des recettes est révélatrice d’une crise de trésorerie aiguë impliquant le retard dans le paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat mais surtout causant logiquement un ralentissement économique qui risque, à court terme, d’ impacter la croissance du PIB (Produit intérieur Brut) de la RDC. Désormais, le Gouvernement n’attend que l’échéance fiscale d’avril pour tenter d’équilibrer ses comptes. Cependant, rien n’est gagné à l’avance quand on sait que l’appréciation du franc congolais  (de 29%), actionnée artificiellement par la Banque centrale du Congo au dernier trimestre 2025,  devra impacter négativement la mobilisation des recettes cette année, selon plusieurs experts dont le professeur Godé Mpoyi. D’ailleurs, même le ministre des Finances Doudou Fwamba l’a reconnu dans une de ces récentes prises de parole. 

Voici l’évolution des opérations financières de l’Etat au mois de mars 2026 telle que la Banque central du Congo la décrit dans sa note de conjoncture économique.

Les statistiques provisoires indiquent qu’au premier trimestre 2026, la gestion des finances publiques reste marquée par une expansion des dépenses de l’Etat dans un contexte de faible mobilisation des ressources publiques.

Au mois de mars courant, les opérations financières de l’Etat sont soutenues par les recettes des régies financières et les ressources provenant des émissions de titres publics sur le marché domestique. Ainsi, les prévisions retenues dans le plan de trésorerie de l’Etat, pour le mois sous revue, projettent les recettes à hauteur de 1.881,2 milliards de CDF contre des dépenses de 2.183,2 milliards.

Evolution des recettes publiques en mars 2026

Au 26 mars 2026, le tableau de suivi de la situation financière de l’Etat produit par la Banque Centrale du Congo, renseigne que les régies financières ont mobilisé 1.605,2 milliards de CDF, contre une prévision de 2.281,2 milliards. La structure des recettes susmentionnées se présente comme suit :

  • Recettes des impôts directs et indirects (DGI) : 631,7 milliards de CDF ;
  • Recettes douanières et des accises (DGDA) : 578,5 milliards de CDF ;
  • Recettes de la parafiscalité (DGRAD) : 395,0 milliards de CDF.

Evolution des dépenses publiques

Au cours de la période sous revue, les dépenses publiques se sont établies à 2.599,8 milliards de CDF. Ces décaissements ont principalement concerné les rubriques suivantes :

  • Salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat : 1.086,3 milliards de CDF ;
  • Frais financiers : 37,0 milliards de CDF.

Amédée Mwarabu

 

By amedee

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *