Le Centre de recherche de YangambiLe Centre de recherche de Yangambi

La ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna , a alerté le Gouvernement, lors du Conseil du 30 janvier 2026, sur la spoliation des concessions de l’Institut National pour l’Etude et la Recherche Agronomique (INERA)  à KIPOPO et YANGAMBI dans la province de la Tshopo.

A ce sujet, il a été alerté que le patrimoine scientifique de l’INERA, pilier de la biodiversité nationale, est aujourd’hui en état de siège. Ce constat est alarmant fait état :

  • (i) de spoliation massive de plus de 700 hectares qui ont été illégalement soustraits pour chacun de ces sites,
  • (ii) de violence et torture dont font l’objet les chercheurs et agents de l’INERA de la part des « prédateurs » identifiés, et
  • (iii) de l’implication de certains hauts gradés des FARDC, de la Police Nationale qui font preuve de complicités.

Face à cette situation, la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations a sollicité du Conseil la mise en place d’une Commission Interministérielle de crise, coordonnée par la Primature et impliquant les Ministères régaliens (Défense, Intérieur, Justice, Mines, Affaires Foncières, Urbanisme) avec pour missions prioritaires :

  • – La suspension immédiate de toute transaction foncière et l’annulation de plein droit de tous les certificats d’enregistrement émis frauduleusement sur ces sites ;
  •  – La notification de déguerpissement sans délai pour les occupants et de démolition des constructions anarchiques érigées sur les parcelles expérimentales stratégiques ;
  • – Le bornage et la délimitation physique ;
  • – L’audit scientifique pour évaluer l’ampleur des dégâts sur les essais chronologiques ;
  • – Le déclenchement de poursuites administratives et judiciaires (pénales) contre toutes les personnalités impliquées dans la spoliation et la destruction du patrimoine de l’INERA.

A savoir que de 1933 à 1962, Yangambi abritait le siège en Afrique du centre de recherche le plus important du continent pour l’étude de l’agriculture et de la foresterie tropicales : l’Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge (INEAC).  Les installations de premier ordre de l’INEAC comprenaient une bibliothèque très fournie comportant 25 000 ouvrages ; l’herbier le plus étoffé d’Afrique centrale avec 125 000 spécimens ; des parcelles expérimentales d’hévéas, de palmiers à huile, de bananiers et de caféiers ; ainsi que des laboratoires dédiés à la climatologie, à la pédologie, à la pathologie végétale et à l’entomologie. À son apogée, Yangambi était une vraie ruche avec environ 700 scientifiques et techniciens spécialistes de l’abondante biodiversité de l’Afrique centrale.

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By amedee

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