Le consortium constitué de trois organismes de référence, CREFDL, CENADEP et The Carter Center, a lancé ce jeudi 22 janvier au Centre Saint Pierre Claver de Kinshasa la plateforme MOKENGELI, érigée comme outil de contrôle citoyen des revenus du secteur extractif en République démocratique du Congo.
MOKENGELI se veut une plateforme de contrôle citoyen de l’utilisation des revenus du secteur extractif en République démocratique du Congo. Elle constitue un outil innovant au service d’une gouvernance transparente, inclusive et participative. Selon ses initiateurs, MOKENGELI est conçue pour renforcer la surveillance citoyenne, faciliter la dénonciation des pratiques de corruption ainsi que des dysfonctionnements liés à la gestion des ressources publiques.
La cérémonie de lancement de la plateforme MOKENGELI s’est effectuée en présence de plusieurs institutions publiques, notamment la Cour des Comptes, le Secrétariat général au Plan, l’ITIE RDC, l’ARMP, l’Inspection générale des Finances ainsi que des organisations de la Société civile. Il y avait aussi des représentants de la Délégation de l’Union européenne en RDC.

Présent à cette cérémonie, le Directeur Pays du Centre Carter, Romain Ravet, a circonscrit cet évènement en ces termes : « Le secteur extractif de la RDC est la colonne vertébrale du développement économique. Ce développement économique est l’affaire de tous les citoyens congolais. C’est donc aussi une mission de la société civile et des partenaires internationaux de la RDC tel que le Centre Carter d’assurer que les citoyens puissent participer dans la gestion de ce secteur. Nous attendons le faire tel que dans des activités comme celle d’aujourd’hui. L’activité d’aujourd’hui prend place sur des résultats de renforcement du contrôle citoyen sur l’accès à l’information des populations. C’est une plateforme nouvelle qui va remplir un rôle qui, aujourd’hui, n’est pas rempli dans la galaxie des interventions au soutien du secteur extractif. Concrètement, c’est une plateforme qui va servir de lieu d’expression des attentes des citoyens. Elle va servir de lieu d’accès à l’information pour les personnes intéressées par le secteur. Elle va servir aussi de pont de collaboration avec les acteurs de contrôle du secteur et avec les différents acteurs intéressés dans une amélioration de la gouvernance de ce secteur ».
Parlant de la spécificité de « MOKENGELI », Romain Ravet a indiqué que cette plateforme ne vient pas dupliquer les modèles déjà existants. Bien au contraire, elle vient prendre le relai de là où les autres se sont arrêtés. « C’est une plateforme qui a été conçue dans une logique de remplir un vide, qui ne cherche pas à dupliquer ce qui est déjà en place qui, au contraire, vient prendre le relai de certaines plateformes qui sont déjà en place et qui fonctionnent assez bien, comme « Makuta ya maendeleo » qui aujourd’hui permet déjà de suivre la collecte de paiement des recettes fiscales par les entreprises dans le secteur extractif. La plateforme MOKENGELI vient un peu prendre le relai, là où la plateforme Makuta s’arrête. Elle va non seulement porter sur la collecte des revenus mais aussi sur leur utilisation. Toujours dans cet objectif de vérifier la courroie de transmission entre la collecte de la valeur dans le secteur extractif et la poursuite de l’intérêt général des populations congolaises.»
Après la présentation du projet par la Consultant, le Coordonnateur de CREFDL, Valérie Madianga, et le directeur Pays du Centre Carter en RDC, Romain Ravet, ont répondu aux questions de l’assistance dont des journalistes de presse nationale.

En centralisant les informations et en offrant un cadre d’échange et de participation, MOKENGELI permet aux citoyens de jouer un rôle actif dans le suivi de l’utilisation des fonds issus du secteur extractif, notamment ceux destinés à la réalisation de projets sociaux.
Dans son fonctionnement, MOKENGELI permet la centralisation des informations par la collecte et l’organisation des données sur les revenus extractifs et leur utilisation dans les projets sociaux ? Cet outil est conçu aussi pour recueillir les dénonciations de manière sécurisée à travers un système anonyme et sécurisé permettant de signaler les irrégularités sans risque pour les citoyens. La plateforme favorise également la participation citoyenne en favorisant l’échange par le dialogue entre citoyens, institutions et organisations de la société civile.
En ce qui concerne les thématiques qui feront l’objet de suivi, il y a :
- Des projets sociaux : Suivi des investissements dans le secteur de l’éducation, la santé et les infrastructures communautaires et autres infrastructures financées par les revenus extractifs;
- Gestion des fonds publics : Surveillance du circuit de gestion des ressources issues du secteur minier et pétrolier;
- Transparence institutionnelle : Publication et de l’accessibilité des informations au grand public.
L’impact recherché par MOKENGELI reste de renforcer le contrôle citoyen d’améliorer la redevabilité, d’assurer l’accès à l’information publique ou encore de garantir la justice et l’équité.
A savoir que la mise en place de MOKENGELI a été rendue possible grâce à un partenariat solide et engagé pour une meilleure gouvernance en RDC. C’est dans ce cadre que l’Union Européenne a apporté l’appui financier nécessaire dans le cadre de son projet « Démocratisation de la gouvernance du secteur extractif en RDC ».

Amédée Mwarabu
