C’est une liste restreinte qui comprend des permis miniers de manganèse, d’or et de cassitérite de Kisenge. On y trouve aussi le projet de cuivre-cobalt Mutoshi et l’entreprise de traitement du germanium de Gecamines, les quatre permis aurifères de Sokimo, les permis de lithium de Cominière mais aussi des actifs de coltan, d’or et de wolframite de Sakima, selon une dépêche de l’agence Reuters.
Citant deux hauts responsables Congolais comme sources de ces informations, Reuters note que la RDC proposera aux investisseurs américains les actifs détenus par les entreprises publiques qui ne sont pas déjà engagés dans le cadre de cessions d’actifs ou de coentreprises. Une de ces sources a soutenu que tout était fait dans le respect des lois congolaises.
Signé le 4 décembre 2025 à Washington, l’accord de partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis d’Amérique laissait 30 jours à Kinshasa pour proposer une liste des projets éligibles à soumettre pour d’éventuels contrats d’exploitations avec les firmes américaines et les entités affiliées à l’Oncle Sam.
En transmettant cette liste des projets d’affaires à la partie américaine depuis la semaine passée, la RDC fait ainsi une offre la plus directe jamais soumise par Kinshasa à Washington, permettant ainsi aux investisseurs américains de l’évaluer. Ces responsables Congolais ayant requis l’anonymat, a précisé Reuters, n’étant pas autorisés à s’exprimer publiquement sur le sujet. Il en est de même du gouvernement congolais et du département d’État américain qui n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat, selon la même source.
Depuis son avènement à la Maison Blanche, Donald Trump veut sécuriser les chaines d’approvisionnement des minerais jugés critiques pour l’industrie américaine. L’on sait que Pékin a une longueur d’avance sur Washington dans ce domaine étant donné que plusieurs entreprises chinoises contrôlent les industries d’exploitations du cobalt, du cuivre voire du manganèse en République démocratique du Congo depuis plus de vingt ans maintenant. Bien plus, c’est la Chine qui raffine l’essentiel des minerais critique dans le monde, en l’occurrence les terres rares, le cuivre, le cobalt ou encore le lithium.
Pour Kinshasa, cet accord stratégique avec les USA est une opportunité à diversifier ses partenariats mais surtout à attirer de nouveaux investissements dont le pays a immensément besoin tant pour faire face au chômage de masse qui sévit en RDC que pour en tirer des bénéfices inhérents à la diversification de son économie par la transformation locale des minerais produits. Tout aussi, ce partenariat stratégique RDC-USA est-il attendu pour pacifier la région de l’Est de la RDC, objet des conflits armés depuis plus de trois décennies. La mise en œuvre de l’Accord stratégique RDC-USA est conditionnée par la pacification de cette région. Ce qui sera nécessaire pour l’implantation des firmes américaines. Selon le Gouvernement de la RDC, plus de 200 milliards USD d’investissements américains sont attendus avec cet accord de partenariat stratégique entériné par les présidents de la RDC Félix Tshisekedi et des USA Donald Trump.
Amédée Mwarabu

