La PM Judith SuminwaLa PM Judith Suminwa

Lors du Conseil des ministres du 26 juin 2026, le président de la République, mettant sur la table le dossier des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie, avait donné des instructions notamment au Ministre de l’Industrie ad intérim, en étroite collaboration avec le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, d’« élaborer un plan renforcé de recouvrement des créances » du FPI, en s’appuyant sur les juridictions et autres instances judiciaires compétentes, pour accélérer le recouvrement effectif de ces créances échues.

« Cette situation préoccupante affecte sensiblement les capacités d’intervention de cet établissement dans le financement et l’accompagnement du développement industriel.  Le non-respect des engagements contractuels par certains bénéficiaires prive le Fonds de ressources considérables, réduit sa capacité d’intervention et compromet le financement de nouveaux projets industriels indispensables à la transformation économique de notre pays », se plaignait le président de la République en Conseil des ministres.

Trois semaines après les instructions du Chef de l’Etat, aucune décision n’est prise à ce jour tendant à accélérer le recouvrement de ces 350 millions USD en souffrance. Ce, en dépit de la tenue de deux réunions autour de la cheffe du Gouvernement sur cette question avec toutes les parties prenantes.

Le compte rendu de la dernière réunion de mardi 21 juillet à la Primature a fait état simplement de :

  • Identification de six catégories de créances et définition de stratégies adaptées
  • Mise en place de trois sous-commissions chargées de produire leurs premiers rapports dans un délai d’un mois
  • Priorité accordée au règlement à l’amiable avant le recours au recouvrement forcé
  • Premières démarches engagées par certains débiteurs pour régulariser leur situation

Toutes ces résolutions montrent qu’il n’y a pas eu du tout d’avancées dans ce dossier. Puisque déjà à la 86ème  réunion du Gouvernement du 10 avril 2026, le ministre ad intérim de l’Industrie faisant le plaidoyer du recouvrement forcé de ces créances en souffrance notait ceci :  » Au regard de la nature desdites créances, les dettes étant reconnues, les montants déterminés, les échéances dépassées et les débiteurs identifiés, attendre les conclusions de cet audit pourrait causer un préjudice financier tant au FPI lui-même qu’au secteur industriel dans son ensemble particulièrement en ce moment où l’économie congolaise dans son ensemble et le secteur industriel en particulier ont grandement besoin des ressources financières ».

Le plus intriguant c’est le secret qui entoure ce dossier. Ni le Fonds de Promotion de l’Industrie ni le Gouvernement, personne ne veut surtout pas communiquer sur la liste de 5OO entreprises bénéficiaires de ces crédits. Cependant, des indiscrétions allèguent que, comme sous l’ancien régime, certains dignitaires actuels sont bel et bien bénéficiaires  de ces crédits FPI. Ce qui expliquerait les tergiversations de la cheffe du Gouvernement à prendre des décisions musclées contre ces opérateurs économiques véreux qui, pourtant, plombent les capacités du FPI à continuer à accorder des crédits en vue de l’industrialisation de l’économie nationale.

Placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie, le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) a pour objet « la promotion de l’industrie locale en vue de la réalisation de l’autonomie de l’appareil de production du pays vis-à-vis de l’extérieur, tout en veillant à l’équilibre industriel au plan national ». Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) a été créé par l’ordonnance n° 89-171 du 7 août 1989, puis transformé par le décret n° 09/64 du 3 décembre 2009 en établissement public à caractère administratif et financier, doté de la personnalité juridique.

Finances & Entreprises

By amedee

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