Dixième tribune de Tite Liongi expert en suivi-évaluation.

Le secteur numérique mondial génère environ 4 % des émissions de gaz à effet de serre et consomme près de 10 % de l’électricité mondiale. L’essor rapide de l’intelligence artificielle générative et des centres de données accélère cette demande en énergie, créant une forte pression sur les réseaux électriques et incitant parfois à prolonger l’usage d’énergies fossiles. La République Démocratique du Congo (RDC), pays de Lumumba fait face à un grand paradoxe : « elle possède un potentiel hydroélectrique immense, mais moins de 20 % de sa population a accès à l’électricité’. À l’heure de la révolution numérique et des ambitions de digitalisation, cette crise d’énergie bloque l’essor des services technologiques, des centres de données et de l’économie connectée. Le fossé entre le numérique et l’énergie affiche un taux d’accès très bas, notamment moins de10 % à 20 % de la population a accès au courant, et le taux chute sous les 1 % en zones rurales.

L’instabilité de la présence du réseau de la SNEL caractérisé par des pannes fréquentes et d’un manque d’entretien handicape l’émergence de ce secteur.

L’absence d’une électricité est un frein quant à la transformation digitale, notamment par l’absence de bases solides pour faire tourner des serveurs ou des centres de données, qui demande une énergie continue et massive que le réseau actuel ne peut garantir.

On assiste à des fissures géographiques des zones intérieures du pays qui restent coupées des innovations numériques faute de lignes électriques et de réseaux de télécommunication.

L’accès à Internet repose presque uniquement sur le téléphone mobile, ce qui limite les usages professionnels lourds et l’industrie numérique.

Le grand défi…

Le pays subit pourtant une fracture électrique interne majeure, transformant ses ambitions technologiques en un défi de survie des infrastructures de télécommunications. Les réseaux de télécoms et les tours relais cellulaires fonctionnent souvent au diesel, alourdissant les coûts d’exploitation et limitant la fiabilité du web. Les centres de données et les réseaux de transmission exigent une alimentation électrique continue (24h/24), que le réseau historique ne peut garantir seul.

Pistes de solution, à un recours au Micro-réseaux solaires…

L’incapacité de la SNEL à fournir un service à la consommation du produit « électricité à la population pousse cette dernière à développer de petites unités solaires locales pour contourner la lenteur du déploiement d’un grand réseau national unifié. Dans la perspective du développement du pays, l’implication d’investisseurs privés dans les énergies renouvelables est vitale pour alimenter les zones non desservies. Dans une gouvernance axée vers le résultat, la stratégie numérique contenu dans le Plan National du Numérique doit lier directement la modernisation informatique à la construction de sources d’énergie fiables.

Des perspectives sur le potentiel du site d’Inga 

Le projet hydroélectrique du Grand Inga en République démocratique du Congo, avec un potentiel prévu de 40 000 à 44 000 MW, offre une source massive d’énergie propre et stable. Il peut alimenter des centres de données (data centers) écologiques et bas coût pour répondre aux besoins croissants du stockage de données et de l’intelligence artificielle.

Ainsi la forte puissance du site permet de faire fonctionner de grands parcs de serveurs informatiques.

Grand Inga, un site d’exception…

L’hydroélectricité d’Inga offre un coût de production parmi les plus bas du continent, rendant le calcul informatique abordable par le refroidissement naturel.

La proximité immédiate du puissant fleuve Congo facilite les solutions de refroidissement pour les équipements. À cette particularité, la transition et la souveraineté numérique du courant du grand Inga dont la phase première dite Inga 3 basse chute va produire une énergie verte à l’usage d’une source 100 % décarbonée réduisant l’empreinte carbone des technologies numériques en plein essor.

Avantage sur l’ancrage local à partir du Grand Inga…

Le service du grand inga va permettre d’héberger les données africaines directement sur le continent plutôt qu’à l’étranger. Il va stimuler le déploiement de réseaux de fibre optique et d’infrastructures connectées de grande capacité.

Conclusion

La responsabilité du gouvernement congolais de doter la République démocratique du Congo (RDC) d’infrastructures modernes est un impératif de souveraineté, de désenclavement et de croissance économique. Face à un immense déficit hérité de l’histoire, l’exécutif doit structurer de grands chantiers énergétiques à travers le pays.

Stimuler la révolution énergétique du site d’Inga est une obligation vitale pour faire passer la RDC du statut de simple exportateur de matières premières à celui de puissance numérique. L’accès à une hydroélectricité abondante, propre et compétitive constitue le socle indispensable pour alimenter les futurs centres de données (data centers), sécuriser les réseaux de télécommunications et industrialiser l’économie numérique nationale.

By amedee

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