Dans le cadre de l’initiative « Améliorer la gouvernance financière en RDC », portée par Le Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV), le Centre des recherches en finances publiques et développement local (CREFDL) a organisé, le mercredi 25 février à la Résidence Saint Pierre Claver de Kinshasa, un Atelier de renforcement des renforcement des capacités techniques et de partage d’expériences sur la recherche, l’analyse des données et reporting sur les dossiers de gouvernance financière, au profit des ONG membres du CNPAV engagées dans la lutte contre la corruption et des médias partenaires.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre des actions de CREFDL en faveur de participation citoyenne dans la gestion des finances publiques, étant entendu que l’impact d’une société civile forte repose sur les compétences de ses membres.
L’objectif poursuivi était de doter les membres de la Coalition CNPAV d’outils d’analyse pointus pour assurer une veille citoyenne efficace sur les finances publiques de la RDC.
A travers deux exposés, l’un portant sur « La conduite d’une mission de contrôle des politiques publiques : procédure à suivre » et l’autre sur la « Technique de sondage d’opinion : Méthode à suivre », les ONG membres de la Coalition CNPAV ont été formés dans la maitrise des outils de contrôle citoyen afin de s’approprier les méthodes préexistantes, en l’occurrence celle du Centre Carter, pour surveiller l’exécution budgétaire et la traçabilité des recettes.

Cet atelier de formation a permis également de renforcer l’analyse technique des membres dans l’optique de développer les compétences pointues en gestion des Finances publiques pour passer d’une observation superficielle à une critique technique rigoureuse.
Ces travaux ont été mis à profit pour standardiser le suivi budgétaire, harmoniser les grilles d’analyse entre les membres du CNPAV et les réseaux partenaires pour produire des rapports consolidés au niveau national.
Exposant la thématique sur « La conduite d’une mission de contrôle des politiques publiques : procédure à suivre » , Valéry Madianga, Coordonnateur de CREFDL a expliqué aux participants que le contrôle citoyen rentre dans le cadre du partenariat qui doit exister entre la Société civile et le pouvoir public dans la gestion des finances publiques. Il a insisté que le Budget de l’Etat est public. Dès lors, la Société civile a pleinement le droit de savoir comment il est élaboré et comment il est exécuté afin de donner ses évaluations tant sur les marché publics que sur les contrats de partenariat public privé.
Pour Valéry Madianga, la participation citoyenne vise soit à améliorer la gestion publique, soit à transformer les rapports sociaux ou encore à étendre la démocratie à travers l’apprentissage de l’exercice de la citoyenneté.
Ainsi, le panéliste a donné tout l’arsenal juridique qui encadre la gouvernance financière en République démocratique du Congo et autorise la participation citoyenne dans le contrôle des finances publiques. Partant de la Loi sur les Finances publiques (La LOFIP) du 13 juillet 2011 et le Manuel des procédures et du circuit de la dépenses publique au Décret du 14 octobre 2024 relatif à la gestion électronique des marchés publics en RDC qui impose la publication obligatoire des contrats publics, en passant par le Décret du 3 octobre 2022 portant Code de bonne conduite de l’Agent public ou encore le Décret du 3 mai 2023 portant gestion des investissements publics, l’expert a démontré que la participation citoyenne au contrôle des finances publiques est largement encadrée par les lois de la République qui tendent toutes à la transparence et à la bonne gouvernance dans l’usage des deniers publics.
En somme, le Coordonnateur de CREFDL a insisté que la conduite d’une mission de contrôle citoyen reste le point d’entrée de la gouvernance financière dont l’un des objectifs reste d’évaluer l’impact du projet public sur la société. Ainsi, il a donné les trois moments de contrôle citoyen : avant l’exécution du projet public, concomitamment avec l’exécution du projet public et après l’exécution du projet en vue de faire une évaluation générale.

Le second panéliste, Joel KINIATI de EBUTELI, tablant sur la « Technique de sondage d’opinion : Méthode à suivre », a donné aux participants tous les rudiments partant de la question de sondage à la donnée exploitable. Il a insisté que le sondage commence par un pré-test qui est une étape non négociable pour tester la compréhension, tester la durée et tester les réactions devant découler du sondage d’opinion.
En ce qui concerne l’analyse l’interprétation et le reporting, Joel KINIATI a insisté sur la cohérence des réponses, la durée des interviews, les valeurs aberrantes et le suivi des enquêtes. Pour lui, un sondage d’opinion n’est pas puissant par ses chiffres, mais par la rigueur de sa méthode et l’honnêteté de son interprétation.
Outre les débats qui ont suivi chaque exposé sous la modération de DIRK SHAKA, Coordonnateur du CNPAV, les participants, à la fin de l’atelier, ont donné chacun leur témoignage pratique sur le contrôle citoyen de la gouvernance financière déjà effectué dans le cadre de leurs activités.
Amédée Mwarabu

