Double vernissage des ouvrages de William Kalengay et Lilian Bibombe par le ministre Patrick MuyayaDouble vernissage des ouvrages de William Kalengay et Lilian Bibombe par le ministre Patrick Muyaya

La cérémonie marquant les 20 ans d’existence du « Groupe Géopolis Forum », dirigé par William Albert Kalengay, a été en réalité un triple évènement. D’abord, il y a eu cette célébration des 20 ans de Géopolis depuis sa création. Ensuite, il a été procédé au vernissage du livre autobiographique de William Kalengay « Libre de ma Liberté », consacrant plus de 30 ans de carrière dans la presse. Et enfin, le vernissage du livre de Liliane Bibombe Oseka, épouse de William Kalengay, « Le cycle électoral. Eternel chantier en République démocratique du Congo ». Il s’agissait donc de trois évènements mais en un seul, avec comme dénominateur commun William Kalengay, le patron de presse, l’auteur et l’époux.

Le Groupe de presse Géopolis Forum a célébré ses vingt ans d’existence, le samedi 16 mai 2026 au Salon Virunga de l’hôtel Memling de Kinshasa, en présence du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, du personnel de ce média spécialisé sur les questions minières ainsi que d’un parterre des partenaires et des collègues journalistes. Au cours de cette fête anniversaire, il y a eu un double vernissage des ouvrages de William Kalengay et de son épouse Liliane Bibombe Oseka publiés pour l’occasion. Le décor était donc placé pour ces trois évènements en un seul.

Après deux décennies d’engagement, d’idées et de contribution au débat public en République démocratique du Congo, le Groupe Géopolis Forum se considère désormais, foi de son directeur général William Kalengay, comme une école de vie et une école pour la vie. Car, ce média, à en croire son initiateur, a été forgé autour d’une conviction simple : une grande institution se construit d’abord par les personnes qui l’animent. Une façon pour lui de rendre hommage à tous ceux qui ont eu à apporter une pierre à cet édifice.

C’est dans cette optique que, profitant de la célébration de ces 20 ans de Géopolis, le DG William Kalengay a tenu à primer un de ses collaborateurs, en la personne du Journaliste Dieudonné Buanali, pour ses bons et dignes services rendus à ce média. Il a reçu son diplôme de mérite de mains de Jean-Marie Kasamba, président provinciale de l’UNPC/Kinshasa.

De leur côté, l’ensemble du personnel de ce média, en réponse aux énormes sacrifices déployés pour bâtir le Groupe Géopolis Forum, a offert un tableau en guise de cadeau de reconnaissance au Directeur général William Kalengay.

Pour les 20 ans de Géopolis, le professeur Achille Budjoko Iyolo est intervenu pour faire une communication scientifique autour du thème « Prisme de l’entrepreneuriat médiatique en RDC face aux ressources locales, Regard sur Géopolis Forum ». Dans cette réflexion, ce professeur de l’Université pédagogique nationale (UPN) a analysé l’organisation de ce média, son modèle économique ainsi que son impact dans la société congolaise.

Quoi qu’il en soi, pour l’avenir de cet organe de presse, William Kalengay souligne le rôle catalyseur de conscience nationale qu’il devra continuer à jouer dans notre écosystème au service de l’intelligence collective. Et écrit ceci dans son livre : « Depuis mon poste de commandement, ma vision pour l’avenir de Géopolis est claire. Nous devons continuer à innover, à explorer les nouvelles frontières du journalisme. Nous devons aussi élargir notre horizon. Le destin du Congo est inséparable de celui de l’Afrique. »

C’est le ministre de la Communication et Médias qui a porté sur les fonds baptismaux ces deux ouvrages : « Libre de ma Liberté » de William Kalengay et « Le Cycle électoral » de Liliane Bibombe Oseka. Ces deux livres sont différents par leur forme, par leur ton, par leur point de départ. Mais ils se rejoignent dans une même exigence : comprendre pour transmettre, éclairer pour servir, écrire pour répondre à une responsabilité, selon l’élu de Kinshasa Eric Tshikuma qui a fait une recension croisée de deux ouvrages. L’un part d’une vie pour rejoindre une nation. L’autre part d’une institution pour interroger une République. L’un porte la mémoire d’un homme libre. L’autre ausculte les fondations d’une démocratie en construction. Et tous deux nous rappellent, de l’avis du député Eric Tshikuma, une vérité essentielle : aucune liberté durable ne vit sans institutions solides, et aucune institution digne ne demeure vivante sans conscience  libre.

