Une initiative de la Coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), le Prix Kanyaka d’intégrité et de lutte contre la corruption est de deux catégories. La première, le prix positif, est décerné aux personnes ou institutions qui, à travers des initiatives personnelles ou collectives, ont eu le courage et ce sont donnés pour mission de lutter contre ce fléau qui constitue un frein au développement d’une nation. Dans la deuxième catégorie, le prix négatif met en lumière les cas de corruption les plus graves ayant impacté négativement la société congolaise.
Au cours d’une cérémonie de remise de Prix organisée le vendredi 27 mars 2026 à l’hôtel Memling, le Prix Kanyaka a donc récompensé ses gagnants. Pour cette deuxième édition de Kanyaka, le prix positif a été gagné par M. Simplice Kapipa (82,50%), suivi de M. Léonard Zama (81,25%), la Cour des comptes (72,50%) et la Cellule nationale des renseignements financiers (Cenaref) (68%).
Pour le prix négatif, un seul projet a été indexé. Ce prix négatif a été décerné au Programme de développement local PDL-145T (90%).
À l’issue de résultats publiés par le professeur Albert Malukisa, membre du jury, le lauréat du prix positif, Simplice Kapipa, qui est coordonnateur de l’ONG dénommée « Patrice-Emery Lumumba pour le développement communautaire et la défense des droits humains », s’est confié à la presse : « C’est à la fois une émotion et une responsabilité pour moi de recevoir ce prix. Parce que c’est pas facile de résister contre la corruption ». Selon l’heureux gagnant, son secret qu’il a tenu à partager avec ceux qui veulent s’inspirer de lui dans la lutte contre la corruption est : « Beaucoup de résistance et la continuité du travail ».

Donnant les raisons du choix des membres du jury, le professeur Malukisa a indiqué que le dévolu jeté sur Simplice Kapipa a été dicté par son rôle déterminant dans la lutte contre la fraude minière. « Il a abattu un travail remarquable à ce sujet. Il a subi pas mal de menaces mais il a tenu bon. Et vraiment, le Congo a besoin de personnes qui s’impliquent de cette manière dans la lutte contre la corruption », a-t-il dit.
Pour Léonard Zama le deuxième gagnant, le jury a salué son courage dans la dénonciation des réseaux d’exploitation illégale d’or et de diamant. « Lui aussi a subi beaucoup de menaces mais il a tenu bon », a expliqué le jury.
En ce qui concerne la Cour des comptes, une institution importante dans le contrôle des finances publiques en RDC, elle a aussi séduit le jury pour ses arrêts rendus récemment. « Nous avons a remarqué, depuis un certain temps, qu’il y a eu des procès, il y a eu un suivi assez remarquable des comptes de l’État. Et pour cela, nous avons jugé qu’elle méritait également d’être récompensé », a déclaré le membre du jury.
Le prochain rendez-vous en décembre
L’autre institution nominée positivement, c’est la Cellule nationale des renseignements financiers (Cenaref). « Les actions menées par la Cenaref, nous avons tous suivi le blocage de près de 20 millions USD avec tout ce qu’il y a eu comme scandale au niveau des institutions. Et puis, il y a des efforts fournis justement du côté de Frivao (Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC), qui a occasionné l’arrestation du ministre de la Justice ». C’est ce qui constitue le mérite de la CENARF selon le jury.
En ce qui concerne le prix négatif, qui est un cas de corruption le plus grave impactant négativement la société congolaise, le jury a indexé le Programme PDL-145T pour ses défaillances dans sa mise en œuvre. D’après le jury, ce programme du gouvernement est cité « pour s’être illustré par des défaillances systémiques majeures: sur un fonds total de 511 millions USD, 502 millions USD restent non retracés; les infrastructures restent inachevées; les surfacturations ont été constatées; et les paiements inégaux effectués ».

Le jury de cette deuxième édition a été composé de quatre membres dont trois ne faisant pas partie de la coalition (Mgr Donatien Nshole de la Cenco, pasteur Éric Nsenga de l’ECC et une journaliste de Radio Okapi), ce qui a témoigné d’une certaine indépendance des opinions émises.
Dans sa prise de parole, le coordonnateur du CNPAV, Dirk Shaka, a donné rendez-vous en décembre 2026 à Kinshasa pour la troisième édition du prix Kanyaka. D’ores et déjà, le coordonnateur du CNPAV a lancé un appel à tous les citoyens qui auraient des témoignages positifs ou négatifs sur des cas des personnalités luttant contre la corruption ou des institutions impliquées dans des cas de corruption de les signaler auprès de cette ONG.
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