La première gouverneure de l’histoire de la Banque centrale du Congo (BCC) a exercé son mandat du 19 juillet 2021 au 4 août 2025, soit quatre ans et deux semaines, à la tête de l’Institut d’émission de la République démocratique du Congo. Mme Marie-France Malangu Kabedi Mbuyi a enregistré, durant son mandat, des avancées significatives sur plusieurs axes stratégiques.
Il s’observe que durant ces quatre dernières années, sous la conduite de Mme Malandu Kabedi, les réserves internationales de la RDC se sont accrues significativement, permettant à la RDC d’avoir un matelas financier sécurisant pour sa balance de paiement.
Par la politique monétaire menée par la BCC, conjuguée bien sûr à la politique budgétaire du Gouvernement, la RDC a pu conclure pour la première fois de son histoire, un programme économique formel avec le FMI. Elle laisse à son successeur un franc congolais stable depuis plus d’une année et a su ramener le taux d’inflation sous la barre de 10% pour la première fois depuis mi-2022.
Tout aussi, Malangu Kabedi a-t-elle implémenté plusieurs réformes structurantes à la BCC aussi bien en tant qu’autorité monétaire qu’en tant qu’entreprise. Ces réformes vont du renforcement de l’efficacité et de la modernisation de la politique monétaire et de change au renforcement de la surveillance et de la réglementation du secteur financier en passant par la contribution à l’amélioration et à la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’inclusion financière.
Alors que entre 2000 et 2020, le compte d’exploitation de la Banque centrale s’était caractérisé par des épisodes de déficits remarquables. Elle a pu engranger de bénéfices dès la deuxième année de son action.
Autant des résultats à mettre à l’actif des quatre ans de gestion de Mme Malangu Kabedi comme Gouverneure de la Banque centrale du Congo.
Ainsi donc, Finances & Entreprises juge son action satisfaisante sur les 5 axes stratégiques suivants :
- Renforcement des réserves de change : de 800 millions USD à 7,6 milliards USD
Sous les rênes de Mme Malangu le niveau des réserves internationales de la République démocratique du Congo sont passées de 800 millions USD en juillet 2021 à 7,6 milliards USD à fin juillet 2025, représentant une couverture de trois mois d’importations des biens et services sur ressources propres du Gouvernement.
- Maîtrise relative de l’inflation et Stabilisation du taux de change
Le taux moyen d’inflation est ramené sous la barre des 10% en glissement annuel à fin juin 2025 en République démocratique du Congo, malgré un environnement international inflationniste. Le taux d’inflation était de 11,7% à fin décembre 2024 contre 23,8% à fin décembre 2023.
En ce qui concerne le marché de change, il s’observe une stabilité relative du franc congolais par rapport aux autres devises depuis mai 2024 ou le franc congolais se maintient à 2850 FC le dollar américain. Ce, grâce à une politique de change proactive caractérisée par le lissage des fluctuations du taux de change et l’accumulation des réserves de change.
- Des réformes structurantes
La mission principale de la Banque Centrale du Congo est la stabilité du niveau général des prix, tel que repris dans la loi organique n°18/027 du 13 décembre 2018, portant organisation et fonctionnement de l’Institut d’Emission. Sans préjudice à cet objectif principal, la Banque soutient la politique économique générale du Gouvernement. Dans la réalisation de cet objectif principal, la BCC a pour mission, notamment : (i) de définir et mettre en œuvre la politique monétaire et de change, (ii) de contrôler l’ensemble de l’activité bancaire, (iii) de contribuer à la stabilité du système financier et (iv) de détenir et gérer les réserves officielles de change du pays.
Depuis son avènement à la tête de la BCC, Mme Malangu et son équipe se sont inscrites dans une dynamique de la réalisation de l’objectif principal, en générale, et des diverses missions en particulier. C’est dans ce cadre que beaucoup de réformes ont été initiées. Ces réformes ont concerné tant la Banque Centrale en tant qu’Autorité monétaire que la Banque en tant qu’entreprise.
Concernant les réformes de la Banque en tant qu’autorité monétaire, un accent a été mis principalement sur celles visant : – le renforcement de l’efficacité et la modernisation de la politique monétaire et de change ; – le renforcement de la surveillance et de la réglementation du secteur financier ; et – la contribution à l’amélioration et la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’inclusion financière.
S’agissant des réformes menées en tant qu’entreprise, il y a lieu de relever particulièrement celles relatives à l’amélioration de la gouvernance et des mécanismes de responsabilité et de transparence ainsi que celles liées à l’amélioration des conditions de travail et sociales des agents.
