Lors du 47e Conseil des ministres tenu à Kolwezi le 11 juin 2025, le président de la République Félix Tshisekedi avait tiré la sonnette d’alarme sur les dérives persistantes de l’exploitation artisanale et notamment de leurs intrusions dans les périmètres des sociétés minières. Dans les six mesures proposées par le chef de l’État, le gouvernement provincial du Lualaba et le ministère de l’intérieur et sécurité étaient instruits pour apporter l’appui sécuritaire nécessaire afin d’endiguer ce fléau. Plus d’un mois après, des révélations font état de la persistance de ce phénomène d’intrusions menées non seulement par des creuseurs artisanaux mais aussi par des sociétés clandestines qui déploient frauduleusement des engins lourds dans les sites miniers des entreprises régulièrement répertoriées comme Matalkol et KCC. Une mission de la Commission Nationale de Lutte contre la fraude minière a été dépêchée depuis le 28 juillet 2025 dans le Lualaba pour des enquêtes de terrain.
D’après les informations en notre possession, le 31 juillet 2025 sur le site de Metalkol, une situation de flagrance a été constatée par les équipes de la Commission Nationale de Lutte contre la Fraude Minière (CNLFM).
Engagée dans une opération de terrain, cette mission, menée avec rigueur et discrétion, a permis de mettre en lumière des pratiques en violation des normes établies, régulièrement dénoncées par les sociétés minières.
Envoyées en mission officielle dans la province du Lualaba, à Kolwezi, depuis le lundi 28 juillet 2025, la Commission a effectué une descente sur les sites miniers de KCC et Metalkol afin de constater les réalités de terrain, selon notre source.

Des informations en notre possession font état des intrusions massives de creuseurs artisanaux ainsi que la présence illégale d’hommes en uniforme et d’étrangers opérant avec des engins lourds. Certains de ces engins ont été surpris en flagrance sur des périmètres protégés, soulignant l’urgence d’une action coordonnée pour sécuriser les sites et protéger les ressources nationales.
Ces équipes de la Commission de lutte contre la fraude minière poursuivent leurs investigations sur le terrain et prévoient d’intensifier les actions dans les jours à venir, en collaboration avec les services de sécurité et les opérateurs miniers concernés.

La réforme de l’exploitation artisanale toujours attendue
Lors du Conseil des Ministres ténu à Kolwezi, épicentre de l’industrie minière, le président Félix Tshisekedi, a pointé ces cas des intrusions des creuseurs artisanaux dans les périmètres miniers des sociétés.
« Privés de sites dédiés, de nombreux creuseurs opèrent illégalement dans les concessions des sociétés minières, ce qui alimente des conflits récurrents. À cela s’ajoute l’intervention d’acteurs économiques peu scrupuleux », notait le chef de l’État.
Pour une réforme structurelle du secteur de l’exploitatio’ artisanale, le Président de la République avait instruit un plan d’action coordonné impliquant les ministères concernés et les entreprises publiques. Les mesures incluent :
- L’identification rapide de zones légales d’exploitation artisanale ;
- Des négociations avec les entreprises minières, dont la Gécamines, pour libérer certaines zones à l’artisanat minier ;
- L’application stricte des normes encadrant les entités de traitement ;
- Le renforcement des capacités opérationnelles de l’ARECOMS ;
- Un partenariat stratégique entre l’EGC et la Gécamines ;
- Un appui sécuritaire de la gouverneure du Lualaba, en coordination avec le ministère de l’Intérieur et les FARDC.
Lors de son passage dans le Lualaba, à l’occasion de la 12e conférence nationale des gouverneurs de province, la Première ministre Judith Suminwa avait effectué une visite dans les installations de KCC. À cette occasion, la principale revendication de KCC était de demander au gouvernement de mettre fin aux infiltrations des creuseurs artisanaux dans les périmètres miniers de KCC.
S’agissant des infiltrations récurrentes des creuseurs artisanaux dans les mines de KCC, la Cheffe du Gouvernement avait annoncé alors que la question était déjà sous examen.
« Cette question-là, si vous avez suivi le compte rendu du conseil provincial de sécurité hier, qui a été présenté par le Chef de l’État, on a eu à l’aborder. Donc, il y a des mesures qui sont en train d’être prises pour ça. On est en train de réfléchir aussi sur des alternatives pour ces creuseurs artisanaux », avait assuré Judith Suminwa.
Par la même occasion, la Première ministre avait rassuré les opérateurs miniers que son Gouvernement est conscient de toutes les problématiques auxquelles ils font face en RDC. En tant que Gouvernement qui oeuvre constamment pour l’amélioration du climat des affaires, elle a confié que l’Exécutif central connaît sa part de responsabilité.

Le secteur minier, générateur d’importants revenus en RDC, contribue énormément au budget de l’Etat. Il est donc du devoir du gouvernement d’assurer que ces sociétés travaillent sans embûches comme c’est le cas des intrusions des creuseurs artisanaux sur les sites des miniers que révèle la Commission Nationale de Lutte contre la fraude minière.
Amédée Mwarabu