La Banque centrale du Congo (BCC) est intervenue le lundi 18 août 2025 avec une injection de 50 millions USD pour tenter de stabiliser le franc congolais sur le marché de change, selon un communiqué de presse signé par le Gouverneur André Wameso. Par la même occasion, l’Institut d’émission a appelé la population et les opérateurs économiques à privilégier le circuit bancaire pour leurs transactions de change afin de lutter contre le blanchiment des capitaux.
De l’avis de certains experts, jusqu’ici les interventions de la Banque centrale par Open Market n’ont pas produit des résultats escomptés. La preuve est que la monnaie nationale ne cesse de se déprécier de manière continue et épisodique face aux différentes devises étrangères. Dès lors, il faudrait pour la BCC d’opter pour une politique monétaire non conventionnelle, c’est-à-dire d’intervenir directement sur le marché de change parallèle, pour agir avec efficacité.
« En injectant 50 millions USD dans le marché interbancaire, la BCC, par cette politique monétaire conventionnelle, ne stabiliserait pas le franc congolais. Par contre, cette pratique permet juste une stabilité dans le marché interbancaire. Pourtant, la grande spéculation du franc congolais est surtout dans le marché parallèle et non dans le marché formel interbancaire. En utilisant cela, la BCC a plus appliqué le Open market pour donner le dollar aux banques commerciales alors que c’est sur le marché parallèle qu’il faut agir directement », a confié un expert du cabinet GLOBAL CAPITAL FINANCE CIF, spécialisé dans la haute finance.
A en croire cet expert en haute finance, le marché de change en RDC n’est pas en surchauffe. « La plus grande fluctuation monétaire revient plus à l’actif réel immobilier, qui fructifie négativement la monnaie nationale en provoquant une dépréciation du franc congolais », estime-t-il.
« Le franc congolais se déprécie annuellement suite à son ancrage permanent par rapport au dollar. La politique économique et budgétaire étant toujours sous forme d’une économie Procyclique (dépense publique). Le déficit budgétaire est non conforme à la réalité économique. Ce qui provoque une inflation. Par manque d’une politique Contracyclique du gouvernement, le franc congolais connait un cycle annuel de dépréciation monétaire », soutient l’expert du cabinet GLOBAL CAPITAL FINANCE CIF.
Amédée Mwarabu