- Conclusion satisfaisante d’un programme avec le FMI, pour la première fois dans l’histoire de la RDC
La Banque centrale du Congo a contribué par sa politique monétaire, autant que le gouvernement qui actionne la politique budgétaire, au satisfecit du programme triennal (2021- 2024), appuyé par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) du FMI. Cette conclusion du programme triennal a été également un élément historique au cours du mandat de la Haute Direction conduite par Madame MALANGU KABEDI MBUYI. En effet, c’est pour la première fois que le pays achevait un programme avec le FMI, attestant que les réformes clés avaient été mises en œuvre tant par la BCC que par le Gouvernement.
A noter que ces réformes ont contribué au renforcement de la résilience de l’économie congolaise, notamment au plan de la croissance et à la viabilité budgétaire, en dépit d’un contexte interne et externe difficiles: impacts économiques et sociaux post-Covid, les contrecoups de la guerre en Ukraine et la persistance du conflit dans la partie Est de la RDC.
En ce qui concerne les réformes menées par la BCC, il y a notamment celles liées à l’amélioration du cadre de la politique monétaire, au renforcement de la stabilité du secteur financier, avec la mise en œuvre de la nouvelle loi bancaire, à l’amélioration de la gouvernance, nécessaire à la crédibilité et la stabilité de la BCC.
L’achèvement satisfaisant du programme avec le FMI a contribué à l’amélioration de la crédibilité de la RDC vis-à-vis de ses partenaires, tant à l’échelle mondiale que régionale, et auprès des bailleurs des fonds.
- Des résultats d’exploitation record de la BCC
Avant 2021, le compte d’exploitation de la Banque s’était caractérisé par des épisodes de déficits remarquables. A titre illustratif, entre les années 2000 et 2020, le déficit moyen annuel du compte de la Banque a été de 51,2 milliards de CDF, avec un pic de 353,6 milliards de CDF en 2002. Cependant, lors de sa réunion ordinaire du 15 septembre 2023, le Conseil de la Banque, sous la présidence de Madame le Gouverneur avait approuvé, les comptes annuels certifiés (par un cabinet d’audit de renommée internationale) de la Banque Centrale du Congo pour l’exercice clos le 31 décembre 2022, indiquant un bénéfice de CDF 316,58 milliards, lequel, après absorption du déficit de l’exercice 2021 d’un montant de CDF 1,98 milliard et déduction, conformément à l’article 103 de loi organique n°18/027 du 13 décembre 2018, du montant de CDF 162,54 milliards relatif aux écarts de conversion nets, laissait apparaitre un bénéfice distribuable de CDF 152,06 milliards, qui avait donné lieu au paiement d’un dividende au Trésor.
Ce redressement financier, consolidé au cours de l’exercice 2023, n’est pas fortuit mais le résultat d’une nouvelle vision managériale axée sur l’orthodoxie et la mise en œuvre de réformes structurelles. L’analyse de cette performance s’articule autour de deux piliers stratégiques: l’optimisation des revenus et la rationalisation des dépenses.
Pour atteindre ce résultat remarquable, Madame MALANGU et son équipe, sur fond des états des lieux sur la situation réelle de la Banque, avait pris une série de décisions dès sa prise de fonction, en vue de la rationalisation de la gestion des ressources humaines, matérielles et financières, facteurs déterminants de l’atteinte des objectifs assignés à la BCC. Ces décisions s’articulent autour de l’optimisation des recettes, la rationalisation des dépenses, le suivi rapproché des opérations et la réduction du recours à l’importation des billets de banque.
Bio expresse
Née le 1er février 1958 à Kananga, dans l’actuelle province du Kasaï-central, Madame Malangu Kabedi Mbuyi est entrée dans l’histoire en devenant la première femme nommée Gouverneure de la Banque Centrale du Congo (BCC).
Titulaire d’un diplôme de License en sciences économiques et de Maîtrise en économétrie, de l’université libre de Bruxelles, elle entame sa carrière académique en tant que chercheure au Centre d’économie appliquée de cette même université. Elle rejoint ensuite la Banque du Zaïre (devenue Banque Centrale du Congo) où elle exerce pendant deux ans au sein du Département des études économiques.
Sa carrière prend une dimension internationale lorsqu’elle intègre le Fonds monétaire
international (FMI), où elle servira durant plus de trois décennies. Son parcours au sein de cette institution est marqué par une progression constante dans les fonctions de faute responsabilité: elle y occupe notamment les postes de Chef de division adjoint, chef de mission pour plusieurs pays, Directrice du centre régional d’assistance technique du FMI pour l’Afrique de l’ouest, Représentante résidente du FMI au Bénin et au Cameroun, Assistante du Directeur de Département Afrique, et conseillère principale de l’Administrateur représentant les pays africains francophones au conseil d’administration du
FMI.
Amédée Mwarabu