Par Marthe Bosuandole (*)

Le mois dernier, j’ai foulé pour la première fois le sol chinois. Dès mon arrivée, j’ai senti que j’entrais dans un univers façonné par une histoire millénaire, mais résolument tourné vers l’avenir. La Chine m’est apparue comme une société profondément enracinée dans sa culture et ses valeurs, tout en ayant bâti un modèle économique, social et politique qui lui est propre.

Chaque instant de mon séjour a été marqué par un sens de l’organisation impressionnant. Rien ne semblait laissé au hasard : la ponctualité, la rigueur, la considération pour l’autre. La technologie et la numérisation y sont omniprésentes, au point que les jeunes générations ne connaissent presque plus l’argent physique. Une scène m’a particulièrement frappé : lors d’une messe dominicale, au moment de la quête, personne n’a sorti de billets ni de pièces. Chacun a simplement scanné un QR code pour faire son offrande. La foi, pourtant, demeure vivante et profondément enracinée.

La prison centrale de Pékin : rigueur et rééducation

Parmi les lieux les plus marquants de mon voyage, la prison centrale de Pékin occupe une place singulière. Fondée en 1909, elle est aujourd’hui un établissement hyper sécurisé et digitalisé, abritant environ 800 détenus. L’accès y est strictement encadré : interdiction des téléphones, contrôles systématiques, surveillance de pointe.

Nous avons découvert un robot intelligent, conçu pour détecter toute présence étrangère ou non autorisée. Mais au-delà de la technologie, ce qui m’a touché, c’est la philosophie qui imprègne ce lieu : les détenus y apprennent l’histoire et les maximes de Confucius, dans un esprit de rééducation par la culture et le travail. J’ai même eu l’occasion d’y savourer l’un des meilleurs repas de mon séjour, dans un cadre d’une propreté exemplaire, orné de roses en bourgeons. Les autorités nous ont expliqué que la prison se veut une école de vie, destinée à transformer chaque pensionnaire en un homme meilleur.

Les merveilles de la Chine

Mon périple m’a conduit sur la Grande Muraille, cette œuvre titanesque érigée il y a plus de deux millénaires, et dans la Cité interdite, joyau du patrimoine mondial. J’ai également visité Huawei, symbole éclatant de la puissance technologique chinoise. Là, j’ai eu l’impression de pénétrer dans le monde de demain, où science et innovation redessinent les contours de la vie quotidienne.

Un peuple maître de son destin

Au fil de mes déplacements, j’ai remarqué l’absence de drapeaux d’ONG ou d’institutions internationales. J’ai constaté le respect absolu de l’heure : une réunion prévue pour quinze minutes dure exactement quinze minutes. Les échanges se font d’égal à égal, dans le respect mutuel, sans volonté d’imposer des leçons. Et dans les rues, je n’ai pas vu de mendiants.

Je suis repartie avec un profond respect pour ce peuple qui a su tracer son propre chemin, sans copier ni imiter, mais en affirmant son identité et en bâtissant son avenir selon ses propres valeurs.

(*) Journaliste de la RDC

By amedee

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