Le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a présenté au Conseil du vendredi 15 novembre, une note d’information relative à l’état du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda (FRIVAO), les enjeux et les recommandations suite à la mission de Kisangani effectuée du 06 au 10 novembre 2025.
Cette mission de terrain, a-t-il expliqué, a mis en évidence une attente forte et légitime d’indemnisation immédiate et la volonté des populations de voir reprendre rapidement les activités du FRIVAO.
Cependant, plusieurs obstacles compromettent cette reprise : le détournement des fonds destinés aux victimes ; la politisation de la structure et du processus ; la pratique des rétro-commissions sur les fonds alloués ; l’introduction de fausses victimes et de victimes fictives dans la base de données ; la corruption et conflits ouverts entre associations des victimes.
Face à cette situation, une réforme en profondeur et immédiate est impérative. Il a été présenté les propositions qui visent à restructurer, à assainir et à relancer le FRIVAO sur des bases saines, transparentes et axées sur sa mission première : la justice et la réparation pour les victimes.
Ces mesures correctives prévoient de :
– Diligenter un audit financier et organisationnel approfondi, dans les plus brefs délais, à confier à un cabinet d’audit international indépendant, pour établir l’étendue des détournements, identifier les responsables et évaluer l’intégrité de la base de données ;
– Restructurer la gestion mettant en place une équipe de gestion intérimaire
indépendante, composée de représentants de la société civile, du Gouvernement (Justice et Finances), des représentants des Associations des victimes et d’experts en gestion de projets, pour superviser la période de transition et renforcer la gouvernance et le contrôle interne ;
– Restructurer le dispositif financier et de paiement en instituant un système de paiement direct et traçable aux victimes, via des virements bancaires ou des services mobiles money, éliminant les intermédiaires et réduisant les risques de rétro-commissions, ainsi qu’en rendant obligatoire la publication trimestrielle en ligne de tous les budgets, dépenses et listes des bénéficiaires (anonymisés pour respect de la vie privée, mais vérifiables par les auditeurs).
Le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux a souligné que le redressement de la FRIVAO n’est pas seulement une question technique, c’est un impératif moral et une condition essentielle pour la cohésion nationale et la crédibilité des Institutions.
La mise en œuvre résolue de ces mesures démontrera la volonté inébranlable de l’Etat de corriger les erreurs, de sanctionner les fautes et, enfin, de rendre justice aux véritables victimes qui ont tant souffert.
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