Le projet de loi de finances 2027 présenté par la Première ministre Judith Suminwa, le 29 octobre devant l’Assemblée nationale, est en équilibre, en recettes et en dépenses, à 56.930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, en accroissement de près de 12% par rapport au budget rectificatif de l’exercice 2026.
Voici les grandes articulations de ce Projet de Budget 2027 :
- un budget général de 51.242 milliards de francs congolais, soit un taux d’accroissement de 13% ;
- des budgets annexes de 179 milliards de francs congolais, en diminution de 80% ;
- et des comptes spéciaux de 5.509 milliards de francs congolais, en accroissement de 21%.
Les recettes internes du budget général s’élèvent à 41.786 milliards de francs congolais, représentant 82% de l’ensemble des ressources budgétaires. Elles progressent ainsi de 13% par rapport à 2026 et comprennent 40.211 milliards de francs congolais de recettes courantes et 1.576 milliards de francs congolais de recettes exceptionnelles.
Les recettes extérieures atteignent 9.456 milliards de francs congolais, soit environ 4,1 milliards de dollars américains, représentant 18% des ressources du budget général. Elles progressent ainsi de 13% par rapport à 2026, et comprennent des appuis budgétaires et des financements destinés aux projets d’investissements.
Les dépenses du Budget général projetées pour 2027 se présentent de la manière ci-après :
- Dette publique et frais financiers : 3.478 milliards de francs congolais, correspondant à 1,5 milliard de dollars américains, en accroissement de 10% par rapport à l’enveloppe de 2026. Elles représentent 7% des dépenses du budget général ;
- Rémunérations : chiffrées à 15.314 milliards de francs congolais, elles représentent un accroissement de 12% par rapport à leur niveau de 2026, 38% des recettes courantes et 4,9% du PIB ;
- Biens et services : 6.035 milliards de francs congolais, soit 12% des dépenses du budget général, en accroissement de 14% par rapport à leur niveau de 2026 ;
- Transferts et subventions : 5.219 milliards de francs congolais, en accroissement de 15% par rapport à 2026 et représentant 10% des dépenses du budget général ;
- Dépenses d’investissement : 13.722 milliards de francs congolais, représentant 27% des dépenses du budget général et un accroissement de 30% par rapport à 2026. Ces dépenses sont structurées de la manière suivante :
- Investissement sur ressources propres : 6.503 milliards de francs congolais, comprenant les projets du Gouvernement central, la contrepartie des projets, les investissements sur cession des actifs miniers, les projets des Provinces ainsi que le Fonds de péréquation ;
- Investissement sur ressources extérieures : 7.219 milliards de francs congolais, soit environ 3,1 milliards de dollars américains, en accroissement de 29%. Cette enveloppe comprend 6.001 milliards de francs congolais, équivalant à 2,6 milliards de dollars américains, financés par les autres bailleurs et 1.218 milliards de francs congolais, représentant l’équivalent de 529 millions de dollars américains, sur les Eurobonds.
- Dépenses exceptionnelles : 7.472 milliards de francs congolais, en diminution de 9% par rapport à 2026. Les dépenses exceptionnelles sur ressources propres prennent en compte :
- les dépenses sécuritaires chiffrées à 6.614 milliards de francs congolais ;
- la provision pour les élections de 400 milliards de francs congolais ;
- les opérations de recensement et d’identification de l’ordre de 181 milliards de francs congolais ;
- l’organisation du Dialogue national pour 142 milliards de francs congolais ;
- la réserve budgétaire chiffrée à 25 milliards de francs congolais ;
- la réserve pour calamités et sinistres de 110 milliards de francs congolais.
A cet effet, le Cadre budgétaire à moyen terme 2027-2029 retient une pression fiscale moyenne de 13% du PIB, contre 12,5% estimée pour 2026. Cette trajectoire s’inscrit dans l’ambition du Gouvernement de porter les recettes courantes exprimées en dollars américains à plus du double de leur niveau de référence de 9,8 milliards de dollars du début du quinquennat.
Ainsi, tout en tenant compte des risques liés à l’environnement international, le Gouvernement a retenu des hypothèses prudentes pour 2027. La croissance du PIB réel, soutenue principalement par le dynamisme du secteur minier et le raffermissement des activités non extractives, est projetée à 5,8% contre 5,6% en 2026. L’inflation moyenne devrait s’établir à 6,4%, contre 3,5% en 2026. Le cadrage macroéconomique retient un taux de change moyen de 2.300 francs congolais pour un dollar américain.
La stabilité projetée reposerait sur la coordination des politiques budgétaire et monétaire. Le PIB nominal devrait atteindre 315.100 milliards de francs congolais, correspondant à 137 milliards de dollars américains contre 122 milliards en 2026.
Concernant l’environnement économique international et national, le Projet de loi de finances 2027 est préparé dans un environnement international mitigé, marqué par, d’une part, une reprise modérée de l’activité économique due notamment à la dynamique de la transition énergétique et, d’autre part, par les incertitudes liées aux tensions géopolitiques. Dans ces conditions, la croissance mondiale devrait s’établir à 3,4% en 2027, contre 3% en 2026. Elle atteindrait 1,8% dans les économies avancées et 4,5% dans les économies émergentes et en développement. L’Afrique subsaharienne pourrait également enregistrer une croissance de 4,5%.
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