 « Libre de ma Liberté »

Faisant la recension de cet ouvrage autobiographique de William Kalengay, le député national Eric Tshikuma a exprimé son admiration pour « un livre de mémoire, de combat, de gratitude et de transmission ».

Dans cet ouvrage, l’auteur parle de ses origines notamment sa ville natale de Kolwezi. « Cette poussière n’était pas seulement un résidu industriel ; c’était le témoignage tangible que notre destin était intimement lié à l’acte d’extraire, de creuser, de chercher ce qui est caché. » William Kalengay évoque son arrivée à Kinshasa en 1988, ses études de communication à l’IFASIC, ses débuts dans la presse alors que le maréchal Mobutu proclame l’ouverture démocratique  au début des années 90 et son ascension dans le paysage médiatique congolais. Avant d’embrasser la télévision en 1995, William kalengay a commencé par la presse écrite où il est passé tour à tour par Le Standard, Politique Hebdo, Le Soft, Le Bâtisseur, Noir sur Blanc ou encore Leader’s Magazine. Et c’est le 18 février 2006 qu’il décida de créer le Groupe Géopolis Forum.

Eric Tshikuma a trouvé dans cet ouvrage le récit d’une vocation. « Je me préparais à devenir un administrateur du réel, sans encore savoir que ma véritable vocation serait d’en devenir le chroniqueur, le questionneur et parfois l’accusateur. » Puis cette phrase, brève et décisive de celui qui voulait être avant tout économiste. « Les chiffres étaient muets ; les mots, eux, pouvaient crier. » Dans cette phrase, il y a le basculement d’une vie.

« Passer de la presse écrite à la télévision, c’est comme passer de la stratégie d’un fantassin à celle d’un pilote de chasse. La perspective change, la vitesse s’accélère, et la marge d’erreur se réduit à néant», écrit-il. À propos de ses expériences de conseiller, il écrit encore : « Le danger ne réside pas dans le fait de conseiller, mais dans la confusion des rôles. » Et il ajoute que tant que le journaliste demeure un « expert critique », il « n’abandonne pas sa mission, il l’amplifie ».

Dans son ouvrage, William Kalengay raconte une anecdote à propos du second tour de l’élection présidentielle de 2006 entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. « C’est précisément parce que je n’étais pas un politicien que les deux hommes se sont confiés à moi et ont écouté ce que j’avais à dire. Je n’étais pas un rival, ni un allié. J’étais un tiers de confiance. » Et il ajoute avec lucidité : « Le journaliste peut éclairer, il peut tendre un miroir, il peut même, dans des circonstances exceptionnelles, tracer une voie de sagesse. Mais il n’a pas le pouvoir de forcer les hommes à l’emprunter. »

Evoquant la question de sa liberté, William Kalengay écrit : « La liberté, comme je le découvrais, n’était pas un don du ciel, c’était une conquête de chaque instant, un espace fragile qu’il faut défendre pied à pied. » Et plus loin, il précise le sens de cette liberté : « La liberté qui m’a été donnée par l’ouverture démocratique de 1990 n’était qu’un point de départ, une autorisation. C’était une liberté « de », une liberté négative ; la liberté de ne plus être censuré, de ne plus avoir peur. Mais la véritable liberté, la plus difficile à conquérir, est une liberté « pour ». La liberté de construire, la liberté de s’engager, la liberté de se donner à une cause plus grande que soi. Toute ma vie a été une tentative de conquérir cette seconde liberté. J’ai été libre, non pas quand j’ai pu critiquer sans entrave, mais quand j’ai utilisé cette responsabilité pour créer un magazine, pour bâtir une institution, pour défendre une vision. La liberté n’est pas la jouissance, c’est une responsabilité. J’ai essayé la mienne. J’ai été, et je reste, un homme libre, mais un homme libre de construire, de servir, d’aimer ce pays qui est le mien. Un homme libre, en somme, d’être le prisonnier volontaire de la plus belle des causes : celle de la renaissance du Congo ».

