Au cours du Conseil des ministres du 11 juillet 2025, le VPM en charge de la Fonction Publique, Modernisation de l’Administration et Innovation du Service Public, Jean-Pierre Lihau, a présenté un ’état des lieux du processus de mise à la retraite et proposé un montage financier quant à ce. Il a rappelé que ce processus s’inscrit dans le cadre du sixième engagement du Chef de l’État visant à renforcer l’efficacité des services publics.
La mise à la retraite est ainsi perçue comme un levier stratégique pour rajeunir l’Administration, garantir l’avancement en grade des agents, améliorer la gestion des ressources humaines, assainir le fichier de la paie, et honorer les engagements avec les partenaires internationaux, dont le Fonds Monétaire International (FMI).
« Après la vague de 11.000 départs en 2022, le processus s’est estompé en 2023 et 2024. La signature récente des Ordonnances de mise à la retraite par le Président de la République en faveur des Secrétaires Généraux, Directeurs et Chefs de Divisions, dont le processus de paiement des droits et avantages est en cours, marque la relance de ce processus qui mérite fluidification, le nombre d’agents éligibles ne cessant de croitre, au point d’attendre aujourd’hui plus de 314.000, tout régime confondu », rapporte le compte rendu du Conseil des ministres.
Pour faire face à ce défi, il a proposé au Conseil un plan décennal, articulé autour de deux mécanismes de financement :
- Mécanisme budgétaire classique, consistant à affecter mensuellement 20 milliards CDF au sous-compte dédié ouvert à la Banque Centrale, comme prévu dans la Loi des Finances 2025 ;
- Mécanisme innovant de partenariat avec les banques payeuses, applicable dès 2026, qui permettrait à ces banques d’avancer les indemnités aux retraités, remboursées ensuite par l’État sous forme de mensualités équivalant aux anciennes rémunérations, sans surcoût pour le budget.
A l’en croire, un Protocole d’accord sera ainsi discuté et signé entre l’Etat et les banques payeuses pour définir les modalités pratiques de mise en œuvre.
Ce montage financier, qu’il juge conforme à la Loi sur les finances publiques (article 15 alinéa 3), évite tout recours à l’endettement et s’appuie sur les avancées de la réforme sur la bancarisation de la paie. Il vise à garantir la régularité, la soutenabilité et l’automaticité du processus de retraite, qui est un droit fondamental pour tout Agent, après de loyaux services rendus à la Nation.
Dans cette perspective, une Commission technique interinstitutionnelle sera mise en place pour piloter ce dispositif, incluant les Ministères de la Fonction Publique, du Budget et des Finances, avec la participation de la Présidence, de la Primature et de la CNSSAP, afin d’assurer un équilibre entre les départs à la retraite et la capacité de la Caisse à assurer les pensions.
Par ailleurs, le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction Publique a rappelé que consécutivement à la signature des actes de mise à la retraite, des mesures idoines ont été communiquées aux responsables des services publics afin d’assurer une fin de carrière honorable et apaisée aux agents concernés.
Au nombre de ces mesures, il s’agit notamment de l’obligation de ne pas automatiquement les remplacer dans les fonctions qu’ils exercent tant qu’ils n’ont pas été préalablement notifiés par l’autorité compétente et, de ne pas procéder à leur retrait du fichier de la paie tant qu’ils n’ont pas encore reçu payement des avantages auxquels ils ont légalement droit.
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