Depuis son avènement à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC), le Gouverneur André Wameso s’est fixé comme objectif de redonner la confiance des Congolais dans leur monnaie nationale. A l’analyse des chiffres de la BCC, les dépôts bancaires (l’épargne) en monnaie nationale est restée stationnaire depuis le mois d’octobre 2025 autour de 12% en moyenne contre 87,6% pours les dépôts bancaires en dollars américains, en dépit du fait qu’une appréciation tangible de la monnaie nationale s’est observée durant la même période passant de 2850 FC le dollar américain à 2.225 FC le dollar. Comme quoi, les Congolais continuent d’épargner plus en devise américaine que dans le franc congolais, selon les propres données de la BCC entre octobre 2025 et janvier 2026.
L’encours global des dépôts bancaires a enregistré une hausse mensuelle de 4,03 %, s’établissant à 16.923,54 millions USD à fin janvier 2026. En variation annuelle, il s’est dégagé un accroissement 13,2 %, dû principalement à l’augmentation des dépôts en dollars américains des ménages ainsi que des entreprises publiques et privées.
Les dépôts en monnaie nationale ont connu une baisse de 3,4 % et ceux en devises se sont légèrement accrus de 0,46 %. La structure de l’épargne demeure largement dollarisée, les devises étrangères représentant 87,6 % du total des dépôts.
Au 30 janvier 2026, la part des dépôts effectués en monnaie nationale a même ralenti, s’établissant à 12,39 % contre 12,82 % au 30 décembre 2025.

La composition des dépôts auprès des banques restent largement dominés par les ménages et les entreprises privées. Ils représentent respectivement 34,8 % et 34,0 %. Quant à la répartition par espace géographique, il s’observe une forte concentration des dépôts bancaires à Kinshasa (65,2 %) et le Haut-Katanga (22,9 %). Ces deux provinces sont suivies du Lualaba (4,0 %) et du Nord-Kivu (2,7 %).
Sur le plan sectoriel, les dépôts proviennent essentiellement des autres secteurs hors administration publique (39,2 %), du commerce (21,7 %) et de l’industrie extractive (14,5 %).

A fin décembre 2025, les crédits bruts se sont chiffrés à 10.266,3 millions de USD, soit une hausse de 2,5 % par rapport au mois précédent. Comparativement à fin décembre 2024, il s’observe un accroissement de 20,2 %. Cette situation s’explique essentiellement par l’augmentation des crédits accordés aux PME et aux administrations publiques centrales.
S’agissant de la ventilation par monnaie, les crédits libellés en devises ont enregistré une hausse de 2,5 % alors que ceux en monnaie nationale, ont connu une baisse de 1,7 %.
Pour rappel, en 2024, les crédits bancaires avaient enregistré une croissance de 17,3 %, soutenue par l’augmentation des financements accordés aux entreprises privées, aux ménages et à l’administration centrale. Leur répartition géographique reflétait une concentration à Kinshasa (47,5 %), au Haut-Katanga (35,7 %), au Lualaba (9,6 %) et au NordKivu (2,6 %).
Sur le plan sectoriel, les crédits étaient dominés par l’industrie extractive (35,4 %) et les autres services hors administration publique (27,1 %).
Amédée Mwarabu