S’inspirant de sa propre expérience, William Albert Kalengay recommande à la jeunesse trois piliers pour bénéficier de la confiance du public : « Pour l’incarner dignement, ces trois piliers sont les fondations indispensables : la maîtrise de la loi pour être crédible, la maîtrise de la technologie pour être pertinent et la maîtrise de soi pour être intègre. C’est sur ce trépied solide… que peut reposer le bien le plus précieux que nous ayons : la confiance du public. »

Cette exigence de crédibilité rejoint profondément l’expérience de William Albert Kalengay lorsqu’il écrit : « J’ai appris à naviguer sur une mer infestée de requins, à tenir le cap de l’éthique journalistique contre vents et marées. Notre crédibilité était notre seul bouclier. »

Le livre de William est aussi traversé par la gratitude, par l’amitié intellectuelle et par la reconnaissance des fidélités qui rendent une œuvre possible. Et ici, il rend hommage à une grosse plume de la presse congolaise. « J’ai eu dans ma vie la chance inouïe de connaître une telle amitié… Cette amitié portait un nom : José Nawej. » Puis il confie : « Sa disparition a laissé en moi un cratère que le temps ne parviendra jamais à combler. » Et encore : « Lui rendre hommage… c’est un devoir de fidélité. »

À propos de son épouse Liliane, William Albert écrit : « Notre rencontre fut la collision de deux mondes. L’alliance de la plume et du code. » Puis cette phrase admirable : « Liliane a été ma première lectrice, et la plus exigeante de toutes… Elle a été l’architecte invisible de ma crédibilité. »

« Le cycle électoral » de Liliane Bibombe

Le livre de Madame Liliane Bibombe Osaka est un écho à l’appel de Patrice Emery Lumumba qui voulait que l’histoire du Congo soit écrite par les Congolais eux-mêmes.  Ainsi, elle rappelle : « l’appel retentissant de notre héros national, Patrice Emery Lumumba, qui disait qu’un jour viendrait où l’histoire du Congo serait écrite par les Congolais eux-mêmes ». Et elle écrit : « Il nous a paru opportun et judicieux de participer au conte de notre histoire comme un legs aux générations futures et comme un possible miroir de notre marche vers un beau futur. »

Elle estime que les élections sont un épisode important de la vie publique en RDC. « L’histoire du Congo n’est pas seulement celle des anciens royaumes et empires, celle de la traite négrière, celle de Kimpa Vita ou de Simon Kimbangu, ou celle de Kasa-Vubu, Lumumba, Mobutu, Kabila ou Tshisekedi, mais c’est aussi celle des élections, comme processus concerté pour le choix des représentants du peuple et la mise en place des institutions politiques. », écrit-elle.

Son ouvrage c’est aussi un diagnostic net sur la faiblesse du cadre électoral congolais. « Comme on peut s’en rendre compte, il y a un hiatus entre les exigences de la loi électorale et sa mise en œuvre. De fait, on ne met pas en œuvre tout ce qui est prévu. Dans les différents processus électoraux en RDC, la loi électorale reste mouvante et change à chaque fois, laissant place à la concertation, à la négociation et au dialogue comme modes de consensus dans l’organisation des élections. Tout se passe comme si cette loi ne suffisait pas. » Autrement dit, la difficulté n’est pas seulement d’avoir une loi ; elle est de lui donner force, stabilité et continuité.

Cependant, cette juriste et avocate trouve que la démocratie en RDC reste un chantier dans ses fondations. « La démocratie élective a certes évolué en RDC, mais celle-ci reste un chantier dans ses fondations et principalement dans son armature légale. »

Pour elle, les critères fondamentaux qui doivent guider toute évaluation d’un processus électoral sont : « l’honnêteté des élections, la périodicité des élections, l’universalité du suffrage, l’égalité du suffrage, le scrutin secret, le droit de se porter candidat, le droit de vote et l’expression libre de la volonté des électeurs ». Ainsi, elle qualifie le cycle électoral de roue électorale. Car une roue ne tourne pas à moitié. Une roue amputée n’avance pas. Une démocratie ne peut pas non plus avancer.

De son avis : « Les contestations peuvent survenir avant, pendant et après les scrutins. Les sources en sont tout aussi diversifiées que les formes qu’elles prennent. » Et lorsqu’elle aborde la justice électorale, elle montre qu’une démocratie se juge aussi à sa capacité à traiter loyalement les litiges. Comme pour dire, une démocratie ne se mesure pas seulement à sa capacité à organiser le vote ; elle se mesure aussi à sa capacité à organiser le désaccord.

Préfacé par William Kalengay, le livre de Liliane atteint une profondeur particulière lorsqu’elle écrit : « La question de la conciliation entre légitimité et légalité des élus remonte à la période des indépendances, déjà lors des premières élections. C’est la répétition de ce débat dans l’histoire politique de la RDC qui a suscité notre attention. »

Ayant parcouru en primeur cette publication de Madame Liliane Bibombe Oseka Mwembia, Eric Tshikuma note que c’est un ouvrage « rigoureux, courageux, structurant, qui éclaire avec hauteur l’un des défis les plus décisifs de notre vie nationale ».

Amédée Mwarabu

 

 

 

 

 

By amedee

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