Lancé depuis 2021, le programme de relance de la pêche industrielle en RDC  a du plomb dans l’aile. Cinq ans après, la RDC peine à assurer la pêche industrielle ni sur le fleuve  Congo encore moins sur ses lacs réputés poissonneux. Le défi de réduire la dépendance à l’importation de vivres frais et de moderniser le secteur après la disparition de la PEMARCO il y a 40 ans reste donc intact.

Ce qui a été présenté par certains comme un tournant  stratégique pour la souveraineté alimentaire et la valorisation des ressources halieutiques congolaises passe aujourd’hui pour un projet abandonné auquel le gouvernement n’accorde aucune diligence. En effet, ces bateaux de pêche que le gouvernement commandés depuis 2022 et réceptionnés en juillet 2025 ne sont tours pas encore en exploitation.

Au Conseil des ministres du 27 février, le Ministre de la Pêche et Elevage a fait le point sur l’état des lieux et la problématique de la mise en service de trois bateaux de pêche de 27 mètres et de cinq autres de 8 mètres commandés par le Gouvernement et qui sont actuellement en accostage au port de l’ONATRA à Boma.

Le rapport de la série d’inspections et de contre-expertises effectuée sur ces deux catégories de navires, avant et après leur rapatriement, a été expliqué dans les moindres détails aux membres du Gouvernement et les différentes options visant la mise en service ont été présentées, rapporte le compte rendu du Conseil des ministres.

Quant au lot de bateaux de pêche de 16 mètres et de 12 mètres commandés en Espagne, il a précisé que les travaux de fabrication étant achevés, l’étape de rapatriement sur le territoire national est soumise à la mise à disposition d’un espace pour leur accostage ainsi qu’à la livraison d’une chaine de froid complète qui est une composante indissociable au projet de pêche industrielle.

En clair, le Gouvernement ne sait pas mettre en exploitation ces navires parce que la chaine de froid n’a jamais été mise en place. Autrement dit, pendant les trois ans de la durée de la commande, le gouvernement n’a pas penser à mettre en place une chaine de froid devant soutenir cette activité industrielle. Pire, selon certains experts, il n’existe pas des études récentes sur l’inventaire des ressources halieutiques tant sur le fleuve Congo que sur les différents lacs du pays. Les inventaires existants datent de plus de quatre décennies. Comment dès lors faire la pêche industrielle sans inventaires des poissons ?

Amédée Mwarabu

By amedee

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