Il faudra peut-être attendre la première échéance fiscale du mois d’avril prochain pour espérer enregistrer un premier excédent budgétaire dans le compte du trésor pour cet exercice 2026. Car, après un déficit budgétaire de plus de 1.037,5 milliards de CDF en janvier et de 349,9 milliards de CDF en février, le compte de l’Etat prévoit déjà un autre déficit de l’ordre de 332,6 milliards de CDF pour ce mois de mars 2026. En trois mois donc, toute chose restant égale par ailleurs, le compte du Trésor aura enregistré un déficit budgétaire de plus de 1720 milliards de CDF. Le gouvernement ne mise plus que sur les emprunts effectués sur le marché financier des Bons et Obligations budgétaire et sur les appuis budgétaires de ses partenaires financiers internationaux, en l’occurrence la Banque mondiale et le FMI, pour financer ses dépenses publiques. Avec trois mois consécutif de déficit enregistré, il est claire le Gouvernement Suminwa connait des limites dans la mobilisation des recettes publiques au cours de ce premier trimestre de l’année. Selon le Plan de trésorerie du ministère des Finances, sur les 3849,1 milliards de CDF que le Gouvernement devrait mobilisés entre janvier et février 2026 seulement 3.281,1 milliards de CDF ont été collectés, soit un manque à gagner de l’ordre de 568 milliards de CDF (environ 255 millions USD).
Au cours du premier trimestre courant, la situation financière de l’Etat reste caractérisée par une expansion des dépenses publiques, impulsées principalement par les dépenses exceptionnelles liées notamment aux opérations diplomatiques, sécuritaires et humanitaires.
Pour le mois de mars 2026, le plan de trésorerie de l’Etat aligne les recettes à mobiliser à hauteur de 2.281,2 milliards de CDF contre des dépenses prévisionnelles de 2.613,8 milliards.
Evolution des Opérations Financières de l’Etat au mois de février 2026
Pour le mois de février 2026, le plan de trésorerie de l’Etat anticipait un déficit, intégralement couvert par des sources de financement saines.
En effet, les recettes programmées s’établissaient à 1.953,5 milliards de CDF, tandis que les dépenses prévues étaient de l’ordre de 2.718,0 milliards de CDF, dont 1.911,2 milliards destinés aux dépenses courantes.
Evolution des recettes publiques
D’après la situation des opérations financières de l’Etat établie par la Banque Centrale du Congo, les régies financières ont mobilisé, sur une base mensuelle, un montant total de 1.649,0 milliards de CDF.
La ventilation de ces encaissements se répartit de la manière suivante : Recettes des impôts directs et indirects (DGI) : 792,3 milliards de CDF ; Recettes douanières et des accises (DGDA) : 590,9 milliards ; Recettes de la parafiscalité (DGRAD) : 265,9 milliards.
Evolution des dépenses publiques
Au cours de la période considérée, les dépenses publiques se sont chiffrées à 1.998,9 milliards de CDF. Les décaissements ont principalement concerné les postes suivants : Salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat : 1.075,7 milliards de CDF ; Frais financiers : 30,3 milliards. Par ailleurs, aux cinq premiers jours du mois de mars 2026, les recettes des régies financières ont totalisé 132,3 milliards de CDF contre 416,1 milliards au titre des dépenses.
Amédée Mwarabu

