La taille du gouvernement est restée éléphantesque, donc on va continuer à dilapider les deniers publics pour entretenir 53 membres de l’équipe et leur cabinet. En même temps, c’est toujours moins de 10% des recettes mobilisées qui sont orientées vers les investissements publics, limitant ainsi l’impact de l’action du gouvernement dans le quotidien des Congolais. Une rupture de gouvernance pousserait le Gouvernement Suminwa 2 à se recentrer autour de ces trois priorités cardinales : restaurer l’autorité de l’État à travers une armée forte et dissuasive, remettre la jeunesse congolaise au travail à travers des programmes de formation et d’enrôlement massifs, et relancer l’investissement public productif dans les secteurs essentiels comme l’agriculture, l’éducation, la santé et les infrastructures de base.
Dans sa communication lors du tout premier Conseil des ministres du Gouvernement Suminwa 2, tenu le vendredi 15 août, le président de la République, Félix Tshisekedi, a centré son adresse au rearmement moral de la nouvelle équipe bien que beaucoup aient été reconduits.
D’abord, le chef de l’État a exprimé le vœu que Suminwa 2 soit un « Gouvernement d’actions et de résultats », avant d’appeler les membres du gouvernement à l’efficacité et à la rigueur.
Comme pour Suminwa 1, Félix Tshisekedi a annoncé une « évaluation stricte dans les 6 mois » des Membres du Gouvernement. Même si le Gouvernement Suminwa 1 a été remanié sans qu’on ne puisse procéder à une quelconque évaluation de ses membres.
D’ailleurs dans le fait, on trouve curieusement que tous les ministres qui ont connu des échecs avérés dans leur portefeuille sont maintenus dans l’équipe Suminwa 2. Malgré la débâcle militaire avec l’occupation de Goma et de Bukavu, le VPM à la Défense a été reconduit. En dépit de la montée de l’insécurité dans les grandes villes de la RDC et à Kinshasa en particulier, le VPM en charge de l’intérieur a gardé son poste.
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De même, malgré l’accentuation des problèmes de transport urbain notamment à Kinshasa où les embouteillages monstres bloquent une circulation aisée, le VPM en charge des Transports est toujours là. Même la multiplication des naufrages avec des centaines de morts sur les voies navigables n’a convaincu personne à changer l’actuel ministre des Transports.
Bien d’autres ministres qui n’ont pas obtenu de résultats probants susceptibles d’améliorer les conditions de vie des Congolais ont été également maintenus dans Suminwa 2. Autant en déduire que ce ne sont pas les résultats qui militent au maintien d’un ministre dans le gouvernement en RDC. C’est plutôt le poids politique. Dès lors, les observateurs avisés attendent voir cette fois-ci, si et seulement si, l’évaluation des ministres aura bel et bien lieu et pour quel résultat.
Pour autant, le président de la République a recommandé aux nouveaux membres de s’imprégner rapidement des dossiers relevant de leurs attributions. « Engagez-vous avec détermination dans l’atteinte des objectifs fixés et agissez toujours dans le strict respect de la Constitution, des lois de la République et de mes orientations », leur a-t-il dit.
Aux ministres reconduits, il a salué le travail accompli, précisant que leur maintien est « un signe de confiance et un appel à redoubler d’efforts ». « Vous connaissez les défis. Il vous appartient désormais de produire des résultats plus visibles et plus tangibles. »
Le Chef de l’État a rappelé que « chaque ministre est en charge d’un secteur qu’il doit servir avec dévouement ». Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de travailler « dans un esprit de collégialité, de solidarité et de complémentarité » afin de traduire en actions concrètes les engagements pris devant la nation.
En ce qui concerne la gestion des finances publiques, Félix Tshisekedi a recommandé une gestion rigoureuse et transparente des deniers publics. « Chaque franc congolais doit servir un objectif précis et utile », a-t-il insisté.
Une gestion rigoureuse des finances publiques devrait commencer par la réduction du train de vie des institutions et une meilleure affectation des fonds mobilisés. Ce qui n’est pas le cas. Le Gouvernement Suminwa 2, avec ses 53 membres, reflète plus une volonté persistante de mettre les finances publiques au service principalement de la classe dirigeante et des institutions politiques plutôt que de s’occuper de vrais défis de développement socioéconomique du pays.
Amédée Mwarabu