Ce n’est plus la société d’Etat de la RDC SNCC qui va exploiter la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania mais plutôt la firme portugaise Mota-Engil Africa, amenée par le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço lui-même pour la signature du contrat de concession. Cette ligne ferroviaire, longue de 1.004 Km, part de Sakania, à la frontière entre la RDC et la Zambie, passe par Lubumbashi, puis Likasi et Kolwezi jusqu’à Dilolo, à la frontière entre la RDC et l’Angola. Selon le contrat de concession signé en présence du président Félix Tshisekedi, pendant 30 ans, la SNCC (Société nationale des chemins de fer) n’aura droit qu’à 7,5% du chiffre d’affaires qui sera réalisé par Mota-Engil Africa. Cette firme portugaise aura le monopole de transporter la totalité des minerais produits dans la région. En 2025, la RDC a produit plus de 3,4 millions de tonnes de cuivre non sans compter le cobalt, le zinc et bien d’autres substances minérales comme le germanium prisées actuellement par l’industrie mondiale. La SNCC, fleuron des chemins de fer en RDC depuis l’époque coloniale, vient de perdre ainsi son corridor ferroviaire le plus rentable de son patrimoine. Autant dire que Kinshasa, avec un budget de 21,9 milliards USD en 2026, a manqué 1,2 milliard USD pour garder le monopole d’exploitation de cette ligne ferroviaire stratégique, surtout en ce moment où les minerais critiques produits dans le Katanga connaissent une forte demande du fait des besoins de la transition énergétique.
Voici comment la Presse présidentielle de la RDC a relaté cette signature du contrat de concession en présence des présidents Félix Tshisekedi et João Manuel Gonçalves Lourenço.
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu, ce mercredi 26 août 2026, à la Cité de l’Union africaine, son homologue angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, arrivé plus tôt dans la matinée pour une visite de travail. Accompagné de la Première Dame Ana Afonso Dias Lourenço, le Président angolais a été accueilli à l’aéroport international de N’djili par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo.
Les deux Chefs d’État ont eu un entretien en tête-à-tête, élargi par la suite à leurs délégations respectives. Leurs échanges ont porté sur la coopération bilatérale, la situation politique et sécuritaire dans la région ainsi que sur l’accélération des projets structurants convenus entre Kinshasa et Luanda.
Les Présidents Félix Tshisekedi et João Lourenço ont également examiné la coopération dans les secteurs des hydrocarbures et de l’électricité. Ils ont convenu de donner une nouvelle impulsion à l’opérationnalisation de la Zone d’intérêt commun, à l’approvisionnement de la RDC par la SONANGOL et aux projets d’interconnexion électrique entre les deux pays.
À l’issue de leurs entretiens, les deux dirigeants ont assisté à la signature du contrat de concession relatif à la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania entre l’État congolais et Mota-Engil Africa.

Cette ligne de 1 004,5 kilomètres dessert notamment Kolwezi, Tenke et Lubumbashi avant de rejoindre le réseau angolais conduisant au port de Lobito, sur l’océan Atlantique. Sa réhabilitation, sa modernisation, son extension, son exploitation et sa maintenance nécessiteront un investissement indicatif de près de 1,258 milliard de dollars américains.
La concession est prévue pour une période d’exploitation de 30 ans. Au terme de celle-ci, les infrastructures seront transférées à l’État congolais conformément aux dispositions du contrat.
La République démocratique du Congo détiendra une participation d’au moins 10 % dans la société chargée du projet et percevra une redevance équivalant à 7,5 % de son chiffre d’affaires annuel brut. Le financement du projet et les risques liés au trafic seront assumés par le concessionnaire, sans garantie souveraine, subvention d’exploitation ni garantie de revenu minimum à la charge de l’État.
La Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) conservera l’exclusivité du transport des voyageurs ainsi que son droit de transporter des marchandises. La ligne restera également accessible aux opérateurs qualifiés dans des conditions transparentes, équitables et non discriminatoires.

Au cours du point de presse conjoint qui a suivi la cérémonie, le Président Félix Tshisekedi a assuré que les intérêts de la RDC avaient été préservés et que ce contrat n’entraînait ni la privatisation de la SNCC ni la création d’un monopole ferroviaire.
« Notre ambition n’est pas de construire un simple corridor d’évacuation des matières premières. Nous voulons bâtir un corridor de production, de transformation et de création de valeur », a déclaré le Chef de l’État.
Le projet devra notamment favoriser la création d’emplois, la formation de la jeunesse, le recours aux entreprises locales, le transfert des technologies et la réduction des coûts logistiques. Il permettra de transporter les minerais, les produits agricoles, les intrants industriels, les hydrocarbures, les biens de consommation et les voyageurs.
Les deux Chefs d’État ont, par ailleurs, convenu de travailler à une interconnexion ferroviaire fluide et sécurisée entre Sakania, Lubumbashi, Kolwezi, Dilolo, Luau et le port de Lobito. Un mécanisme conjoint de suivi sera institué pour veiller à l’harmonisation des opérations ferroviaires, à la coordination de la maintenance, à la transparence des tarifs et à l’amélioration du passage frontalier de Dilolo–Luau.
« La signature intervenue aujourd’hui n’est pas un aboutissement. Elle marque le commencement d’une responsabilité commune », a indiqué le Président Félix Tshisekedi, appelant les différentes parties à traduire les engagements pris en résultats concrets.
Cette visite de travail marque une nouvelle avancée dans les relations entre la RDC et l’Angola, déterminés à faire du Corridor de Lobito un levier d’intégration régionale, d’industrialisation et de prospérité partagée.
Finances & Entreprises

