Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, s’engage à transformer durablement le secteur minier de la République démocratique du Congo. Appelé par le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya au Spécial Briefing Presse, le jeudi 27 novembre, pour faire la restitution de la mission récemment effectuée dans l’espace Grand Katanga en rapport avec les incidents survenus à Lubumbashi et au Lualaba, Louis Watum a trouvé le moment propice pour décliner sa feuille de route destinée à fixer un nouveau cap au secteur minier Congolais, poumons économique mais aussi bastion de la misère tant des populations riveraines que des creuseurs artisanaux.

Dès l’entame de son propos, le ministre des Mines a décliné quelques priorités : le renforcement de la bonne gouvernance, la traçabilité des minerais exploités, la lutte contre la fraude minière, l’encadrement de l’artisanat minier, intégrer les communautés locales dans la chaîne économique, actionner l’exploration géologique avec des experts Congolais, faciliter l’actionnariat des Congolais dans l’industrie minière. Bref, Louis Watum entend défendre désormais un modèle où les richesses profitent réellement aux populations locales, om les miniers industriels travaillent en toute transparence, dans l’ultime but d’un développement durable inclusif en RDC.

En ce qui concerne, les accidents d’éboulement au Lualaba qu’il a qualifié de tragédie humaine au cœur de l’exploitation artisanale, il a déploré la mort de « nos enfants ». « Ce sont nos enfants qui meurent, nos propres fils », a-t-il déclaré avec peine car les victimes étaient âgées de 15 à 35 ans. Il a également visité plusieurs blessés, dont certains dans un état critique.

Au bout de cette ronde des visites du site minier qui a vu le drame, des hôpitaux hébergeant les blessés, en attendant les résultats de l’enquête, il a conclu que les responsabilités sont multiples. Elles vont de l’encadrement insuffisant par des structures habilitées au laisser-faire administratif en passant par les réseaux opaques d’acheteurs, les pratiques dangereuses de la fraude minière.

Pour Louis Watum, aucune instance impliquée ne sera épargnée par l’enquête, des poursuites judiciaires seront engagées avec l’appui du ministère de la Justice. Car, soutient-il« On ne peut pas continuer à pleurer nos enfants à cause de la corruption et de l’indifférence ».

Dans le souci de mettre fin à cette tragédie humaine répétitive quasiment chaque année,  Louis Watum propose l’organisation et la formalisation des coopératives, la formation professionnelle des creuseurs pour offrir des alternatives à ceux qui souhaitent sortir de l’exploitation artisanale, le soutien technique via le ministère de la Formation professionnelle, l’extension des zones d’exploitation artisanale légales.

Toutefois, le ministre des Mines a dénoncé les  réseaux d’intermédiaires étrangers, notamment Libanais, Chinois, Indiens, qui corrompent et exploitent les creuseurs Congolais.

Dans son adresse, le ministre a insisté sur la nécessité de faire participer les Congolais aux bénéfices du secteur minier en RDC. « Il est temps que les Congolais deviennent actionnaires dans les mines », a-t-il martelé. Des réformes sont prévues dans les tout prochains jours pour permettre une prise de participation nationale dans les grands projets miniers, jusque-là dominés par des capitaux étrangers.

Amédée Mwarabu

By amedee

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