Les financements des partenaires extérieurs ne sont pas remis au Gouvernement de la République démocratique du Congo dans la riposte contre l’épidémie Ebola à virus Bundibugyo, déclarée depuis le 15 mai 2026, a indiqué le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, lors du Special Briefing Presse, organisé le mardi 18 août 2026, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et de la Ministre de L’éducation nationale, Raïssa Malou.

« De tous les partenaires qui sont sur le terrain, je ne veux pas citer leurs noms, c’est l’État (congolais ) qui paie le mieux. Le président de la République a beaucoup insisté sur la coordination. Je vous donne un exemple. Il y a deux semaines, on apprend que des chauffeurs employés par Africa CDC veulent faire grève. Chaque partenaire emploie des gens et fixe ce qu’il doit payer. Nous nous battons depuis le début pour un seul coût, une seule coordination et un seul budget. Nous nous battons tous les jours avec nos collègues partenaires pour qu’ils s’alignent. Le président de la République nous a réuni et a exigé un budget harmonisé, des rémunérations harmonisées. Pour que chacun ne paie pas dans son coin. Ce qu’on a décidé. Et c’est que j’ai dis aux partenaires « Je ne veux plus que nos partenaires paient nos compatriotes ». Je veux que ça soit le gouvernement qui paie. Et nous avons établi le budget », a déclaré le ministre de la Santé Samuel Roger Kamba, parlant de financement de la riposte, avant de révéler : « Nous avons commencé à payer mais nous avons une difficulté. Les gens essaient toujours de tricher. Nous avons payé la semaine passée plus de mille personnes mais 15 à 20 pour cent dont des fictifs…Onba décider d’enregistrer de manière biométrique tout le monde. Un Centre qui nous dit, nous avons 240 personnes. Nous disons ok. Nous envoyons une équipe sur place. L’équipe reste pendant 48 heures et n’enregistre que 40 personnes. Avec toutes ces manipulations, il y aura des personnes pour crier nous ne sommes pas payés. Ce n’est pas un problème d’argent. Nous avons l’argent. Il y a beaucoup de manipulations sur place. Il y a beaucoup de tricheries sur place. Il y a beaucoup de gens qui essaient, chacun de faire, Ebola business. Les gens se disent il y a l’argent. On entend des sommes incroyables ».

A en croire le ministre de la Santé, désormais il y un barème unique auquel le gouvernement et les partenaires engagés doivent mettre en pratique en ce qui concerne les différentes rémunérations.

« Nous avons décidé d’harmoniser. Tous les médecins de l’Ituri sont alignés à la prime de risque. Celui qui avait la prime de risque, il la garde. Celui qui n’en avait pas, il l’en a maintenant. Et tous, ils ont maintenant la prime complémentaire Ebola, même prime, catégorie par catégorie, médecins, infirmiers jusqu’au niveau des relais communautaires. Pour les relais communautaires, il y a des partenaires qui payaient 1 dollar, 2 dollars par relais communautaire, par jour. Je dis aux partenaires que dans notre pays, le SMIG est à 130 dollars. Je ne peux pas payer quelqu’un moins que le SMIG. Donc, les relais communautaires sont à 150 dollars. Je l’ai dit aux partenaires, si vous n’avez pas l’argent c’est pas grave, laissez nous payer. Si vous avez l’argent, rajoutez pour que nous payions plus de monde. C’est aussi simple que ça. Donc, nous avons pris cette décision là. A la réunion, hier, avec la Première ministre, nous avons présenté tous ces tableaux de ces barèmes. Tout le monde est logé à la même enseigne », a expliqué Samuel Roger Kamba.

Vaccination des prestataires avec le vaccin Zaïre 

Pour autant, une des informations importantes annoncées par le ministre de la Santé au cours de ce Briefing a été le lancement, dès la semaine prochaine, de la vaccination des prestataires de santé avec le vaccin Zaïre. Cette décision a été prise à la suite du constat que les personnes vaccinés avec le vaccin Zaïre n’ont pas été durement affectées par Bundibugyo ou ont développé seulement des légers symptômes. Ainsi, 2.000 doses du vaccins Zaïre ont été disponibilisés pour cette opération qui concerne principalement les prestataires de santé.

Le bilan après trois mois de riposte

Le ministre de la Santé a dressé un bilan macabre tout de même après trois mois de riposte contre Bundibugyo en RDC : plus de 2378 décès, plus de 5.021 cas confirmés, un taux de létalité global de 47,4 %, 751 patients en isolement dans les hôpitaux, 1.061 personnes guéries, un taux global de suivi des contacts de 82,2 %.

L’épidémie se concentre dans la province de l’Ituri avec plus de 85% des cas. 30 % des zones de santé sont touchées alors que 8 % des aires de santé sont concernées, a indiqué Roger Kamba.

Par ailleurs, le ministre de la Santé a lancé un appel à la communauté pour se faire diagnostiquer dans les centres de santé en cas de symptômes : maux de tête, diarrhée, vomissements. Il a déploré que près de la moitié des lits dans les centres d’isolement n’est pas occupée alors que des malades se trouverait dans les communautés.

Amédée Mwarabu

By amedee

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