Le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, dans un courrier daté du 21 août 2025 et adressé à la présidente de l’Association congolaise des banques (ACB), informe qu’il procédera à l’actualisation successive du taux de change appliqué à la réserve obligatoire cristallisée en vue de combler l’écart créé par le maintien d’un taux de 1.999,9 CDF pour un dollar, alors que le marché des changes a fortement évolué entre temps.

“J’ai l’avantage de vous informer que, lors des trois prochaines notifications de la réserve obligatoire, la Banque Centrale du Congo procédera à l’actualisation successive du taux de change appliqué à la réserve obligatoire cristallisée en décembre 2021, conformément à l’article 9, alinéa 2 de l’Instruction n°10 relative à la constitution de la réserve obligatoire signée en date du 15 octobre 2024”, note le Gouverneur André Wameso dans sa correspondance.

Cette opération se déroulera en trois étapes : du 15 septembre au 14 octobre 2025 sur la base du cours indicatif du 27 juillet 2023 (2.402,72 CDF/USD), du 15 octobre au 14 novembre 2025 sur celui du 26 janvier 2024 (2.710,87 CDF/USD), et enfin du 15 novembre au 14 décembre 2025 sur le cours indicatif du dernier jour d’octobre 2025.

A noter qu’à la fin de ce processus, l’actualisation sera faite automatiquement au moment de chaque notification, conformément à l’Instruction n°10 sus-évoquée, précise la BCC dans ce courrier.

A savoir que la réserve obligatoire est une proportion des dépôts que les banques commerciales sont tenues de déposer auprès de la Banque centrale, sans pouvoir l’utiliser pour accorder des crédits ou faire d’autres investissements. La réserve obligatoire est un outil de politique monétaire. Elle agit comme un coussin de sécurité pour garantir la solvabilité des banques commerciales.

En augmentant ou baissant le taux de la réserve obligatoire, la Banque centrale peut restreindre ou libérer la liquidité dans le système bancaire. Actuellement en RDC, les coefficients appliqués à la réserve obligatoire sur les dépôts à vue et à terme en monnaie nationale sont à 12% et 0% respectivement ; et ceux appliqués aux dépôts à vue et à terme en monnaies étrangères sont à 13% et à 12%.

Quant à la réserve obligatoire cristallisée, elle désigne la portion des réserves obligatoires que les banques commerciales n’ont pas respectée sur une période donnée, et qui est retenue ou bloquée par la Banque centrale comme sanction ou pénalité. Concrètement, lorsqu’une banque commerciale ne respecte pas le taux de réserve obligatoire fixé par la banque centrale (ex. : elle dépose moins que le minimum requis), la banque centrale peut « cristalliser » cette différence, c’est-à-dire la figer en tant que passif exigible ou somme non rémunérée, voire sanctionnée.

La cristallisation est une mesure pour sanctionner les banques commerciales non conformes avec leur réserve obligatoire. C’est donc une mesure corrective et dissuasive pour renforcer la discipline bancaire par une contrainte directe sur la trésorerie de la banque fautive.

Amédée Mwarabu

By amedee

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