PAR JOSE M. BAKIMA

Depuis trop longtemps, notre récit national est dicté par l’autre. Nos ondes et nos parlements résonnent d’un seul cri : celui de l’agression. Certes, les velléités de nos voisins et les trahisons internes sont des faits documentés. Mais en faisant de la plainte le cœur de notre discours politique, nous commettons une erreur de diagnostic fatale.

En tant que chercheur en sciences animales et agronome, je sais qu’un organisme qui ne fait que réagir aux attaques extérieures est un organisme dont le système immunitaire est déjà vaincu. L’infiltration n’est pas la cause de notre faiblesse, elle en est le symptôme. On n’infiltre pas un corps dont les cellules sont soudées par une vision commune et un enracinement profond.

L’âme de la RDC est occupée parce qu’elle est vide de son propre récit.

Nous devons cesser de définir notre existence par rapport à Kigali ou Kampala. Nous devons redevenir le Vortex. Le Réalisme Cosmologique nous enseigne que la puissance ne se mendie pas auprès de la « communauté internationale » ; elle s’extrait de notre sol.

La refondation commence par le Code Agricole. Pourquoi ? Parce que la souveraineté commence par la bouche. Un peuple qui dépend de l’importation pour sa survie est un peuple dont la membrane immunitaire est percée. Enraciner notre Constitution dans la terre, c’est rendre la trahison métaphysiquement impossible.

Congolais, cessons de regarder la frontière avec effroi. Regardons notre sol avec ambition. Transformons notre « scandale géologique » en une Souveraineté Organique. L’agresseur ne s’arrêtera pas parce que nous le condamnons ; il s’arrêtera parce qu’il se heurtera à un mur de cohérence nationale que son venin ne pourra plus pénétrer.

 

By amedee

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