Dans son récent rapport publié le 29 juillet 2025 sur la situation économique de la République démocratique du Congo, la Banque mondiale est formelle : il faut créer 2 à 4 millions d’emplois par an pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail et espérer réduire la pauvreté en RDC.
Pour la Banque mondiale, malgré une expansion économique globale soutenue, la création d’emplois reste limitée, la croissance étant concentrée dans le secteur minier qui est de nature capitalistique.
Entre 2010 et 2023, la création d’emplois a progressé plus lentement que la croissance économique globale : le taux moyen de création d’emplois s’est établi à 3 pour cent, soit environ la moitié du taux moyen de croissance économique sur la même période. L’élasticité emploi-croissance en RDC (estimée à 0,5) est faible, en particulier pour un pays en développement, soutient-elle.
Ce phénomène s’explique par la concentration récente de la croissance dans le secteur minier, un secteur caractérisé par une forte productivité du travail, ce qui se traduit par une élasticité sectorielle de l’emploi de seulement 0,21.
À l’inverse, les secteurs des services, du commerce et des transports, plus intensifs en main-d’œuvre, ont montré un potentiel beaucoup plus élevé en matière d’absorption de la main-d’œuvre, précise le même rapport.
« L’emploi des jeunes est de mauvaise qualité. Il est presque exclusivement informel, généralement mal rémunéré, et presque toujours précaire, sur la base du seuil de pauvreté international de 2,15 USD par jour (avec un accès limité aux avantages sociaux et à la protection sociale). Les emplois occupés par les jeunes se concentrent dans le secteur primaire et dans le secteur privé. Près de 7 travailleurs sur 10 effectuent des horaires supérieurs à une semaine de travail normale », écrit cette institution financière dont l’objet et de réduire la pauvreté.
Certes la RDC a connu la croissance en 2024 mais celle-ci ne s’est pas traduite par des avantages pour les pauvres « en raison de la lenteur de la croissance de l’emploi ».
« L’incidence de la pauvreté (c’est-à-dire la part de la population vivant dans la pauvreté) est en baisse, mais reste élevée, atteignant 72,9 pour cent en 2024. La forte croissance démographique, alimentée par un taux de fécondité élevé (6,1 naissances par femme en 2022), a entraîné une augmentation du nombre de personnes pauvres et accentué la pression sur le développement humain, déjà à un faible niveau en RDC. Si les tendances démographiques et économiques actuelles se maintiennent, le nombre de personnes pauvres pourrait augmenter de 8 millions d’ici 2030 », souligne la Banque mondial dans son rapport.
Le manque d’opportunités d’emploi dans le secteur formel, en particulier pour les jeunes, est l’un des facteurs qui ralentissent la réduction de la pauvreté et compromettent le caractère inclusif de la croissance en RDC, note la BM.
Par ailleurs, l’absence de perspectives professionnelles pour les jeunes pourrait favoriser, selon la Banque mondiale, l’instabilité sociale, en particulier dans un contexte de fragilité et de conflits.
Amédée Mwarabu