De la thérapie des dialogues à la chirurgie de l’enracinement
PAR JOSE M. BAKIMA
Depuis 1960, l’histoire de la République Démocratique du Congo ressemble à une longue anamnèse médicale où le patient, au lieu de guérir, s’enfonce dans une infection chronique.
De la Table Ronde de Bruxelles aux concertations nationales de Kinshasa, en passant par les accords de Sun City ou de la Saint-Sylvestre, notre classe politique a érigé le « Dialogue » en sport national.
Pourtant, le constat est sanglant : chaque dialogue a été une porte ouverte à l’ingérence, chaque compromis politique une entaille de plus dans notre souveraineté, et chaque « partage du gâteau » une invitation faite aux prédateurs extérieurs — Rwanda, Ouganda et consorts — à venir se servir à notre table.
Le diagnostic est sans appel : notre personnel politique pratique une médecine de surface sur un corps dont les organes vitaux sont en train de nécroser.
Pendant que nos élites se disputent les restes d’un pouvoir désincarné dans les salons climatisés, le territoire saigne. L’infiltration n’est pas un accident ; elle est le résultat logique d’une arythmie institutionnelle. Un État qui ne sait plus dire « Qui suis-je ? » ne peut plus dire
« Qui entre ? ». Lorsque le récit national se résume à pointer du doigt l’agresseur pour masquer sa propre impuissance, l’âme de la Nation est déjà sous occupation.
Nous avons laissé des mains étrangères tenir le scalpel de nos réformes. Nous avons accepté des Constitutions « copier-coller », véritables greffons rejetés par l’organisme social congolais. Le résultat?
Une immunodéficience législative où la trahison est devenue une stratégie de carrière et l’infiltration un mode de gouvernance.
Il est temps de changer de paradigme. Il est temps de passer de la réaction à l’auto-détermination organique.
En tant que chercheur et agronome, je l’affirme : on ne soigne pas une infection par des discours, on la soigne par la restauration du système immunitaire. Ce système, c’est le Réalisme Cosmologique.
Nous devons cesser de mendier la paix à ceux qui profitent de notre guerre.
Nous devons cesser de croire que le salut viendra d’un énième dialogue médiatisé par ceux-là mêmes qui arment nos agresseurs.
La véritable souveraineté commence par le Code Agricole. Car celui qui possède la terre et nourrit le peuple possède le seul levier de puissance que personne ne peut infiltrer.
Enraciner notre État dans le Dikenga et le Nkodia, c’est recréer un « Moi National » si dense que l’agresseur, en tentant de nous pénétrer, s’y brisera les dents.
Congolais, l’heure n’est plus aux lamentations diplomatiques. L’heure est à la Densification.
Ne demandons plus que l’on nous respecte ; devenons si cohérents, si enracinés, si « vortex », que le respect soit la seule option possible pour le reste du monde.
La Terre ne ment jamais. Réveillons le Géant, non par la parole, mais par la Sève.
