Pierre Louis BONDOKO (avec le micro), animant la conférence de pressePierre Louis BONDOKO (avec le micro), animant la conférence de presse

Intitulé « Kinshasa : crise urbaine et fragilités de gouvernance », ce rapport d’enquête « stratégique » initiée par l’Agence d’intelligence économique (AIE) est catégorique : « la crise de Kinshasa est avant tout une crise de gouvernance et le leadership du gouverneur Daniel Bumba Lubaki y apparaît comme profondément limité ». Cette enquête, menée entre octobre 2025 à mars 2026, a diagnostiqué tous les paramètres de la gouvernance de la capitale congolaise et a pointé toutes les défaillances. Des inondations récurrentes à la dégradation des routes urbaines en passant par l’insalubrité, Pierre Louis Bondoko, le Directeur général de l’agence d’intelligence économique, est convaincu, sur base des résultats de son enquête, que « Kinshasa ezo kufa » contrairement à l’ambition du Gouverneur Daniel Bumba. Dès lors, l’auteur de l’enquête appelle le président de la publique à trouver « l’oiseau rare » qui pourra relever les défis de développement de Kinshasa et réaliser sa vision dans la capitale congolaise.

L’Agence d’intelligence économique (AIE) a présenté, le lundi 9 mars à l’hôtel Rotana de Kinshasa, les conclusions de son enquête couchée dans un rapport intitulé « Kinshasa : crise urbaine et fragilités de gouvernance ». C’est un rapport de plus de cinq mille pages reprenant les conclusions d’une enquête menée dans la capitale congolaise entre octobre 2025 et mars 2026.

Certes ces enquêteurs reconnaissent que Kinshasa fait l’objet des pressions  de plusieurs types notamment d’ordre démographique dépassant largement la capacité de ses ressources, cependant l’agence d’intelligence économique révèle que cette situation ne résulte pas seulement de contraintes techniques ou climatiques, mais de dysfonctionnements structurels et institutionnels.

« La gestion de la ville par l’Exécutif provincial, dirigé par Daniel Bumba Lubaki, apparaît de plus en plus comme incapable de transformer ressources, budget et expertise en résultats tangibles pour la population, creusant un fossé entre promesses publiques et réalités vécues », note le rapport présenté aux journalistes.

L’AIE constate que le leadership provincial de Kinshasa est caractérisé par une coordination insuffisante, des chevauchements de compétences et une faible anticipation des risques notamment face aux inondations.

Les inondations récurrentes constituent aujourd’hui un révélateur des faiblesses du leadership provincial : Urbanisation anarchique  malgré les réglementations existantes; Obstruction des canaux de drainage  doublé de l’entretien préventif absent; Suivi insuffisant des infrastructures du fait que le Gouverneur n’a pas instauré de mécanismes de contrôle post-exécution efficaces ; Absence de planification préventive dans les zones critiques qui ne sont ni cartographiées ni priorisées pour l’entretien, laissant les populations exposées, fait remarquer cette enquête.

« Chaque nouvelle inondation expose l’incapacité de l’exécutif provincial à anticiper les risques et à protéger les citoyens, sapant progressivement la crédibilité et le prestige du Gouverneur ».

Pour Pierre Louis Bondoko, tant que le pilotage stratégique, la coordination interservices et la planification urbaine ne seront pas renforcés, chaque saison de pluie continuera de rappeler une réalité incontournable : « la crise de Kinshasa est avant tout une crise de gouvernance et le leadership du gouverneur Daniel Bumba Lubaki y apparaît comme profondément limité ».

Au président de la République de dénicher l’oiseau rare capable de relever les défis de Kinshasa

Avant de conclure la conférence de presse, le DG de l’AIE a interpellé aussi bien le bureau de l’assemblée provinciale de Kinshasa qui est censé contrôler la gestion de la ville de Kinshasa ; la Première ministre Judith Suminwa, en tant que chef du Gouvernement, qui met des moyens à la disposition de la ville province sans résultats concrets ; mais aussi le président de la République, Félix Tshisekedi, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions de la République.

« Nous ne croyons pas que si Kinshasa  continue d’être dirigée de cette façon, les Kinois seront satisfaits des résultats du mandat du président de la République. J’interpelle son Excellence Monsieur le Président de la République. Je sais que sa volonté à améliorer les conditions de vie des Congolais et Congolaises reste intacte, depuis qu’il a annoncé cela lors de sa prestation de serment au premier mandat. Il s’est fait que les collaborateurs du Chef de l’État n’avaient pas transmis fidèlement, en son temps, le contexte dans lequel nous nous trouvions, lorsque Daniel Bumba avait été élu. Ces collaborateurs du chef de l’État n’avaient pas compris qu’il fallait trouver quelqu’un d’apte, de dynamique et de compétent pour conduire la ville de Kinshasa. Je sais qu’au moment où je suis en train de parler, le président de la République a déjà déniché l’oiseau rare qui sera capable de relever les défis de la ville de Kinshasa pour son développement et réaliser sa vision pour la capitale. Il est temps aujourd’hui pour le président de la République de nous débarrasser, pour la ville de Kinshasa, de monsieur Daniel Bumba Lubaki », a déclaré Pierre Louis Bondoko.

Tout aussi, ce rapport soutient-il que la crise urbaine est amplifiée par des faiblesses structurelles directement liées à la gouvernance provinciale  par : une planification urbaine déficiente ;  une régulation foncière faible occasionnant des constructions illégales dans les zones inondables ; une fragmentation institutionnelle suite à l’absence de mécanismes de coordination permanents entre urbanisme, assainissement et voirie ; un suivi des marchés publics limité qui fait que les travaux sont souvent suspendus ou mal contrôlés, entraînant des gaspillages de ressources publiques ; une gouvernance budgétaire réactive qui fait que le potentiel fiscal de la ville n’est pas exploité pour des investissements durables.

Ces faiblesses structurales, a indiqué l’AIE, font de Kinshasa un laboratoire vivant des limites du leadership provincial, où chaque crise met en lumière les insuffisances de gestion, de coordination et de planification.

Dès lors, l’Agence d’intelligence économique estime que Kinshasa est à un tournant où les ressources existent, mais leur mobilisation stratégique est déficiente. « Le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki apparaît incapable de transformer le potentiel fiscal, technique et humain en résultats tangibles, creusant l’écart entre promesses, annonces et impacts réels ».

Amédée Mwarabu

 

By amedee

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